Film américain / 2008. Suite à une mutation inexplicable, Jack Black est devenu magnétique et efface malencontreusement l’intégral des bandes des K7 du vidéo club où est employé son pote Mos Def. Rien de grave si ce n’est que Danny Glover, le parton du vidéo club avait placé en l’ami Mos toute sa confiance, et que comme tout grand film populo, le vieux patron du vidéo club de quartier subit des pressions de personnes qui verraient bien les traits contemporains d’un immeuble moderne remplacer dans le paysage les lignes boiteuses de la veille bâtisse qui abrite le commerce. Bref, ce n’est pas le moment de voir le chiffre d’affaires s’effondrer. Alors pour sauver la situation, les deux héros décident de retourner de manière amateur les grand succès de l’imaginaire collectif, afin d’avoir quelque K7 à louer. Clairement, le premier succès de Gondry est de réussir à réaliser un grand film à partir d’un pitch non pas aussi débile mais aussi décalé. Grâce à ce scénario qui s’y prête merveilleusement bien, le réalisateur français retrouve ses techniques de réalisation faîtes de bric à brac qui caractérisaient ses premiers courts métrages. On retrouve ainsi tout au long du film l’univers que la plupart d’entre nous avait découvert avec le fameux DVD « The Work Of Director Michel Gondry », toutes ces petites attentions et idées qui rendent Gondry si différent. Alors bien sûr, pour vraiment apprécier, il faut se laisser entraîner par la bonne humeur et ainsi éviter le risque de rabaisser le film à une succession de vidéos « You Tube » tournée par des gamins farceurs. Il faut aussi ne pas être trop regardant sur Jack Black qui cabotine à mort (que j’aurais aimé qu’il reprenne, dans une version cinéphile, son rôle d’érudit aigri de « High Fidelity »), ni sur les quelques moment de solitude qu’on ressent face à certains gags qui tombent à plat. Non il faut juste regarder cette équipe qui réalise un film avec ses trippes et les moyens du bord, avec de « l’âme » comme ils diraient. Il faut aussi profiter des plans séquences de Gondry et du génial montage qui lui permet de nous faire découvrir en quelques minutes les remakes des films. Bref notre français continue de bénéficier d’un énorme capital sympathie, et si je le préfère quand il enchaîne prouesses techniques et jolis sentiments (« Eternal Sunshine »), je n’ai pas pu m’empêcher de sortir avec le sourire de « Be Kind Rewind ». Après on peut soulever des questions, notamment sur la position instable que le film tient face au cinéma, défenseur d’un cinéma à la fois populaire et indépendant, à la fois accessible et sensible, à la fois fédérateur et réalisé avec les moyens du bord ; on tombe un peu dans l’utopie, l’utopie de Gondry, un type qui voudrait que le cinéma réunisse cinéphiles et fan de Rush Hour, nerds et canailles, modernes et conservateurs. On y croit pas mais on a bien envie de le suivre. 7,5/10
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