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LA 11eme HEURE de Nadia Conners

Documentaire américain sur l'environnement / 2008. Avant d’attaquer ma critique, je souhaitais marquer mon étonnement par rapport au titre. Effectivement « la 11ème heure » est le titre de film le plus mal traduit depuis longtemps. « The 11th hour » aurait du être traduit par « La 23ème heure » ; à croire que certains traduisent les titres des films sans même avoir vu ces derniers. Pour ce qui est du documentaire en lui-même, ce dernier est comme souvent difficile à critiquer vu la noblesse de l’intention. La question du développement durable est omni présente dans la vie de beaucoup d’entre nous. Toutes mes relations professionnelles et autres fréquentations sont concernées régulièrement dans leur travail par cette problématique, les forums, les colloques, les formations internes se multiplient, et les documentaires télévisuels sont légions. Dans ce contexte, et après « La vérité qui dérange » d’Al Gore, que peut apporter « la 11ème heure » ? En réalité, comme beaucoup des films de cette veine, les films de Michael Moore en tête, le but de « la 11ème heure » n’est pas d’apporter quelque chose mais bien de soulever la conscience du plus grand nombre, avec le retour de flamme que cela comporte. Ainsi, le film vulgarise tout ce qu’il peut avec des schémas « compréhensibles » qu’on croirait issu de « C’est pas sorcier ». Au final, il finit par niveler par le bas son degré d’analyse afin de se transformer en propagande. Encore une fois, cette propagande est légitime, et le film a donc bien une vraie raison d’être. En revanche il en est tout autre d’un point de vue cinématographique et l’on reste très loin des grands documentaires contemporains comme « Le cauchemar de Darwin ». Sommairement le film est divisé en trois parties. La première expose les modifications que subit notre planète ; bien que présentant des faits connus même du néophyte, il s’agit finalement d’une bonne entrée en matière. La deuxième partie cherche à replacer le rôle de l’homme et de la culture dans ces mutations ; cela aurait du être le cœur et l’intérêt du film de Nadia Conners mais tout y est confus et survolé, les interventions des scientifiques ne dure que quelques seconde et aucun n’a le temps d’étayer son propos. De ce fait, si le fond est pertinent, il en ressort une impression de raccourcis faciles à la limite de la manipulation politique ; l’impact des « grosses sociétés », le capitalisme, la sur-consommation, tout cela aurait mérité une approche différente. Enfin, la troisième partie présente des solutions d’avenir ; sans être très original, cette partie rempli néanmoins bien son rôle. Voilà, du coup, il ressort de l’ensemble un manque de profondeur et un côté unilatéral un peu gênant. Le film impose ses idées, n’ouvre pas le débat sur les causes, et évince nombreux d’exemples positifs (par exemple, aucune société s’étant restructuré pour devenir verte n’est mentionné ici, alors qu’il s’agit de locomotives intéressantes en terme de modifications des comportements). Pour conclure, le film est à l’image de son producteur Leonardo DiCaprio. Si on le félicite pour ses choix et son engagement, on ne peut être qu’exaspéré par ses interventions tout au long du documentaire, où plutôt que d’introduire/conclure les chapitres, il semble tourner dans une publicité en copiant son jeu sur Robert De Niro lors de la campagne « American Express ». A noter l’excellente Bo qui donne un peu corps à l’ensemble avec des titres de Mogwai, Sigur Ros, Dirty Three et des Cocteau Twins. 4/10

2 commentaires:

  Delf

01 avril, 2008

Ah ben justement j'ai un avis assez contraire au tien. J'ai vu le film d'Al Gore (complètement insupportable et encore plus incomplet) après par contre et je n'ai pas vu les autres que tu cites, donc pour les comparaisons, je n'ai pas grand chose à ajouter.
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi quand tu dis que the 11th hour nivelle l'apport d'informations par le bas, et je me considère bien informée (entre autre parce que je bosse dans l'environnement et les ENR).
Effectivement la critique qu'on pourrait retenir est que d'un point de vue cinématographique, c'est pas très attrayant. Et évidemment c'est un défaut quand on veut toucher le plus grand nombre de personne.

  Anonyme

15 mai, 2009

Je travail au milieu des stars qui sont à 90% des trous du cul, et lui il fait est dit quelques choses au moins... Il participe surtout...

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