Indie Pop Américaine / 2008. Beck reste un mystère. Bien que produisant une musique sommes toutes de seconde zone, il est néanmoins capable d’éclair de génie sur certains titres et de transcender ses propres compositions. Par manque de sérieux, par manque de goût ou plutôt à cause de sa culture, il ne cesse de toucher à tout hésitant souvent entre le lo fi divertissant et, pour notre bien, entre le songwritting exigeant ; ce qui clairement ne suffit pas. Lorsque Beck se décide enfin à faire un album d’exception (« Sea Change »), il est boudé par le public, ce qui inexorablement le pousse à refaire ce pourquoi il est connu quitte à minimiser son talent (« Guero »). Bref, à mes yeux Beck est devenu transparent dans le paysage musical. Ses albums sont plus ou moins bons, alternent singles sympas et titres balourds, et avant même d’écouter « Modern Guilt » je savais qu’il mériterait un 6/10, voir un 6,5 s’il faisait un effort. Franchement la première écoute n’a rien fait pour contredire cette appréhension : 10 titres, à peine plus une demi heure au compteur, une production toute batterie dehors, des chansons catchy… pas de quoi changer la donne. Puis en prenant les titres séparément, l’évolution saute aux yeux, « Modern Guilt » est court parce qu’il ne contient aucune fioriture, aucun déchet. « Gamma Ray » est un très bon single avec un riff nerveux et des intonations surf. Sur « Chemtrails », Beck se laisse aller à mettre sa voix en avant, rappelant combien il n’utilise pas toujours cette dernière de manière optimale. « Modern Guilt » passerait bien dans pas mal de pub. « Youthless » tâtonne l’electro avec crédibilité sans dénoter avec le titre précédent. « Replica », le meilleur titre de l’opus, montre que Beck possède encore de l’ambition (merci Radiohead). « Profanity Prayers » a du riff Sonic Youthien à revendre. Au final, au lieu de se faire chier, on se retrouve avec un retour qui, s’il ne garantit en rien de bons albums à venir, surprend par sa qualité instantané et vaut bien un 8,5/10.







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