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ARCHIVE - Controlling Crowds [6/10]

Rock Progressif, Trip Hop britanique / 2009. Archive sort d’une longue traversée du désert (« Noise » et « Lights »). Comme suite à un trauma, indubitablement lié aux incessants changements de line-up, le groupe a eu besoin de temps pour se reconstruire, pour retrouver sa voie. Ayant redéfini là où il voulait aller, là où étaient ses points forts et son talent, Archive revient aussi fort qu’à l’époque de « You all look the same to me ».

« Controlling Crowds » s’ouvre sur un long titre eponyme porté par un beat typiquement abstrackt qui officialise dès le départ le retour à la créativité. Puis tout de suite après vient « Bullets », un single pas si éloigné que ça d’un Radiohead. Possédant une structure évolutive mélangeant guitares et sonorités électroniques, le titre décolle à partir d’1 min 40 via une boite à rythme soutenue par des nappes douces et ambiantes, pour finalement complètement s’envoler à 3 min 15 grâce à une parfaite complémentarité piano/guitare. Quoiqu’on reproche à Archive, on ne peut dès lors que s’incliner devant le fait qu’ils soient capables d’écrire de tels titres.

Pourtant après ce début prometteur, je ne peux cacher que je trouve l’album difficile à aborder tant il est déséquilibré : les passages ampoulés annoncent des moments puissants tandis que les instrumentations chiantes s’acoquinent avec des développements passionnants. « Words on Signs » ne me convainc que partiellement, la voix de David Penney ne prenant pas suffisamment aux trippes pour en faire un grand titre folk, mais reste néanmoins intriguant. De même, « Dangervisit » commence comme du mauvais Genesis avant de partir sur quelque chose d’intense soutenu par un riff rageux comme le groupe n’en avait pas sorti depuis longtemps.

Puis arrive « Quiet Time », un titre porté par Rosko John, le rappeur qui illuminait certains titres du chef d’œuvre Londinium, et là tout s’éclaire. Archive ne cherche pas un successeur à « You all look the same to me » mais bien à synthétiser toute sa carrière à travers des titres où se croisent rock progressif et trip hop. Malheureusement malgré le plaisir de réentendre Rosko John, « Quiet Time » reste un titre moyen rappelant les égarements de Tricky.

« Collapse Collide » met beaucoup de temps à démarrer, gagne ensuite un peu en intensité, mais s’écroule la faute à l’insupportable voix de Maria Q qui s’est un peu trop cru à La Nouvelle Star. Je ne suis pas très objectif mais je ne supporte pas la voix de Marie Q, une voix belle mais impersonnelle, professionnelle mais qui ne transmet rien (ce n’est pourtant pas les bonnes chanteuses qui manquent). Du coup celle-ci gâche l’excellente instrus du titre.

Au contraire, malgré une intro un peu longue, « Clones » est vraiment très bon titre sur toute la ligne et je réalise combien je suis plus à l’aise avec la voix de Pollard Berrier. « Bastardised Ink » prend une orientation clairement plus hip hop un peu gâchée par les samples de cœurs féminins, mais est lui aussi sauvé par une instrus brillante. « Kings of speed » est sûrement dans ses premières minutes le titre le plus joyeux de l’opus et prouve (s’il était encore nécessaire de le faire) la variété du champ d’action d’Archive notamment grâce à un passage shoegaze très crédible. Un autre excellent titre du niveau de « Bullets ». Je passe sur « Whore » chanson très convenue guidée comme par hasard par Marie Q, qui aime beaucoup dire « You’re just a whore and nothing more », pour me focaliser sur « Razed of the ground », un titre sombre où Rosko John se bat avec des sonorités electro-indus ; passionnant.

A la fin de l’écoute de ce long « Controlling Crowds », difficile d’émettre un avis, tant le très très bon côtoie le très mauvais. En premier lieu, ce qui est sûr, c’est qu’Archive est redevenu un bon groupe, un groupe qui compte. Maintenant le côté best of, et le manque de cohérence induit par la multitude de chanteurs ne joue pas en leur faveur. Je reste partagé entre les moments de platitudes où la voix ne relaye jamais l’ambition et l’émotion que les deux compositeurs voudraient insuffler, et ses moments de génie où les instrumentations se permettent des envolées brillantes. Mais il faut bien trancher, ma conclusion est donc la suivante : Darius Keeler et Danny Griffiths, les fondateurs et piliers d’Archive, sont bourrés d'idées mais n’arrivent pas à bien s’entourer. Il leur manque des interprètes capables de prolonger leur vision et de retranscrire leur talent. Archive est un groupe encore en pleine mutation, qui se remet difficilement de sa rupture. Le jour où il retrouvera l’âme sœur, nul doute qu’il nous sortira un nouveau chef d’œuvre.

Note : 6/10

13 commentaires:

  JS

30 avril, 2009

Perso, je ne me suis toujours pas remis de Londinium et je n'ai jamais compris leur changement de cap artistique (même s'il y a parfois du bon).

  Nicolinux

30 avril, 2009

Ça en devient lassant, mais je suis encore d'accord avec toi. Surtout sur la version longue, on a un sentiment étrange, quelques titres vraiment très bien, mais aucune idée d'ensemble. Ton idée du best-of est bonne, ça fait un peu ça en effet, sauf que ça serait un best-of où les single seraient entrecoupées de face B ou de chutes de studio.

Dans l'ensemble en tout cas, je le trouve plutôt sympathique. Et c'est quand même un des groupes les plus étonnants que je connaisse, ils ont réalisé des albums très très différents. L'absence de chanteur commun ne contribue pas à l'unité discographique, c'est sûr...

  NONO

30 avril, 2009

Archive vient d'arriver sur le toit du monde. Radiohead, Portishead et les autres sont en train de perdre leur suprématie et peuvent commencer à serrer les fesses. Après un précédent album très décevant, Darius Keeler et Danny Griffiths redressent la barre au plus haut niveau pour nous offrir un album monumental et conceptuel, organique et sensuel, hypnotique et charnel aux arrangements sonores et mélodiques époustouflants. Album protéiforme, post-médias et futuriste, hors du temps, des modes et de la médiocrité ambiante. Un trip cosmique et une oeuvre unique, aux formes artistiques diverses, à la fois politique et artistique avec en filigrane, une réflexion du monde sur les dangers des contrôles technologiques des masses futurs. Archive vient de réaliser son « 2001 » musical, plongeant de nombreux styles musicaux dans une alchimie des sons et des mélodies saisissantes de beauté. Une oeuvre artistique singulière, dantesque et éblouissante. Le chef d'oeuvre. 9,5/10

  Disso

30 avril, 2009

Je les trouve plutôt bons sur ce coup là, quand ils reviennent un peu à leurs premières amours, et que les sons électroniques se mélangent au rap glacial, comme un thé frappé dans lequel l'alcool viendrait réveiller les allures sages.
Retour à la trip-hop, quoi...

  Anonyme

30 avril, 2009

Superbe album, le meilleur, et de loin, d'Archive.

Les DM, U2 et consors peuvent aller se cacher la queue entre les jambes.

Un mélange, tout en finesse, de Pink Floyd, Supertramp, Radiohead et Massive Attack.

9/10

  Benjamin F

30 avril, 2009

C'est vrai que dans l'ensemble, cet album a l'air de convaincre beaucoup de monde. Mais vous n'avez pas été (ne serait-ce qu'un peu) gênés par ce côté patchwork et ce manque de cohérence entre les titres ?

Après c'est sûr que c'est globalement un album riche et intéressant. Mais je ne sais, il y a vraiment un truc qui ne passe pas sur certains titres.

  Anonyme

01 mai, 2009

C'est un concept album en 3 parties !
sûre que pour comprendre c'est mieux de maîtriser l'anglais!

Il y a eu : Pink Floyd "The Wall", Queensrÿche "Operation Mindcrime", Radiohead "Ok Computer" et voici Archive "Controlling Crowds"

Les 4 chanteurs développent 1 thème particulier propre à chacun tout au long de l'album.

La 4ème partie sortira fin 2009 sur un album entier.

1 des meilleurs opus depuis OK Computer
9/10

  rupert

02 mai, 2009

Ouille, pas mal l'article et les commentaires aussi !!!!! Mais d'accord avec l'aspect patchwork voulu et qui n'est certainement pas la meilleure idée de Keeler et Griffiths. De plus, je dois avouer que le passage d'un chanteur(se) à l'autre en permanence ... franchement c'est du systématisme chiant. Pourquoi ne pas décider une fois pour toute de la ligne suivre et foncer ? C'est un peu trop long, et ça manque de relief (je vais me faire écharper) et ... (la totale) je dois sincèrement avouer que je préfère de loin les gros défauts d'un Lights qui semble être (pour vous tous) l'album de la mauvaise passe ... Tant pis pour moi ;-) (ah oui et pour finir j'ajouterai sans aucune honte qu'In Rainbow est un de mes Radiohead préféré ... je vais me faire lyncher)

  Rob Gordon

02 mai, 2009

En résumé, si j'ai bien compris, c'est mieux que U2.

  Benjamin F

04 mai, 2009

Bof pas tant que ça, c'est juste plus intéressant. Après en terme de plaisir d'écoute... lol.

  Anonyme

10 mai, 2009

A mon avis y aura pas mieux en 2009...
9/10

  Anonyme

02 juin, 2009

Je suis d'accord avec le post précédent, il n'y aura probablement pas de meilleur album en 2009.

Au moins que les Klaxons sortent leur 2ème opus et que celui ci se révèle à la hauteur du premier.

9,5/10

  Anonyme

16 juin, 2009

que veut-tu faire après londinium de mieux? tellement été ébloui par londinium que je suis devenu très difficile

take my head , nasiard, insinifiant ,zero

all you look: again and again, le reste c'est pauvre en musique,

noise, f*ck you!

lights, ou est la lumière?

et celuis-ci reviens pas mal du tout!

on à récupéré rosko jhon, qand est-ce qu'on récupère roya arab?

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