Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

ISIS – Wavering Radiant

/ /

Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (1 vote)
7,5 /10
9,5 /10

Isis, troisième membre de la sainte-trinité post-hardcore (avec Cult of Luna et Neurosis), sort le successeur à « In the absence of truth », dans une optique assez similaire de celle de Cult Of Luna. Tout comme les suédois qui avaient joué la carte de la continuité, tant « Eternal Kingdom » était dans le prolongement total et absolu de « Somewhere Along The Highway », Isis se retrouve également un peu coincé dans le style dont ils sont un des membres fondateurs. Voulant proposer plus mais sans perdre ses acquis, on sent qu’Isis voudrait à la fois être plus post-harcore et plus métal, comme s’ils hésitaient entre revenir à leurs premiers amours et poursuivre l’évolution entamée sur « In the absence of truth », évolution censée les rapprocher de Tool ; Adam Jones le guitariste de Tool étant d’ailleurs présent sur deux titres

D’entrée de jeu, « Wavering Radiant » laisse perplexe. Il est à la fois plus et moins direct. Plus direct car plus facile à assimiler avec des titres qui ne s’enquiquine pas de longues introduction ou de développement progressifs difficiles à retenir. Moins direct car proposant un son moins imposant. On sent la production moins abrupte, les guitares sont moins violentes, moins compressées, et le ratio cris sur lignes de chant clair commence de plus en plus à atteindre l’équilibre. Le rendu de la batterie a lui aussi évolué : plus léché, moins frontal. Autant de détails qui peuvent rapidement divisés les fans. Car en fait à l’écoute de « Wavering Radiant » on ne sait pas si Isis fait du sur-place ou s’il est en pleine mutation. Pour ma part je trouve que le rapprochement avec Tool est de plus en plus incontestable, que ce soit au niveau de la section rythmique (la basse sur « Ghost Key », la batterie sur « Threshold of Transformation ») que dans la volonté de sortir des riffs à la fois métal et ambiant.

On sent qu’Isis souhaiterait sortir du carcan de la scène post-hardcore, mais qu’il n’est pas encore prêt. On sent Aaron Turner hésitant, préférant ne pas trop se mouiller, ni dans la violence, ni dans les passages chantés. Mais que les choses soient claires, « Wavering Radiant » ne manque pas de grands morceaux, bien au contraire, il révèle une accessibilité bienvenue pour un groupe aussi opaque. Malgré leur longueur des titres comme « Hand of the Host » et « Stone to wake a serpent » ne sont jamais ennuyeux ; il y a toujours ce soupçon de violence, d’émotion et d’expérimentations qui transforment les morceaux en un curieux mélange entre Pink Floyd et Converge, car ici le plus beau développement progressif peut toujours finir dans les cris et la rage. De la même manière « 20 Minutes/40 Years » propose une évolution mélodique passionnante et l’on reste l’oreille scotchée à cette guitare qui nous emmène vers des terres inattendues, proche de Pelican.

Si certains verront une trahison dans cette démarche d’ouverture vers une musique moins ardue, j’y vois une opportunité. Tool règne depuis plus d’une décennie en maître absolu sur le style qu’il a créée et imaginer Isis venir épauler Tool dans cette tâche complexe de donner ces lettres de noblesse à un style souvent décrié, me rassure. Certes Isis n’a pas encore ce sens de la structure et des rythmiques évolutives pour s’imposer à un si haut niveau, mais leurs racines post-hardore mélangée à des ambiances plus nuancées font de « Wavering Radiant » un pont vers un avenir que j’imagine passionnant. Pas le chef d’œuvre attendu mais une étape de plus.

Note : 7,5/10

7 commentaires
  • Gëist
    12 mai 2009
    L’artwork vaguement inspiré de Van Gogh me plaît définitivement.
    Je suis en train d’écouter ce nouvel album, j’étais resté sur Panopticon, et le côté « hurlé/noyé » n’a pas fait mouche. J’aime l’atmosphère de Wavering Radiant, un poil mieux produit d’après moi. Toujours ce côté rauque, mélancolique, sans sombrer dans le gratuit. Et la voix claire est superbe (on l’entendait trop peu sur Panopticon m’est avis)

    Merci pour la chronique et la « découverte » !

  • SysTooL
    12 mai 2009
    Je vois que WAVERING RADIANT n’a pas non plus été pour toi THE album, finalement…

    On est un peu du même avis, finalement… une sorte d’évolution dans la continuité. Ce qui m’a moins plu avec cet album, c’est justement le fait d’avoir pu le « digérer » plus vite. Et donc qu’il est prévisible.

    Par ailleurs, quasiment aucun morceau n’atteint les sommets de PANOPTICON et IN THE ABSENCE OF TRUTH, ce dernier demeurant pour moi la meilleure synthèse du son ISIS

    SysT

  • Julien Lafond-Laumond
    15 mai 2009
    He et j’oubliais, chronique à venir sur Goute Mes Disques !

  • Julien Lafond-Laumond
    15 mai 2009
    Je déteste In The Absence of Truth. Vide, pauvre. Wavering Radiant rehausse la barre mais on est pas encore arrivé. Niveau écriture on a vraiment perdu en qualité depuis Panopticon. Mais je suis au moins séduit par son aspect plus brut, un brin stoner et noise. Au moins on évite le pire : du explosions in the sky hurlé.

  • Sophomore
    9 août 2009
    Bon ce nouvel album fait débat, mais je reste persuadé que c’est celui qui tiendra sur la distance. Ne serait ce que pour « Threshold of a Transformation » qui est ce que le quintette a pondu de mieux depuis « Grinning Mouth » ou « In Fictions » mais avec un gros palier en plus. D’ailleurs ce titre n’est rien d ‘autres qu’une sacrée déclaration d’intention.

    Pour ceux qui trouvent le dernière livraison de turner trop cheesy, L’albulm de son projet parrallele GREYMACHINE est dispo. Enregistré avec Justin Broadrick, ça dépote velu sa maman.

  • Benjamin F
    9 août 2009
    Greymachine, ok je choppe ça :)

  • Frolll Note
    15 juin 2011
    9,5 /10
    la PUTAIN de sortie par la grande porte, l’Oceanic 2 qui clot de maniere absolument grandiose une carriere géniale

Participez


Aucune note sélectionnée