Film américain / 2009. Le truisme, qu’il est pourtant bon de rappeler, est que « Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » n’est pas un film solitaire mais l’une des pièces d’un puzzle dont le premier bout de carton date d’il y a déjà plus de 8 ans. L’idée de prendre des acteurs de 10 ans, de les suivre tout au long d’une histoire qui se déroule sur 7 ans, de les regarder grandir et de les voir s’affirmer, était en soi un pari risqué, où l’évolution, ne serait-ce que physique, des acteurs constituait une grande inconnue. Cette initiative est, de mémoire de cinéphile, déjà suffisamment insolite pour qu’on accorde à la série l’intérêt qu’elle mérite. Mais plus encore, l’élément le plus intéressant et rarissime dans la saga Harry Potter est sans nul doute son homogénéité. Malgré 4 réalisateurs aux backgrounds diamétralement opposés – Chris Columbus fait plutôt dans le divertissement familial (« Maman, j'ai raté l'avion », « Madame Doubtfire »), Alfonso Cuaron donne dans le cinéma futuriste et stylisé (« Les fils de l’homme »), Mike Newell est légèrement insaisissable (« Quatre mariages et un enterrement », « Donnie Brasco » et bientôt l’adaptation du jeu vidéo « Prince Of Persia »), quant à David Yates, qui réalise donc les 4 derniers épisodes, il ne s’est illustré que par la mise en scène de la série « State Of Play » récemment adapté au cinéma par Kevin Macdonald sous le nom de « Jeux de pouvoir » - les films n’ont jamais souffert de la moindre incohérence que se soit au niveau des ambiances, du ton ou bien de l’esthétique. Les épisodes s’enchevêtrent aussi bien que dans « Le Seigneur des Anneaux » (la référence absolue en terme d’adaptation de roman dîtes impossible). Pourtant on sait combien un changement de réalisateur peut tout gâcher (confère le catastrophique remplacement de Bryan Singer par Brett Ratner sur la trilogie X-Men).
« Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » ne se critique donc pas comme un simple stand alone mais bien comme une partie prenante d’un tout. On reproche essentiellement à ce sixième opus qu’il ne s’y passe pas grand chose, que l’on se focalise trop sur les états d’âme du trio Harry Potter / Hermione Granger / Ron Weasley, au détriment de la résolution de l’intrigue et de la mise en suspens des mystères. Oui c’est vrai, le film prend son temps mais qui irait reprocher aux meilleures séries télé, « Lost » en tête, de ne pas développer ses personnages et de laisser la narration et la création d’ambiance prendre le pas sur l’action ?
Ainsi « Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » possède bien des qualités. Bien qu’on l’ait beaucoup comparé à « L’ordre du Phénix », il y est pourtant supérieur sur beaucoup de points :
- Un gap important a été franchi en terme de réalisation. Ce nouvel épisode est splendide de bout en bout, et multiplie les effets de styles. Les plans séquences sont nerveux (lors de l’introduction où les Mangemorts traversent la ville, lors du trajet en train ou encore lorsque la caméra fait le tour de Poudlard…). La caméra se faufile où elle veut, filmant sous la pluie l’extérieur du magasin Borgin and Burkes avant de traverser la vitre et de transfigurer la colorimétrie visuelle. De nombreuses scènes usent avec délicatesse et raffinement des jeux d’éclairage créant alternativement des ambiances enchanteresses et angoissantes. Quant aux décors, ils sont soignés à l’extrême, regorgeant d’imagination pour permettre à David Yates de donner corps au conte.
- La narration est mieux construite. J’avais beaucoup reproché au cinquième épisode de ne pas s’être plus attardé sur les relations entre Harry et Sirius Black, au contraire ici, tout coule de source sans jamais laisser sous-entendre au spectateur qu’il y a eu de la coupe au montage.
- Enfin, il faut bien l’admettre, « Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » est particulièrement drôle. Daniel Radcliffe et Rupert Grint révèlent un véritable potentiel comique qui est toujours exploité à bon escient. Ainsi les amourettes adolescentes, passage obligé du développement des protagonistes, sonnent toujours justes en préférant jouer la carte de l’humour plutôt que celle du sentimentalisme.
Alors oui les puristes reprocheront évidemment à cet opus de prendre certaines libertés un peu incompréhensibles avec le roman, comme lors de cette scène rajoutée où les Mangemorts et la toujours très burtonnienne Helena Bonham Carter s’en prennent à la maison des Weasley. On tiquera aussi sur la mise à l’écart de certains personnages comme Alastor 'Fol-Oeil' Maugrey ou des autres frères Weasley, ainsi que sur l'absence du contexte politique. Mais bon l’adaptation en un temps si délimité d’une telle œuvre impose forcément des choix scénaristiques. Ces choix sont parties prenantes de la nature de l’exercice et il serait malvenu de s’en plaindre. Au fond le seul vrai reproche est pourquoi ne pas avoir traité tous les épisodes comme « Harry Potter et les reliques de la mort », c'est-à-dire en les divisant en deux parties afin de coller au mieux au matériel de base, et ce quitte à réaliser certains opus qui auraient manqué un peu de rythme.
Pour conclure, je dirais qu’il est dommage de voir certains mépriser la saga Harry Potter, de n’y voir qu’un divertissement, et de rester dans le cliché de l’œuvre pour enfant. Car à bien des égards, David Yates redémontre, s’il était encore nécessaire de le faire, que la poésie visuelle et la virtuosité technique sont plus que jamais compatible avec l’univers de J.K. Rowling.
« Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » est un très bon film, possédant une galerie de personnages impressionnante (le sinistre Alan Rickman, le mal assuré Tom Felton et le toujours gandalfien Michael Gambon) et qui réussit le pari de rendre crédible et cohérent un épisode qui opposait deux aspects antinomiques : la découverte de la puberté et l’accroissement de la noirceur des protagonistes. A mon avis, nombreux sont les réalisateurs qui s’y seraient cassés les dents.
Note : 8/10







22 commentaires:
16 juillet, 2009
T'as kiffé Harry Potter et j'ai pas aimé le concert de U2. C'est vraiment le monde à l'envers chez les blogueurs. ;)
16 juillet, 2009
Bah ouais tout le monde a l'air surpris que j'aime Harry Potter. Pourtant c'est quand même vachement plus ambitieux que tous les films d'actions américains ultra aseptisés et prévisibles comme Jeux de Pouvoir et Public Enemies. Y a vraiment de "L'âme" dans le film de David Yates. En fait, c'est l'inverse, je suis surtout surpris que tout le monde n'est pas aimé ;)
Quant à U2, personne ne s'attendait à ce que tu aimes le concert. On savait tous que tu voulais ta dose de trolls pour l'été ;)
16 juillet, 2009
Pas moi, j'avais encore espoir que ce soit mieux que la précédente (c'est vrai en plus, c'est mon côté naïf). :)
16 juillet, 2009
Très bonne analyse. Je n'ai pas lu les livres et malgré ça on sent combien le travail d'adaptation est bon. C'est vrai aussi que l'ensemble tient la route malgré tous les réalisateurs qui s'y sont collés et que c'est une prouesse quand on voit que souvent un même réalisateur est pas capable de réaliser deux films qui se suivent en gardant le même esprit, je pense à Mesrine par exemple.
17 juillet, 2009
Je suis sûr que je vais aimer aussi même si je vais beaucoup déplorer l'abandon de l'aspect politique qui vraiment était intéressant dans le bouquin (aveuglement des média, manipulation, etc..
Tu aurais pu signaler aussi que le nouveau directeur de la photo est celui de Jeunet je crois...
17 juillet, 2009
Ah oui j'aurais pu, sauf que je le savais pas ;) Sérieux ? C'est une information cruciale que tu dévoiles là, parce qu'il y a vraiment des plans typés Jeunet comme celui avec le lac souterrain !
17 juillet, 2009
Ok t'as tout a fait raison c'est bien Bruno Delbonnel le directeur de la photographie sur ce Harry 6 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Delbonnel).
20 juillet, 2009
-"Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé" est un très bon film, possédant une galerie de personnages impressionnante (le sinistre Alan Rickman, le mal assuré Tom Felton et le toujours gandalfien Michael Gambon)-
Euh... justement, Alan Rickman et Michael Gambon n'ont jamais été aussi peu exploité que dans cet opus. La scène final sur le toit aurait pu être une scène magnifiquement marquante, avec violence et tension sf que non.
D'ailleurs, à l'inverse de Lost et autres amateurs de personnages complexes, la psychologiie d'Harry, Hermione et les autres est ici tout juste effleurée, quid de leurs jalousies respectives, de leurs emportements d'ado. C'est bien la première fois qu'Harry ne m'exaspère pas.
La cohérence des films tient surtout à la cohérence des livres et à celle du scénaristes, le même depuis le premier HP (à qui j'en veux beaucoup depuis le premier HP). Et cette cohérence n'est pas forcement gage de bonne série, preuve en est les Aliens, très différents et pourtant très bons.
Il n'y a qu'avec l'humour que je suis d'accord et le premier point qui veut que tenter une telle gageure vaut déjà le levé de chapeau !
20 juillet, 2009
Salut Engy,
Merci pour ton commentaire.
Effectivement il ne s'agit pas de l'épisode où Alan Rickman et Michael Gambon sont les plus mis en avant (quoiqu'à débattre pour Gambon), néanmoins ils contribuent à ce que j'appelle une galerie de personnages ultra-riche, où le moindre personnage apparaissant à l'écran possède un certain charisme. je le tourne autrement si tu préfères : "Tous les seconds rôles sont à la hauteur du mythe" ;)
Tu dis "la psychologiie d'Harry, Hermione et les autres est ici tout juste effleurée, quid de leurs jalousies respectives, de leurs emportements d'ado", c'est évidemment on ne peut plus juste par rapport aux romans. Néanmoins dans le bref temps imparti, je trouve que David Yates donne plus de consistance à ses personnages que dans la majorité des autres blockbusters américains.
La cohérence tient autant à l'univers qu'à la trame scénaristique, je comprends qu'on puisse trouver plein de lacunes au scénario mais encore une fois celui-ci a été débuté avant même que les romans ne soient finis d'être écrits ; comment savoir alors à l'époque quel personnage prendrait de l'importance, et quel personnage pouvait être mis en retrait ?
Sinon oui la série Aliens est bien l'exception qui confirme la règles ;)
See U
22 juillet, 2009
Bon papier, qui résume plus ou moins ce que je pense :)
23 juillet, 2009
Et bien moi je ne vais pas dire que j'ai été déçue mais un petit peu quand même. Certes les acteurs sauvent le film, tout comme la réalisation, mais je suis désolée de devoir le dire mais l'adaptation est très mauvaise. Alors oui certes on dira ils ont pris l'essentiel, mais quand même juste 2 pauvres souvenirs de Tom Jedusor alors que dans le bouquin il y en a beaucoup plus, et "oublier" la bataille finale (comme dans le 5 d'ailleurs) franchement c'est se moquer des lecteurs de Harry. Et passer si vite sur la mort de Dumbledore, moi qui adore le ciné et qui pleure pour un rien, j'ai été beaucoup plus émue en lisant le livre... Et passer aussi vite sur le personnage central de ce 6ème opus, à savoir Professeur Rogue.
Bref, j'irai voir le dernier film cela dit, en espérant qu'ils mettent plus que l'essentiel, oh que oui je l'espère.
Christelle
23 juillet, 2009
Bon pour changer je ne suis pas d'accord avec toi Benjamin :)
Tu es certain d'avoir jamais lu le livre ?
10 août, 2009
L'adaptation des "Harry Potter" au cinéma est une bien longue histoire, et douloureuse histoire à dire vrai...
Pour les fans "absolus" de l'oeuvre écrite, comme moi, les films, bien qu'inévitables, ne sont qu'un séance de torture de deux heures.
Petit retour en arrière: les deux premiers films, réalisés par Chris Colombus, sont d'une médiocrité cinématographique évidente: ce sont des films pour enfants, à l'image de la filmographie du réalisateur ("Maman, j'ai raté l'avion"). D'une relative fidélité à l'oeuvre dans le premier opus, Colombus est passé complètement à côté de son sujet dans "La Chambre des Secrets", n'insistant pas assez sur les premières trames tragiques et le début des questionnements de Harry. Il n'est pas aidé, il faut le dire, par un Daniel Radcliffe, déjà d'une inconsistance désarmante.
Miracle, oh miracle! Alfonso Cuaron réalise "Le prisonnier d'Azkaban", l'un des meilleurs livres, pour la meilleure adaptation jusqu'à présent. Un style bien moins tapageur, des libertés bien venues, des scènes bien amenées, une image palie, travaillée, un casting à la hauteur (Alan Rickman, excellent)et une Cabane Hurlante simple et frissonnante... On est loin de l'image "Blockbuster" et la firme Harry Potter au ciné prend une originalité surprenante.
Malheureusement, Cuaron n'est pas reconduit et Mike Newell reprend le flambeau, réalisateur de comédies ("4 mariages et 1 enterrement"). Une adaptation pitoyable du meilleur roman de la série, niant les enjeux politiques, niant les relations particulières entre les trois héros. On souffre devant les incohérences monstrueuses (Neville donne la Bronchiflore? Et où est Dobby?), et devant un casting d'ados plus mauvais les uns que les autres (Robert Pattinson, déjà nul, et Dany, au sommet de sa médiocrité). Le clou du spectacle, et la scène dans le cimetierre, intense et dramatique dans le livre n'est qu'anecdotique dans le film. Mike Newell n'a pas lu le livre, ou alors c'est un très mauvais lecteur. Du film pour enfants, on est passé au film pour ados débiles.
Légitimement, David Yates remplace "Newell le Catastrophique" pour "L'ordre du Phénix". Je ne peux pas nier le fait que David Yates soit un bon cinéaste. Quelques scènes sont magnifiques (le combat Voldemort-Dumbledore) et Yates a le sens du cinéma. Mais il ne saisit pas les subtilités de l'oeuvre. Toutes les reflexions sur la politique, l'espionnage, la tyrannie, la morale, subtiles dans le roman sont baclées jusqu'à la nausée. En revanche, que de scènes stupides genre "mélo-sentimental"! Encore une fois, Radcliffe pourrit le rôle de Harry, très particulier dans "l'Ordre du Phénix" (ses relations avec Dumbledore) par son charisme de moule...
...
10 août, 2009
Enfin, "Le Prince...". La même équipe, les mêmes problèmes... Et les mêmes qualités, néanmoins. Les libertés prises par Yates ne prennent pas (les ajouts de scènes inexistantes dans le livre n'apportent rien à la trame). Et qui plus est, l'attaque du château, le moment le plus tragique de toute la saga, est ridicule, trop court, pas travaillé, pas intense comme on l'espérait. Et on nous inflige toujours les amourettes entre les personnages, Help! Le personnage central de ce volet, Rogue, est sous-exploité, tout comme Malefoy. Toute l'intrigue autour de l'identité du "Prince" disparait, intrigue pourtant clef de voute dans les relations "Harry-Rogue".
Reflexion générale: Les "Harry Potter" au cinéma ne sont que des "Blockbusters" dont le but est de toucher un public le plus large possible, au détriment de leur qualité. La matière était pourtant excellente, mais mis à part pour le troisième volet,les réalisateurs n'ont jamais compris toutes les thématiques des livres (critique des politiques actuelles, représentation du nazisme dans un monde fantastique, dénonciation du communautarisme, de l'exclusion, du racisme, etc...).
J'aurais aimé voir l'adaptation des bouquins par un Peter Jackson ou un Guillermo Del Toro, avec un univers fantastique travaillé, et des problématiques bien traitées... Au lieu de ça, on assiste à chaque fois à une monumentale déception. Les producteurs cherchent avant toute chose le fric (comme le prouve l'adaptation en deux films des "Reliques...") et non le contentement des fans... Dommage.
Quant à ta critique, je suis désolé, mais je la trouve mauvaise. Car tu est non seulement novice dans ta connaissance du monde d'Harry Potter, mais il en va de même en cinéma. Tu compares les chefs-d'oeuvres de Peter Jackson (le plus grand réalisateur de fantastique actuellement) avec ces vulgaires bouses pour ados (hormis le III).
Le comble reste cette phrase: "les films n’ont jamais souffert de la moindre incohérence que se soit au niveau des ambiances, du ton ou bien de l’esthétique". Relis, ou plutôt LIS les romans pour te rendre compte des incohérences monstrueuses des films.
Ensuite, tu nous compares une série avec un film (c'est pas vraiment le même format, vois-tu), ce qui montre le peu de valeur que tu accordes au cinéma.
"Pour conclure, je dirais qu’il est dommage de voir certains mépriser la saga Harry Potter, de n’y voir qu’un divertissement, et de rester dans le cliché de l’œuvre pour enfant." Pourtant, il n'y a que ça à voir des ces films, du fade, du fade et du fade. C'est une oeuvre pour ados...
mettre 8/10 à ce film et 6/10 à un autre comme Gran Torino... Tu es aussi incohérent que les harry potter au ciné...
Bonne continuation à toi (tu écris très bien, je parle de la forme).
J'espère que mon long commentaire succitera quelques réactions...
10 août, 2009
Alors je suis absolument d'accord avec ces derniers commentaires et cette excellentissime analyse des films.
Petit bémol, je trouve que l'interprétation sauve un peu les films, mais ça c'est une question de goût ou de "feeling" comme on dit.
D'ailleurs, je suis en train de replonger dans les bouquins et franchement, et je m'adresse à toi, Benjamin F., lit ou relit mieux et alors peut-être baisseras-tu ta note (car 8/10 est un peu exagéré quand on met 3/10 à un film de Michael Mann et, même si ce n'est pas son meilleur, ça reste un film de genre et une mise en scène maîtrisée du début à la fin)
Christelle
10 août, 2009
Merci pour vos deux commentaires intéressants. La problématique de l’adaptation au cinéma de livres « cultes » est souvent récurrente, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un pavé du style d’Harry Potter avec 7 tomes et 8 films. Dans les grandes lignes, je suis complètement d’accord avec vous, les films sont à des années lumières de la qualité des bouquins et passent à la trappe énormément des problématiques soulevées par les livres.
Je ne compare pas qualitativement la saga HP aux Seigneur des Anneaux, ce qui serait absurde vu les contextes différents de réalisation. Mais vu l’enjeu et la difficulté de réaliser une telle série sur une décennie avec le même casting mais des réalisateurs différents, je reste persuadé que le résultat final est bien moins pire que ce à quoi on aurait pu s’attendre.
Dire « J'aurais aimé voir l'adaptation des bouquins par un Peter Jackson ou un Guillermo Del Toro, avec un univers fantastique travaillé, et des problématiques bien traitées » est un peu une lapalissade. Bien sûr qui n’aurait pas aimé (encore que Del Toro a tendance aussi à faire fi de la psychologie dans les Hellboy) ? Maintenant quel réalisateur est prêt à sacrifier 12 ans de sa carrière sur une saga comme Harry Potter. Un acteur peut se le permettre mais pas un réalisateur. Du coup, les studios ont fait avec ce qu’ils avaient. Certains choix ont été pour moi pertinents (Cuaron et Yates) d’autres non. Maintenant le problème ne vient pas du fait que la saga HP ait été conçue comme des blockbusters. Quels films de cette importance ne le sont pas ? Pour moi la comparaison livre/film n’a pas de sens, tant le pari était à la base impossible. Sans un vrai réalisateur fan du bouquin aux commandes, rien de tel n’est possible.
Partant de ce principe, je prends ce sixième volet pour ce qu’il est : un film réalisé comme il se doit, qui hérite des erreurs scénaristiques des précédents, et qui peut difficilement redévelopper des intrigues qui ont été mis à l’écart par le passé, et ce sans parler de la problématique du temps. Il ne faut pas oublier que les films ont commencé à être tournés avant même que les livres ne soient finis d’être écris. Forcément, les scénaristes ne pouvaient pas pondre des scripts centrés sur certains personnages en prédisant de leur évolution.
Pour ce qui est de la comparaison avec les séries, je la maintiens. Je préfère une série avec moins de moyen qui prends son temps, qu’une série de films qui est obligé de trancher dans l’histoire car ils doivent tout caser en 2h30.
Maintenant, sans vouloir paraître prétentieux, je peux te garantir anonyme que je suis pas novice en cinéma, c’est peut être même ce qui me permet d’apprécier le travail fourni sur la saga pour livrer, malgré un paquet de facteurs brinquebalants, une suite de films qui ressemble à quelque chose, alors que rien n’avait pu être pensé, prémédité, ni le scénar, ni l’évolution des acteurs.
De même, je ne reviens pas sur mes critiques de Gran Torino et de Ennemis Publics ;) Je pousserais même la provoc en disant que certains plans de David Yates valent bien les rengaines de certains.
Après s’il s’agit de mettre une note aux films suite à une comparaison pointue et analytique avec les livres, je taperais bien sûr plus dans du 4/10.
Tout ça pour dire que je suis complètement en phase avec vos remarques mais que je continue de trouver ce projet de réaliser une saga sur tant d’année toujours excitant, quelqu’en soit ses inhérents défauts.
Merci à vous deux pour vos analyses,
A bientôt,
Benjamin
11 août, 2009
Finalement je ne résiste pas ;)
Bravo aux commentaires des deux anonymes. Je suis d'accord avec quasiment tous les points abordés (sauf pour le casting, j'y peux rien je les aime bien! et également à part taxer Benji de novice en ciné, c'est pas cool et c'est surtout pas vrai, il suffit de se balader un peu sur le blog pour s'en rendre compte...)
Je voudrais revenir sur un point: si j'ai bien compris ta pensée, Benji, elle se résume ainsi: "adapter le film à partir des bouquin c'est franchement un boulot super dur, alors big up à David yates qui s'en sort super bien".
Je ne suis pas d'accord: je pense vraiment que ce film a des qualités, mais là ou il pèche vraiment,c'est par l'adaptation. En effet, la difficulté de "caser 500 pages en 2h15" aurait pu être beaucoup mieux gérée. On aurait gagné un temps fou en diminuant de moitié le temps passé aux états d'âmes des ados - qui soit dit en passant n'est pas du tout fidèle au bouquin, entre Hermione qui ose pleurer tranquillement devant Ron ou la scène rajoutée et ratée du baiser de Ginny dans la salle-sur-demande. Le temps est précieux lorsqu'il s'agit d'adapter ce genre de romans, et je pense que tout bon lecteur d'Harry Potter a la désagréable impression que ce temps est gaspillé en rajouts inutiles et en scènes loupées et infidèles...
Il fallait exploiter ce temps en mettant en exergue le personnage de Rogue, et au moins évoquer la complexité du contexte politique qui est la trame de fond de ce sixième tome! Le film commet également de graves erreurs de scénarios pour la suite (je vais éviter de spoiler pour les non-lecteurs...)
Bref, je ne dirais pas que je n'ai pas aimé ce film mais j'ai été réellement déçue. Vraiment, ça pouvait être mieux.
11 août, 2009
Ok Souf je me rends face à tes arguments ;). A la limite pour moi le plus choquant est la scène où est brûlé la maison des Weasley, alors que ce temps aurait pu être utilisé pour mettre donner un semblant de dimension à l'attaque de Poudlard. En fait je crois que c'est cette scène épique passée à la trappe qui fait le plus de mal au film. On passe son temps à l'attendre puis rien, comme si les mecs s'étaient rendu compte à la fin qu'ils n'avaient plus assez de budget pour tourner un tel combat.
Après vu que j'ai trouvé les "amourettes" plutôt justes et marrantes, ces dernières m'ont moins choqué. Finalement j'ai peut être aimé HP6 grâce à son côté fleur bleue et ado-prébubère (sarcasme... ou pas).
Ah oui et tiens, y a un autre truc dont on ne parle pas. Comment ce criquet d'Harry peut avoir au début du film une touche avec la serveuse trop cute du bar !!! Sérieux si Harry y sert des meufs comme ça, je m'attaque direct à n'importe quel mannequin ;)
11 août, 2009
Ouh là ça se prend la tête ici. Je n'ai pas lu les livres mais Harry Potter c'est l'exemple type du Blockbuster de qualité. C'est quand même un autre niveau de finesse que Transformers. Les dialogues sont bien écrits, c'est bien réalisé, c'est surement le meilleur divertissement que j'ai vu au ciné cette année
11 août, 2009
" Finalement j'ai peut être aimé HP6 grâce à son côté fleur bleue et ado-prépubère"...
LOL, n'oublions pas qu'ils vont sur leurs 17 ans! c'est bien là le problème!
11 août, 2009
Genre en première, t'étais pas une ado-prépubère. Je suis sûr que tu portais encore ta casquette et des baggys, et que tu rougissais quand le quaterback de l'équipe de hand (j'adapte à la française) te regardait :p
07 septembre, 2009
De toute façon, pour un fan absolu des livres fantastiques que sont les Harry Potter, ces films seront toujours des déceptions!!!
L' univers exceptionnel des livres, les excellent dialogues, les petits détails qui rendent les livres super intéressant ont évidemment disparus à cause du formatage visuel........ Et qu'est il arrivé à l'énorme bataille de fin à Poudlard du livre... disparu....... ridicule!
Après oui, c'est un bon film!!
Pour l'info, le 7eme de la série se divisera en 2 parties qui sortiront séparément!!
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