Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

JAPANDROIDS – Post Nothing

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
9 /10
« The Boys Are Leaving Town » qui ouvre l’album ne donne que peu d’indications sur les abymes dans lesquels va nous emmener « Post-Nothing » : shoegaze, noise, rock à guitare. Il y a de la noirceur, du solo de guitare compréssé, une voix émo. Le titre est brillant sans jouer la carte du positionnement inédit. « Young Hearts Spark Fire », de la même manière, cache bien son jeu. Avec un riff au début très rock anglais, il ne tarde pas à dévoiler une production rauque à la Shellac, il ne manque qu’une basse pour que je cite Fugazi. Ah oui parce que, je ne vous l’ai pas dit – et au vu du boucan provoqué, personne ne pouvait s’en douter – Japandroids est un duo guitare-batterie en provenance de Vancouver. Comme des groupes comme Lightning Bolt ou Death From Above 1979, Japandroids prouve qu’il n’y pas besoin d’être des milliers pour créer un vacarme de tous les diables.

« Wet Hair » maintient la pression avec son riff rotatif. J’ai des frissons dans le dos, comme à la fin d’un Jonathan Coe, ou au début d’une histoire d’amour ; bien que j’ai plus connu ce sentiment avec les livres qu’avec les femmes, la littérature étant un terrain de jeu illimité là où l’amour n’est qu’une succession hasards où les probabilités ne jouent pas en faveur de l’être humain. Serais-je entrain d’avoir le coup foudre pour Japandroids ?

« Rockers East Vancouver » est le coup de massue, la confirmation que j’attendais. Il possède l’énergie et la puissance émotionnelle d’At The Drive-In, ce qui fait de lui, avec sa mélodie imparable, un puissant chant de ralliement indé. A l’instant présent, je ne souhaite qu’une chose : que mes acouphènes disparaissent à tout jamais et pouvoir filer voir le groupe sur scène. Japandroids redonne un coup de frais au noise garage punk rock et ce via de légères touches d’emocore.

« Heart Sweats » rappelle dans sa rage contenue certains aspect des morceaux les plus calmes de Refused voir de Deftones. On sent le groupe prêt à partit dans les extrêmes à n’importe quel instant. On regrette presque qu’il ne parte pas complètement dans la folie, que les cris et les breaks hardcore ne s’immiscent pas dans ce sombre monde. « Crazy/Forever » est un modèle du genre en terme de construction de mur du son. Le groupe ne lâche rien sur « Sovereignty » et introduit un morceau hypnotique, où l’on jurerait entendre deux guitares. « I Quit Girls » clôture ainsi l’album en aspirant définitivement l’auditeur.

Que dire de plus sur « Post-Nothing », à part que je viens de ré-appuyer sur « Play » ?

Note : 9/10

PS : Merci à Disso pour la découverte ;)

9 commentaires
  • Disso
    8 juillet 2009
    EMOCORE??? Sinon merci pour le coup de chapeau et je confirme, un très très bon album, ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu ce genre de sonorités, c’est jouissif, disons-le.

  • SysTooL
    8 juillet 2009
    Vu les références que tu cites, je ne vais pas me faire prier pour y jeter une oreille!!!

  • Benjamin F
    8 juillet 2009
    Bah oui « Emocore » pour « Emotional Hardcore » !!! Si le terme a été énormément galvaudé par des groupe comme Finch, Funeral For A Friend ou encore My Chemical Romance, l’emocore n’en reste pas moins originellement un style de musique qui puise sa force dans le punk et la noise.

    Typiquement At The Drive-In définit tout à fait l’emocore contemporain tel qu’il devrait être, et Japandroids s’inscrit a bien des niveau dans ce courant.

    Pour plus d’infos sur l’emocore (en vous focalisant sur les vagues 1 et 2, la 3 étant une hérésie, lol)je vous conseille le très bon article sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Emo
    Il synthétise bien les différents aspects du style.

    Voilà tout ça pour dire que j’assumais complètement la référence à l’emocore !

  • SysTooL
    21 juillet 2009
    Pas trop accroché à ces androïdes japonais… ça fait vachement musique de geek, en fait…

    SysT

  • Benjamin F
    21 juillet 2009
    C’est plutôt noisy, je trouve pas ça geek du tout !!! C’est marrant je pensais vraiment que t’accrocherais…

  • SysTooL
    22 juillet 2009
    J’espérais aussi, mais en fait non…

    Ca m’a fait penser à THE PAINS OF BEING PURE AT HEARTS en plus noisy…

  • Benjamin F
    22 juillet 2009
    Bizarre, la voix n’est pas du tout similaire. Perso, j’associe vraiment aucunement les deux groupes… Mais bon on fait tous des assimilations qui nous sont propres ;)

  • Pierrou
    21 octobre 2009
    ça fait énormement penser à No Age…

  • Mmarsupilami
    24 décembre 2009
    Je trouve cet album très bon. Simplement, je le trouve surévalué pour une raison précise : le garage rock américain est si riche, si remarquable, si foisonnant et brillant que ça m’ennuie que la sphère indie, quand elle l’aborde, le fasse par un très petit bout de la lorgnette via des Vivian Girls et autres. Ceci dit, cet album est bestial et réussi et je partage donc -encore!- ton avis!

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