Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

JJ – JJ n°2

/ /

Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
8 /10

L’intro de « Things will never be the same… » me rebute immédiatement. Cette froideur folk si suédoise, ces violons à la Sigur Ros, cette voix emplie d’une dépression sombre, comment faire cohabiter cette tristesse glaciale avec des rythmiques ethniques égayantes ? Et pourtant, pas moyen de me défaire de ce titre. « From Africa to Malaga » se fonde sur le même concept et les effets secondaires sont similaires. Les percussions et les sonorités world finissent par se marier à la beauté des terres du nord pour réaliser un métissage des plus convainquant, quelque chose de nouveau, de frais, bien plus excitant que le acclamé « Welcome to Mali » de Amadou et Mariam. « Ecstasy » met plus en avant ses beats électroniques pour un morceau tout aussi envoûtant rappelant les stratégies du trip hop.

Il faut attendre « Are you still in Vallda » pour se retrouver dans un album folk plus conventionnel mais tout aussi charmant. La chanson est une belle leçon de songwriting avec sa voix plus chaude que celle de Soap & Skin dont le « Love & Vacuum » possède une approche similaire dans l’expérimentation folk. Difficile également de remettre en cause la justesse des mélodies de « My Love ». « Intermezzo » est une chanson bien plus ambitieuse qu’elle n’en a l’air mixant une fois de plus des sonorités antinomiques où se calent un semblant de harpe électrique. « My hopes and dreams » utilise à merveille les cordes sans perdre son aspect folk tribal.

« Materplan » est une ballade pleine de promesse, légèrement alourdie par sa guitare en roue libre, puis « JJ N°2 » se termine sur « Me & Dean », un titre d’une beauté glaciale qui n’a finalement pas grand-chose à envier aux deux autres grands disques de folk cette année, « Noble Beast » d’Andrew Bird et « Sometimes I wish we were an eagle » de Bill Callahan.

Malgré sa courte durée et son nom à faire pâlir un spécialiste du SEO, « JJ N°2 » est un disque touchant, moins original qu’il n’y parait au premier abord mais tout autant réussi. Via son opposition binaire entre la chaleur tropicale et l’air glacial du Grand Nord, JJ aura su rafraîchir mes journées et réchauffer mes nuits. Et pourtant, j’étais à deux doigts de m’offusquer à l’encontre de ces improbables mélanges et de ces mélodies au premier abord écœurantes.

Note : 8/10

>> A lire également la critique de aDr- sur Ziknation

8 commentaires
  • JS
    24 septembre 2009
    Ah oui, tu arrives à écouter un disque en 15 minutes ? Risqué quand même, une écoute entière est indispensable pour ma part. Et encore, même en faisant cela, j’arrive à me planter.

  • Benjamin F
    24 septembre 2009
    Pour le premier tri oui, c’est ce que j’expliquais chez Eddie la semaine dernière. Après y a les sessions de rattrapages. Et puis sinon tu sais bien que je suis également le premier à me planter ;)

  • Lucien
    24 septembre 2009
    Oui très joli disque, je l’ai écouté tout l’été. C’est frais.

  • Anonymous
    25 septembre 2009
    Ce disque n’a pas l’air de faire beaucoup parler de lui pourtant c’est une vraie perle.

  • Matthieu
    25 septembre 2009
    C’est vrai que d’un point de vue extérieur, on ne se rend pas compte du travail et du temps d’écoute qu’il faut consacré à toutes ces sorties. Après je ne vois pas quand même on peut se faire ne serait-ce qu’un premier avis sur un disque en 15 min ;) Mais bon tu dois bien connaître les notions de rentabilités !

  • Xavier
    30 septembre 2009
    « La question est donc la suivante : comment écouter tous les albums qui sortent en s’assurant que la notion « d’écoute bâclée » ne débouche pas sur une erreur de discernement ? »

    vous êtes rémunéré au papier ?
    non parce que sinon qui vous demande d’écouter tous les albums de la terre (même pas en entier !) dans le simple but d’écrire quelque chose dessus ?

    je suis incompréhension là.

  • Benjamin F
    30 septembre 2009
    Ah ah Xavier rassure toi, je ne suis nullement rémunéré pour écrire. C’est juste qu’afin de louper le moins possibles de grands albums, j’essaye de jeter une oreille sur tout ce qui sort. Après cette curiosité n’est en rien corrélée à la nécessité d’écriture. De plus quand je dis que je ne passe jamais plus de quinze minutes sur un disque, il s’agit évidemment d’albums qui me rebutent immédiatement. Si l’opus dévoile un soupçon d’intérêt, je m’impose à minima une écoute complète. C’est vrai que personne ne me demande d’écouter tous les disques, c’est vrai que personne ne me demande d’écrire, et c’est vrai que plus globalement personne ne me demande jamais rien. Mais que veux-tu, il faut bien s’occuper l’esprit ;)

  • Anonymous
    30 septembre 2009
    Vous avez l’air d’oublier de parler de cet album qui est tout de même une merveille !!! Je ne suis pas choquer par cette histoire de quinze minutes. Combien de fois j’écoute un disque et je zappe parce que j’ai pas du tout accroché aux trois premières pistes. En tout cas je dis bravo pour la transparence, quand je vois tous ces critiques qui nous font croire qu’ils passent 10h à décortiquer un album avant de pondre la moindre ligne dessus, ça me fait bien rire
    K.

Participez


Aucune note sélectionnée