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MIOSSEC - Finisteriens [7/10]

Miossec FinistériensChanson française / 2009. « Seul ce que j’ai perdu » évoque tout de suite les démons du passé, le désenchantement amoureux, la rage des relations homme-femme. Miossec chante « L’image reste toujours collé au mur même si le mur s’est effondré » et les vestiges de « Boire » et « Baiser » reviennent à la surface. L’album d’un retour en forme de consécration ? Non « Finistériens » sera avant tout un disque de contrastes.

Lors des premières écoutes, « Finistériens » dévoile ses limites et son perpétuel décalage qualitatif, et ce parfois au sein même d’une unique chanson. D’un côté les instrumentations de Yann Tiersen sont irréprochables, on peut même les qualifier d’ambitieuses (« Jesus au PMU ») avec des sonorités électriques, des arrangements fluides et raffinés et des développements surprenants pour ce style de musique, de l’autre côté il faut bien avouer que Miossec n’est pas toujours à la hauteur et au niveau voix et surtout au niveau texte. En premier lieu, le breton n’a jamais été à l’aise avec la notion de chant, et face aux richesses mélodiques des compositions de Yann Tiersen, on voit bien à quel point il a des difficultés à suivre, combien il essaye, sans succès, d’obtenir le meilleur de ses cordes vocales. Au final, même sur les titres les plus réussis comme « A Montparnasse », on sent bien que la voix n’arrive pas à parfaitement fusionner avec les riffs tostakien de Tiersen. Au niveau textuel, l’âme d’écorché de Miossec a forcément perdu en terme d’impact. La rage, l’obsession des échecs relationnels est toujours présente mais laisse parfois la place à des réflexions faussement rebelles sur un univers où il est peu aisé d’écrire avec justesse. « Les chiens de pailles » caractérise bien ce « décalage qualitatif ». Au sein d’une même chanson, il s’y jouxte de vrais moments de poésie imposant un réalisme sincère et des phrases maladroites rappelant les travers dans lesquels Noir Désir tombe parfois. On se dit qu’on finit par trop bien connaître Miossec pour être encore surpris par son désespoir. On y ressent même une forme de rengaine, l’impression que celui qui reste l’un des cinq plus grands compteurs français n’arrive plus à sortir de la spirale du recyclage (« Hais-Moi »).

Pourtant malgré ces quelques défauts, difficile de mettre complètement de côté ce « Finistériens » tant il est éclairé par des moments de tristesse amoureuse, par de touchants instants de couples : le noir constat de « Nos plus belles années » qui se couche sur une ambiance martiale au final solennel ; l’entraînant « CDD » où Miossec trouve enfin le ton et s’acoquine malicieusement avec la mélodie ; et surtout « Fermer la maison » un émouvant moment de couples en forme de folk song éternel. Les deux dernières ballades sont d’une justesse absolue et là encore on regrette de ne pas adhérer à cent pour cent à l'opus entier.

Pas très à l’aise avec ce disque où les sentiments d’envoûtement s’alternent avec ceux de réel rejet, je finis par me dire que ma relation avec cet album ne sera qu’une extension des thématiques du disque : « Car l’amour et la haine, c’est notre histoire depuis longtemps déjà ». Il y a successivement des passages qui m’accaparent alors que la minute d’après certaines intonations me semblent si vaines. J’en culpabiliserai presque.

Mon frère, fin connaisseur de l’œuvre du sieur et déçu de ce « Finistériens », m’a posé la question suivante : « Ferme les yeux, remplace la voix de Miossec par celle de Cali, que ressens-tu ? ». Évidemment rien… mais justement la particularité de Miossec réside peut-être toujours dans ce chant rauque mais mal assuré, viril mais affaiblit. Bref un chant qui a de l’âme, quelque-chose que Cali n’aura jamais.

S’il faut dire que sortir un album possédant un titre qui s’intitule « Jesus au PMU » n’incite pas à la clémence. La vérité est que je ne peux m’empêcher de revenir sur certaines chansons de « Finistériens », une sensation finalement assez similaire à celle provoquée par un Alex Beaupain. L’envie d’écouter une chanson est toujours un meilleur indicateur que n’importe quelle analyse.

Note : 7/10

7 commentaires:

  Mathieu

22 septembre, 2009

Sympa ta chronique !
Je suis d'accord avec toi sur la globalité du disque, par contre je n'ai pas toujours ressenti les mêmes détails (http://randomsongs.wordpress.com/2009/09/17/miossec-finisteriens/)

  Anonyme

22 septembre, 2009

Oui bonne critique, c'est vrai que "Jesus au PMU" ça fait pas très sérieux.

  Anonyme

24 septembre, 2009

J'ai l'impression de retrouver le Miossec que j'aimais. J'espère que les gens feront l'effort de se replonger dedans !

  Anonyme

25 septembre, 2009

Mouais, c'est un toujours la même chose. Dur d'imaginer encore Miossec comme un rebel. Ses textes ne collent plus à son image.

  Louis

25 septembre, 2009

Moi aussi ce disque me laisse une impression en demi-teinte. Le meilleur y côtoie le moins bon. Mais c'est vrai que par moment (surtout sur les dernières pistes), on se laisse emporter par l'émotion.

  Anonyme

30 septembre, 2009

Bonne critique même si on sent dedans un certain mépris pour les valeur de gauche.

  Anonyme

18 octobre, 2009

Impression mitigée également pour ce nouvel album de Miossec.
à mesure qu'on s'approche du milieu de l'album puis jusquà la fin l'émotion nous gagne réguliérement, et le dernier morceau est très beau;
du côté des faiblesses on notera quelques passages rengaines, parfois c'est vraiment mou et lassant. Il faut dire que le chant de Miossec manque parfois cruellement de lyrisme (en est il conscient ?) il aurait fallu un second chanteur sur certains titres (ou chanteuse) et laisser la musique s'exprimer un peu plus.
Je profite de l'occasion pour vous conseiller un excellent groupe français (et un excellent chanteur !) il s'agit de Lazuli. A ce jour 3 albums à leur actif :
AMNESIE 2003
EN AVANT DOUTE 2007
REPONSE INCONGRUE 2009.
un groupe de rock-pop-expérimental très original avec de magnifiques mélodies et de la poésie.
Laisser vous envouter soit par le plus soft (Amnésie)soit par les deux suivants très rock.

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