Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

THE BLOODY BEETROOTS – Romborama

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (3 votes)
4 /10
7,5 /10

Après une multitude de remix aussi puissants que tapageurs de Etienne de Crécy, Martin Solveig, Naïve New Beaters, The Killers, The Kills ou encore Metallica, The Bloody Beetroots sortent enfin leur premier album, celui qui devait les imposer comme the next big thing. Malheureusement dès ses premières minutes « Romborama » déçoit. Un sentiment qui ne nous quittera plus tout au long de l’album se propage : la triste impression d’écouter une succession de remix d’obscures artistes.

Quand il ne donne pas sans la superposition de couches mal aisées où le clavier ne sert jamais de fortifiant, The Bloody Beetroots semble s’en tenir à soit copier Justice soit copier Daft Punk. « Storm » joue évidemment dans la cour des premiers avec ses blasts aux influences métal et ses sonorités empruntes de noirceur. Impossible de ne pas hocher la tête face à cette entraînante machine. De même, « Butter » reprend assez grossièrement les trames de Gaspard Augé et Xavier de Rosnay. Mais on pouvait tout de même attendre mieux de Bob Rifo et Tommy Tea qu’un simple pillage aussi réussit soit-il. Parallèlement à ça, « Second streets have no name » marche, sans trop s’en cacher, sur les pas de Daft Punk tandis que « Ffa1985 » reprend la même sauce mais cette fois avec la touche « Discovery ». Clairement on ne va pas blâmer The Bloody Beetroots de revendiquer comme influences principales deux de nos plus belles réussites, mais avait-on vraiment besoin de nouveaux porte-paroles ?

Malgré une introduction un peu conventionnelle « Awesome » arrive à captiver l’auditeur via des beats aspirants jouant avec originalité des contre-temps ; dommage que Cool Kids n’y soit pas à la hauteur et plombe un peu le titre. « Talkin in my sleep » illustre bien cette notion d’album en forme de remix. « Cornelius » s’ouvre sur une longue note de choral de l’ombre, mais si la production fait mouche, il faut bien admettre que les interventions vocales cassent la dynamique. « Warp 1.9 » choisit la voix la facilité. Le groupe à beau y ajouter des chants d’églises, un passage criard et un esprit à la Stupeflip, il s’agit finalement d’un titre bancal, de ceux qu’on écoute lorsqu’on est un peu trop enivré.

Sur certains titres, les italiens arrivent à trouver le ton juste, à imposer leur personnalité, à combiner cette envie d’en découdre sur le dancefloor et cette capacité à produire des titres riches en sonorités (« Have Mercy On Us », « Theolonius »). Mais le plus souvent, ils sont trop directs, manquent de subtilité (« Yeho », « Warp 7.7 ») et restent vains (« Little Star » et son Jingle Bells)

« Romborama » est trop long, il nous épuise (« House N »). The Bloody Beetroots ne sait plus comment tenir son pari de sortir 20 titres et balance de la niaiserie probablement composée un dimanche après midi entre deux tasses de thé (« Mother »). Quelle idée de remplir autant une galette quand on a déjà du mal à imposer cinq ou six titres forts. La qualité ne rime définitivement ici pas avec quantité. « I love The Bloody Beetroots » est aussi poussif que son titre, ça rame, ça perd son souffle, ça risque de mourir sur le bas-côté. « Anacletus » prouve bien à quel point le groupe essaye de recycler les mêmes idées de beats en les associant à chaque fois avec une sonorité différente.

On sort de l’écoute épuisé comme après une mauvaise nuit en boite, regrettant d’avoir cramé son samedi soir dans une aventure sans issue. En même temps, en voyant l’affiche de la soirée, j’aurais du me douter qu’il valait mieux rester chez soi.

Note : 4/10

6 commentaires
  • Maximilien
    29 octobre 2009
    Ah ah j’adore la conclusion, c’est vrai que cette pochette est hideuse ;) Moi aussi j’attendais plus de The Bloody Beetroots :(

  • Anonymous
    9 mai 2010
    Vous nete que des connard romborama un supperbe album vous avez aucun goût musicau selui qi a écrit l’article devrait etre virer . Meter vous votre papier dans le q et récouter l’album le il faut les voir sur scène interprète leur album ses de la bombe alor salut les plouq !!!!

  • Anonymous
    26 août 2010
  • Cornell Note
    9 juillet 2011
    7,5 /10
    La chronique est vraiment dur, d’accord c’est pas un skeud d’intello’, ce n’est ni raffiné, ni sophistiqué. Mais ce n’est pas ce qu’on leur demande, les Bloody c’est avant tout du LIVE, et lorsque vous êtes à leurs concerts cet album prend tout son sens, une énergie monstrueuse, des frissons, à deux doigts de se briser la nuque sur FFA, WARP & Cornelius.

  • Jib Note
    11 août 2011
    6,5 /10
    Tout à fait d’accord avec la critique car le but d’un album reste, encore et toujours, l’écoute chez soi (ou dans son ipod). Si cette écoute devient une épreuve après seulement quelques titres alors cela perd tout son intêret…

    Ok l’énergie qu’ils produisent en live est assez fénoménale mais trop mal canalisée je trouve; après l’éxultation du début on se rend compte assez vite que finalement on a mal aux pieds. Et aux oreilles…

    Cependant j’aime « Warp 7.7″ et « Have Mercy On Us ».

  • Chokboy Note
    31 octobre 2011
    8,5 /10
    ALors là, c’est du grand n’importe quoi !
    Vous jugez cet album comme si celui ci devait s’écouter à longueur de journée chez soi ou avec ses écouteurs, mais vous n’avez strictement rien compris au concept, The Bloody Beetroots est un artiste qui, certes ne peut pas forcément avoir des titres de qualités irréprochables, mais c’est leur aspect scénique qui demeure le plus intéressant, allez les voir en salle ou festival juste une fois, et vous verrez par vous mêmes.
    Donc à toi, cher Benjamin Fogel, de te donner un minimum pour réajuster cette critique honteuse que tu as déposé.
    Le coté le plus exaspérant je dirais, c’est de sans arrêt mettre en relation Daft Punk dans cette critique. Bon sang, je doit avouer que les Daft’ ont été les piliers des raves, et d’une bonne partie de l’éléctro, mais il n’y a pas qu’eux dans le domaine des inspirations (exemple avec warp 1.9 : qui est a la base un hommage à un titre d’un artiste (je vous laisse cherchez au moins vous verrez par vous même) que bob rifo tient a coeur).
    Nous les français, sont certes les meneurs de la French Touch (logique bien sur), mais exploitez un minimum d’autres tendances d’autres pays que le notre.
    Justice est un groupe francais, il a son style.
    The Bloody beetroots est un groupe Italien, il a son style, et il l’assume, un point c’est tout !

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