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EDITORS - In This Light and On This Evening [3/10]

Editors In This Light and On This EveningNew Wave anglaise / 2009. L’histoire du rock s’est toujours construite sur des oppositions ineptes. Qu’il s’agisse de courants, de groupes ou de musiciens, il y a toujours un moment ou un autre où il faut choisir son camp. L’attitude est puérile mais trouve ses racines dans la nature humaine et dans notre besoin de se positionner, dans notre besoin de se définir socialement par rapport à nos goûts. Ne cherchant pas à remettre en cause le cours naturel des choses, ne souhaitant pas m’affirmer comme un pourfendeur de l’inévitable frivolité, j’ai dû comme tout le monde faire mon choix entre Interpol et Editors. Pas très doué non plus pour la remise en cause, je resterai donc sur mon avis de 2005. Interpol est un groupe plein de finesse et de noirceur tandis que Editors n’en est qu’une pale copie.

On a un peu trop dit à l’époque que Editors trouvait ses meilleures chansons dans les poubelles du studio des New Yorkais. L’affaire avait pas mal fait scandale et il me semble que le Daily Express et le Daily Star avaient même du publier des démentis. Je n’ai pas pour habitude d’écouter ce que disent les tabloïds anglais, mais il est vrai que ceci expliquerait bien cela. Effectivement « The Back Room » tout comme « An End Has A Start » ne possédaient tous deux que trois bons titres et remplissaient le reste de la galette avec quelques déchets à peine exploitables. Clairement, la théorie de la poubelle, aussi fumeuse soit-elle au premier abord, pouvait s’avérer, après étude, plutôt crédible. Aussi quand Chris Urbanowicz annonça avoir trouvé dans une déchetterie un clavier qui allait révolutionner le son du groupe, je ne fus qu’à moitié surpris.

Il faut reconnaître qu’avec « In This Light and On This Evening », Editors ne copie plus sur Interpol et qu’il innove. Je ne rentre évidement pas dans le débat scabreux lancé une fois de plus par quelques magazines à l’éthique douteuse. Je peux même dire que je m’offusque quand je lis que les bandes de ce nouvel opus auraient été piquées dans les tombes de Ian Curtis et de Martin L. Gore, car de un, l’accusation est des plus macabres et de deux, je rappelle aux journalistes qu'ils devraient mieux vérifier leurs sources et que non seulement Martin L. Gore n’est pas mort mais qu’en plus Depeche Mode est un groupe toujours aussi passionnant. Et puis ce n’est pas parce qu’un disque commence avec une intro de golgoth qu’il faut tout de suite le cataloguer.

En écoutant « Bricks and Mortar », on se dit que Tom Smith est décidément un très bon chanteur. Donner de la profondeur à des mélodies aussi kitch, seul un grand homme excessivement torturé (ou très manipulateur) pouvait réaliser cet exploit. Comme je le disais plus haut, tous les albums d’Editors ont été portés, ou plutôt soutenus, par des titres emblématiques et « Papillon » fait sans nul doute parti de cette classe. Injectant la science du refrain pop dans les fondements de la new wave, le groupe a au moins le mérite d’y ridiculiser la mièvrerie de The Killers.

« You Don't Know Love » est une belle parodie, un hommage implicite aux meilleurs humoristes français. Ce n’est pas mielleux, c’est encore autre chose, un truc que des gens de mon âge ne doivent pas pouvoir comprendre. « The Big Exit » surprend l’auditeur par son intro noisy, c’est bien simple je n’avais pas entendu des sonorités aussi expérimentales depuis le dernier album de Razorlight. « The Boxer » est une chanson aussi triste que l’âme d’une ado de 14 ans dont le Rimmel aurait coulé à l’écoute du dernier album de Muse. Clairement méfiez vous des effets pervers que pourraient avoir sur vous l’écoute en boucle de ces trois titres.

On en vient presque à regretter que les décharges existent en écoutant « Like Treasure ». Mais que fait Tom Smith dans cette galère ? Qu’il change de groupe enfin ! Ce n’est pas comme si je ne connaissais pas des centaines de band à la recherche d’un bon chanteur ; U2 pourrait par exemple être intéressé. Parce que là franchement ce n’est plus possible : qui du groupe a eu la brillante idée de conférer un aspect pop moyenâgeuse à « Eat Raw Meat = Blood Drool » ? Il faut parler à ce garçon, le prendre en charge. Heureusement l’album se clôt sur « Walk the Fleet Road » où Jean Michel Jarre réalise un featuring des plus pertinents.

De la même manière qu’un pro-Stones s’en serait pris à l’époque à la dernière niaiserie des Beatles, je me devais en tant que pro-Interpol de fustiger ce « In This Light and On This Evening ». Il paraîtrait que le prochain album de Editors s’intitulerait « Best Of » et que ce serait leur meilleur effort, je n’ai aucun doute là-dessus, même s’il ne doit contenir que 7 titres dont ce très joli « Papillon ».

Note : 3/10

22 commentaires:

  Maximilien

13 octobre, 2009

Ahaha, une critique littéraire hier, une critique bad-ass aujourd'hui. On aime varié les plaisirs en ce moment sur Playlist Society !!!

  Anonyme

13 octobre, 2009

Oh putain quelle bouse ce nouveau Editors. Même pas réussi à l'écouter jusqu'au bout. Je pense que je n'achèterai même pas le best of.

  Lucien

13 octobre, 2009

Je me suis vraiment trop marré avec le coup des tabloïds anglais. Bon après il y a des trucs à sauver quand même sur ce In This Light and On This Evening ; pas beaucoup mais quelques un.

  Anonyme

13 octobre, 2009

Euh c'est ironique le "je n’avais pas entendu des sonorités aussi expérimentales depuis le dernier album de Razorlight" ?

  Benjamin F

13 octobre, 2009

Lol, oui évidemment :p Razorlight, la blague...

  Thibault F.

13 octobre, 2009

Et hop, les Editors viennent d'être jetés à la poubelle en 7 paragraphes. Je kiffe ta chronique :D, d'autant que je n'ai pas pu l'écouter en entier. Le premier était juste plat, celui-là est carrément mauvais. Dommage !

  dr frankNfurter

13 octobre, 2009

écouté avant-hier, une bouse, pas grand chose à sauver... et vive le revival 80's et les claviers pourris! (non ce n'est pas un pléonasme :-P)

  lyle

14 octobre, 2009

La vache, tu as réussi à l'écouter en entier ! Moi je me suis arrêté à leurs premiers singles, mes oreilles n'avaient pas de temps à perdre pour la suite...

  Benjamin F

14 octobre, 2009

Ouais je me suis forcé parce que Twist avait dit le plus grand bien de "Papillon" ;)

  Anonyme

14 octobre, 2009

Dis moi Benjamin F, t'a fais quoi dans ta vie si misérable pour juger aussi vite ! D'ailleurs, je comprend ton jugement hatif en lisant que tu es "Pro-Interpol"! j'te conseille tout simplement de ré-écouter l'album et le chemin parcouru par le groupe !

  Anonyme

16 octobre, 2009

Je comprend une partie de cette chronique, je suis très attaché à la cold wave ou pop cold wave, j'ai beaucoup de respect pour Interpol, mais je m'attarde un peu plus sur Editors car pour moi Interpol ne font que décliner d'album en album... Après je dirais juste que je ne suis pas de ceux qui cataloguent the end has a start pour son efficacité, j'aime beaucoup cet album et là son successeur, il a au moins le mérite de demander beaucoup de temps pour le comprendre, et je pense qu'un recul est nécessaire. Pour conclure, en ce qui concerne le débat Interpol/Editors, c'est peut être tout simplement la relève White Lies qui domine la compétition? Qu'en pensez vous?

  Anonyme

18 octobre, 2009

Que de bêtises...

  phil

18 octobre, 2009

Mais comment peut-on écrire autant d'inepties?! "In this light and on this evening" est un album certes déroutant mais ô combien courageux. Beaucoup d'expérimentations. Une vraie prise de risques. Et au final quelques merveilles qui ne se méritent qu'au bout de plusieurs écoutes, comme un vin exigeant qui ne dégage pas tout de suite ses subtilités au palais. Loin de se reposer sur les lauriers de ses deux premiers albums, où le groupe réussissait littéralement l'exploit de réinventer la new-wave, The Editors nous pousse dans nos retranchements musicaux. Des chemins de traverse que beaucoup ne sont pas près d'accepter. Ouvrez vos oreilles et acceptez de vous embarquer dans une autre aventure...

  Anonyme

01 novembre, 2009

corrigez quand même quelques grossières fautes de français avant de vouloir devenir le rock critic le plus pertinent du monde ...

  Anonyme

07 novembre, 2009

Avant de critiquer cet album, il faudrait déjà avoir un minimum de culture New Wave (ou coldwave) avant de s'enfoncer et de dire n'importe quoi. Cet album n'était pas critiquable dans le cas présent car il s'avère être destiné à un tout autre public. Entant que fan absolu de Depeche Mode (qui soit dit en passant, même si j'aime bien interpol, sont 1000fois plus d'interpol une référence en matière de succès intégral sur presque 30ans de carrière...), je peux dire que cet album d'editors m'a surpris. Pour la simple et bonne raison que d'emblée je m'attendais à voir un groupe résolument bloqué dans le rock (comme l'est Interpol, finalement...) et qu'en fait il n'en est rien. De ce fait, compte tenu (comme cela a été souligné) des risques qui ont été pris en prenant une telle direction musicale, je ne crois pas que l'on puisse parler d'opportunisme... bref, si vous aimez pas la new wave ou la cold wave, laissez la à ceux que ça concerne et allez jouer ailleurs. Merci

  Benjamin F

07 novembre, 2009

Ouh là mon grand, à te lire je pense que l'on partage une passion commune pour Depeche Mode (dont tu pourras lire ici une super bonne chronique de Sotu). J'adore la New Wave, la Cold mais en revanche ce truc dégoulinant, sans moi !
Mais ravi que certains s'y retrouvent ;)

  Anonyme

07 novembre, 2009

J'ajouterai, si critique aussi pertinente de "Here are the Roses" de "Dragons" du même acabit il y a, j'aimerais beaucoup là lire car ce doit être très très drôle...

Je me demande juste une chose, ces éminents "critiques" qui se permettent de casser à la hâte des groupes en 4 après 20minute d'écoute parfaitement subjective en bon dilettantes qu'ils sont, sans avoir la connaissance (que ce soit musicale ou technique) adaptée, finalement, sont ils eux même musiciens ? Une question rhétorique bien évidement...

  Anonyme

07 novembre, 2009

C'est bien ce que je dis, manque total d'objectivité, à force de suivre l'avis général de l'abruti moyen qui depuis la première seconde compare les groupes entre eux comme si on était obligé de maintenir cet instinct grégaire de compétitions entre clan aujourd'hui... Bah forcément on part subjectif des le dépars, on s'empêche de rester ouvert et on dit n'importe quoi... Franchement, pour ma pars, les têtes du chanteur et du guitariste d'editors me reviennent pas dutout de vrai tête à claque. ça n'empêche qu'entant que musicien parfaitement objectif je respecte leur boulot et leur parcours pour ce qu'il vaut, plutôt que de me priver bêtement pour des raisons à la c*n...

  Benjamin F

07 novembre, 2009

Attendez vous n'allez pas comparer le "Here are the Roses" de Dragons, un des tous meilleurs album du genre des années 2000 à ce fade Editors ?

Pour ce qui est de la subjectivité, je pense que le ton décalé et absurde de la critique n'a jamais prétendu à autre chose.

Pour ce qui est d'être musicien, Dieu m'en garde bien, c'est déjà si difficile d'écrire des mots... alors des notes...

Pour ce qui est de la comparaison entre les groupes, je n'y peux rien si vous ne comprenez pas l'ironie et que justement je me moquais des absurdes duels de groupe. Nevermind ;)

Bonne journée à tous :)

  Anonyme

07 novembre, 2009

Justement c'est ce que je dis... j'ai du mal à comprendre en quoi on peut critiquer (en bien ou en mal) la musique, si on la connait pas de l'intérieur... bref aussi vrai qu'un journaliste se doit d'être objectif, un critique de rock aussi... faut pas confondre "être cinglant et juste" et "être cinglant en partant d'idées préconçues qui favorisent des préférences personnelles".


Perso dragons est 100 fois supérieur à editors pour moi il n'y a pas de doute j'écoute leur disque une fois par jour en moyenne et j'espère pouvoir donner autant d'ampleur à ma propre voix un jour... ça n'empêche que musicalement editors se débrouillent très bien dans leur domaine quand même, et que pour connaitre la musique dans son aspect matériel je peux dire : premièrement que guitaristiquement j'ai toujours trouvé ça très riche et que ça m'a beaucoup influencé dans mon approche de mes parti de grattes, et deuxièmement concernant le dernier album, leurs son electro/new wave à grand renfort de synthés analo bien utilisés me parait surement pas moins crédible que la moyenne de la pléthore de groupes actuels qui s'essaient au revival new wave.

  Anonyme

15 novembre, 2009

J'en rajoute une petite couche 1 semaine plus tard...

Non seulement j'ai réécouté plusieurs fois ce dernier Editors, mais je me suis repenché sur Interpol pour comprendre cette comparaison qui semble faire débat...

Alors mon verdict c'est que (attention, sans mauvaise foi aucune ni esprit de contradiction, puisque quand on fait soit même de la zik on sait rester objectif justement...)

C'est que non seulement ce dernier Editors est vraiment excellent et possède une très grande crédibilité new wave avec des geemick de synthé obsédant qui, je n'en doute pas un millième de seconde, aurait fait fureur si ils avait été composé il y a 25 30ans...

Mais enplus, qu'Interpol, bien que très british dans une parti de leur son (ce qui est très agréable je le reconnais, surtout quand ça m'évoque les Clash ou même Bauhaus..) cela reste quand même, en beaucoup de point, inférieur à Editors... En particulier en ce qui concerne ces très légers accents de pop americaine bas de gamme (qui n'est pas sans rappeler la déchéance du rock californien à partir des 90's..) qui finissent par devenir détestable quand on écoute trop...

Ceci dit j'aime bien interpol quand même, globalement ça chante bien ça jou bien... Mais un groupe dont il faut trier certaines parti de leurs morceaux, en l'occurrence dès que ça devient pop amerloc bas de game, ça peut definitivement pas faire parti de mon top ten désolé...


Bref, je pige pas cette comparaison avec Editors j'arrive même pas a comprendre en quoi certaines personne disent qu'ils les pompent (et ce même pour les 2premiers albums) ou recup leurs compos dans les poubelles des studios new yorkais, mais faut croire que ces gens qui se permettent ces remarque ne savent pas écouter de la musique et encore moins en faire...

en bref : Interpol moins bon qu'editors, alors que dragons n'en parlons même pas.

pour finir : vive les anglais !!!

à bon entendeur...

  Anonyme

11 décembre, 2009

Bravo Anne Onyme , tu as tt a fait traduit la pensée de nombreux francais !! interpol a sorti un dernier album attachant et complexe , sans doute par moments raté et maudit ... il m'evoque le "the top" des cure et toute la diversité muciale que semble posseder ce tres grand groupe !! bref , je passe du temps dans ma voiture et cet album m'hypnotise meme dans ses mauvaises passes c'est dire !

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