Home | A Propos | Disques | Films | Livres | BD | Séries | Jeux Vidéos | Concerts | Expositions | Bilans | Extension de la Playlist

ARCTIC MONKEYS (Au Zenith) [8,5/10]

Arctic Monkeys Zenith 2009

Indie Rock / Paris / Le 06 Novembre 2009. Ce soir devait être pour moi une façon de boucler ma boucle, compléter une chose qui me tenait à cœur, pouvoir dire enfin « Oui, j’ai vu mes cinq groupes préférés sur scène ! ».

Arctic Monkeys et surtout Alex Turner, dépeint par beaucoup comme un nouveau génie musical, un type dont nos enfants connaîtront le nom comme nous pouvions connaître Jim Morrisson, une légende en devenir, était donc sur scène hier soir et ce fut parmi un public très jeune de moyenne d’âge que je dus me faufiler jusqu’au centre de la fosse.

Mais prenons les choses dans l’ordre si vous le voulez bien et débutons par la première partie, qui n’était pas des moindres d’ailleurs : Eagles of Death Metal. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu un tel chauffage de salle : les Américains savent y faire, rien à dire, l’ambiance est montée d’un coup, poussée par de gros riffs sales entrecoupés de mini-arpèges aigues (la touche Josh Homme) les gros roulements de batterie de Joey Castillo et les déhanchements équivoques du chanteur redneck Jesse Hughes. La température a donc augmenté de 15 degrés en moins de temps qu’il n’en faut pour reprendre « Boys Bad News » et « Cherry Coke » à l’unisson. Le public est conquis, à deux doigts d’en redemander, bref un show de 45 minutes d’une ultra qualité, prenant et marrant tant leur délire de gros bikers à moustache est poussé à son paroxysme aussi bien dans leur musique que dans leur jeu de scène.

Le moteur se coupe, la lumière revient. Je me retourne et constate que la salle est maintenant pleine mais surtout je décèle une forte population jeune et féminine. Je n’ai jamais assisté à un concert des Beatles, mais je suppose qu’à l’époque ce devait être comme cela aussi : des cris d’hystérie voire d’hystériques à vous en faire exploser les tympans, qui recouvrent instruments et voix, qui énervent surtout lorsqu’on vient pour la musique et pas forcément pour la plastique des musiciens.

Au travers de ces cris donc, le rideau s’ouvre sur une scène enfumée et « Dance Little Liar » lance les hostilités. La salle étant déjà préchauffée, la poudre prend feu immédiatement et par la magie des marées humaines je me retrouve en l’espace de quelques secondes déplacé de 10 mètres vers la scène, que du bonheur ! Le show s’enchaine donc pédale au plancher avec comme point d’orgue le tube du premier album « I bet you look good on the dancefloor » et cerise sur le gâteau un clin d’œil génial à leur nouveau producteur avec la précitée « Touche Homme » : trois, quatre notes aigues de guitare seule qui viennent relever un riff bourrin et court soutenu par la basse et la batterie.

C’est par une face b, « Sketchead » que les singes calment un peu les esprits et permettent à tout le monde de reprendre son souffle. La suite n’est qu’enchainement de titres plus géniaux les uns que les autres dont l’un de mes préférés : « The jeweler’s hands » avec son final en quatre temps prenant et montant. Des morceaux joués donc à la perfection, parfois touchant, parfois entrainant, parfois les deux en même temps.

Mais… et oui il aura bien fallu un « mais » puisque rien n’est jamais parfait dans ce monde et que rédiger une critique sans donner mon ressenti ne serait pas une critique, mais force est d’avouer qu’il manquait malheureusement un petit « quelque chose ». Ce « quelque chose » est d’habitude très simple à expliciter : « mauvais son », « manque de communication avec le public », j’en passe et des meilleures. Mais hier soir il s’agissait d’autre chose, je pense une attente plus personnelle qui n’a pas été comblée et celle-ci touchait Alex Turner en particulier. Vous l’aurez compris ma petite introduction sur le personnage relevait d’un certain sarcasme : il est vrai que le gamin est génial, touchant et intrigant, mais sur scène il semble absent, ailleurs, se contente de jouer ses morceaux comme pour un enregistrement studio. Bon, il était clairement sous le coup de l’alcool, reconnaissons-le, presque incapable de jeter son médiator au public le moment venu. Mais au-delà de cela quelque chose m’a énormément gêné : je m’attendais justement à un kid de 23 ans, chétif et naïf, or sur scène il n’y avait qu’une rock-star bourrée, blasée de rejouer et rejouer les mêmes morceaux de sa tournée gagne-pain et content de regagner les loges après la seconde chanson du rappel.

Il est vrai maintenant avec un peu de recul que ses textes, ses chansons ne sont jamais très gaies, que la noirceur est la marque de fabrique du poète et que côté public, durant les presque 90 minutes de concert j’étais simplement aux anges que ce soit dans les moments de défoulement/pogo ou les moments plus calmes des ballades, mais voilà, il manquait clairement quelque chose hier soir et je pense pouvoir dire que ce « quelque chose » c’était la naïveté, la fraicheur de la jeunesse.

Il faut donc bien l’admettre, Arctic Monkeys, même si leur moyenne d’âge ne dépasse pas les 24 ans, joue maintenant dans la cour des grands, pour le meilleur et pour le pire, et c’est peut-être un (tout) petit peu dommage.

Note : 8,5/10


La setlist du concert :

  • Dance Little Liar
  • Brianstorm
  • This house is a circus
  • Still take you home
  • I bet you look good on the dancefloor
  • Sketchead
  • My propeller
  • Crying lightning
  • Dangerous animals
  • The view from the afternoon
  • Cornerstone
  • If you were there, beware
  • Pretty visitors
  • The jeweler’s hands
  • Do me a favour
  • When the sun goes down
  • Secret door
  • Fluorescent adolescent
  • 505
  • 12 commentaires:

      Benjamin F

    06 novembre, 2009

    Merci Marien pour le live report ;)

      Anonyme

    07 novembre, 2009

    Malgré le "son" du Zénith, Arctic Monkeys a prouvé combien il état un grand groupe. Merci à eux !

      Marien

    07 novembre, 2009

    ah oui c'est un point que j'avais oublié : le son n'était pas si dégueulasse pour le zénith...

      Anonyme

    07 novembre, 2009

    Même ressenti après le concert de Jeudi soir.
    Le chanteur absent, qui se taille avant la fin de la dernière chanson car n'a plus rien à chanter et laisse ses comparses finir tout seul :/

    Pour les Eagles Of Death Metal, rien à redire ils ont assuré! :)

      Anonyme

    07 novembre, 2009

    Super soirée, super groupe mais une communication avec le public décevante. J'ai vraiment ressenti la même chose que l'auteur de cette critique.

      Paul C.

    07 novembre, 2009

    Tu as de nouveau droit aux concerts ?

      Benjamin F

    07 novembre, 2009

    Malheureusement non :(

    Ce live Report a été écrit par mon binôme Marien (c'est marqué en tout petit sous le titre, lol)

      dany

    08 novembre, 2009

    j avais repéré qu il était imbibé mais je le trouvais plutot maladroit et naif ds ses gestes!!!en + coincé entre 2 gamines qui hurlent"alex i love you" ca vous pourrit un concert!! je les avais vu en petite salle à Lxbg en 2007 et cette fois je n ai plus ressenti l immense claque reçue à cette époque!dommage...mais les singes n ont peut etre pas fait leurs dernieres (bonnes)grimaces!

      ZiKomAgnes

    09 novembre, 2009

    Ah j'avais pas remarqué qu'il était éméché!
    Et effectivement, le son était pas si pire pour un Zénith...
    mon avis sur la question:
    http://www.soul-kitchen.fr/concert-arctic-monkeys-eagles-of-death-metal-zenith-paris-05-11-2009/

      Olivier R.

    09 novembre, 2009

    "Il manque la fraîcheur, la jeunesse ..."

    C'est exactement l'impression que m'avait laissé leur dernier passage à Paris, dans un salle plus humaine (L'Elysée Montmartre, je crois ?) : c'était impeccable, enthousiasmant sur 2/3 morceaux MAIS (gros "mais") on finissait par s'ennuyer un brin, parce que tout ça était fort propret. Etonnant : on avait sur scène des mômes qui n'avaient à peu près l'air de rien (non-look, non-coiffure, semi shoegazing, etc...) une attitude oscillant entre le "Bon, c'est pas trop notre truc, rock star" et le " Ok, on envoie le concert, comme d'hab'" blazé. resent de très bons morceaux, puisqu'ils sont doués.

    Artcic Monkeys : si jeunes et déjà si vieux....

      anna paule

    10 novembre, 2009

    Oui, il manque un petit quelquechose, peut-être un lâcher prise ou un don de soi, une communion avec le public et peut-être aussi un peu de travail créatif??? Je pense qu'il a un tempéramment d'introverti qui peut évoluer avec l'âge et la maturité.
    je vous invite à voir ma note concernant ce sujetsur mon blog: http://chroniquesordinaires.blogs.marieclaire.fr/

      Marien

    11 novembre, 2009

    @ olivier : 'si jeunes et déjà si vieux', je crois que c'est exactement la formule que je cherchais!

    @ anna : je crains que le rock circuit n'aide pas à sortir de l'introvertisme... mais je l'espère de tout mon coeur pour eux!

    Enregistrer un commentaire