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HATEBREED - Eponyme [4,5/10]

Hatebreed 2009Métal Hardcore américain / 2009. En 2002, puis en 2003 « Perseverance » et « The rise of brutality » avaient bien trompé leur monde, laissant entrevoir chez Hatebreed un candidat potentiel au rang des machines de guerre metal hardcore. Malheureusement le groupe sombra bien vite dans les clichés inhérents au style et s’enferma dans le carcan de son propre jeu, laissant supposer qu’il aurait mieux fait de se cantonner à ses premiers amours purement coreux.

Ce nouvel album eponyme ne changera pas la donne tant les gars du Connecticut semblent définir l’efficacité comme unique objet de finalité. Riffs rapides, rythmiques qui ne lâchent rien, chant faussement guttural, les éléments sont bien présents et l’illusion est parfaite sur « Become The Fuse » « Not My Master » ou encore « Hands Of A Dying Man ». On peut même dire que sur des titres comme « Between Hell And A Heartbeat » l’inventivité des riffs de Frank Novinec et Wayne Lozinak est loin d’être remise en cause.

Cependant, on finit vite par s’ennuyer tant cet éponyme ressemble à une coquille vide emplit d’une agressivité imaginaire (« Everyone Bleeds Now ») et de backings vocals punk assez peu crédibles (« No Halos For The Heartless »). Le voile est levé et la farce n’amuse plus. Sur « In Ashes They Shall Reap », Jamey Jasta harangue efficacement l’auditeur, rappelant plus Max Calavera que ses idoles hardcore. L’époque des premières parties de Sick of it All semble être un lointain souvenir, et le groupe ne cache plus ses aspirations en terme d’accessibilité.

Uniquement destiné à faire moshpiter gentiment son public en concert, Hatebreed duplique à l’infini une formule éprouvée. Face à un tel manque d’innovation et de prise de risque, on finit par franchement avoir envie de faire autre chose (« Through The Thorns », « Merciless Tide », la classique ballade « Undiminished »). Alors oui « Every Lasting Scar » et le très Slayer « As Damaged As Me » ont tendance à donner le sourire mais il faut dorénavant plus qu’un plissement de lèvres pour me convaincre.

Bête mais puissant, Hatebreed n’arrive donc plus à cacher sous la puissance des riffs son manque de créativité. Comparé à Converge, Hatebreed ressemble de plus en plus à un gamin geignard qui fait tout pour qu’on le remarque. Il faut dire que ce n’est pas très intelligent de sortir un album de metal hardcore à quelques semaines d’intervalle du chef d’œuvre « Axe To Fall » ; un peu comme si Editors sortait ses disques au même moment que Interpol pour bien se ridiculiser ;)

Note : 4,5/10

12 commentaires:

  Mmarsupilami

06 novembre, 2009

Juste ça!

C'est aussi un peu comme si Le Loup sortait son album après Grizzly Bear et Animal Collective...

Je dois encore écouter le Converge et je n'écouterai donc pas le Hatebreed. Merci pour le tri!

;-)

  Benjamin F

06 novembre, 2009

En revanche j'ai tendance a bien aimé Le Loup qui a un aspect bucolique (que ce terme est édulcoré)que n'a pas Grizzly Bear et Annimal Co.

Mais, oui rue toi sur le Converge qui restera peut être mon meilleur album de l'année, un pur moment de violence jouissive ;)

  Mmarsupilami

06 novembre, 2009

Je suis content de trouver des interlocuteurs pas rétifs au métal, même si je ne suis pas moi-même un grand fan. Dans mes chroniques à venir, j'ai spécialement apprécié, dans le tiroir post-rock/post-metal le troisième album des Californiens de Russian Circles...

  Benjamin F

06 novembre, 2009

Oui le Russian Circles est fort sympathique, faudrait que j'écrive dessus tiens. Sinon c'est vrai qu'on est assez peu à écouter du métal/hardcore, ne serait ce qu'à petite dose. Il y a Thomas du Golb2, et Systool, mais je crois que c'est à peu près tout... peut être un peu Julien de DCDL et Rod aussi ;)

  Paul C.

06 novembre, 2009

Argh non, pas éponyme ;-)

  Mathieu

07 novembre, 2009

Oui, mon détecteur d'"Eponyme" s'affole là ...

  Mathieu

07 novembre, 2009

Petite précision à mon commentaire précédent qui est partie trop vite : :-)

  Benjamin F

07 novembre, 2009

Merde je mets quoi alors ? D'habitude je mets S/T mais en fait je sais pas ce que ça veut dire. Je pourrais mettre "Sans nom" ou lui donner le nom de la couleur dominante de la pochette comme pour Weezer... ;)

  Thibault F.

08 novembre, 2009

S/T = Self-Titled = Eponyme quoi :p

  Benjamin F

08 novembre, 2009

Lol ;)

  Mmarsupilami

10 novembre, 2009

Eponyme, toi-même!

  Mmarsupilami

10 novembre, 2009

Et confirmation : le Converge est extraordinaire!

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