Metal américain / 2009. Un nouvel album en forme d’indéniable retour aux sources ; Slayer retrouve enfin la rage de « Seasons in the Abyss » ; Après deux albums en demi-teintes qui avaient divisé les fans, les pionniers du trash metal reviennent sur le devant de la scène avec un album qui mettra tout le monde d’accord… Voilà le genre de conneries qu’on est obligé d’entendre à chaque nouvel album de Slayer, comme si le groupe avait encore quelque chose a prouver, comme si sa discographie avait été en dents de scie, comme s’il s’était à une époque renié et qu’il avait besoin de réaffirmer sa présence. « God Hates Us All » et « Christ Illusion » étaient chacun à leur manière un pas en avant qui prenait appui sur les fondations du passé, et il en va de même pour ce « World Painted Blood ». Si la presse raffolera de ces formules toutes faîtes et n’hésitera pas à vous en remettre une couche avec les Big Four, regardons sans baisser les yeux cette discographie exemplaire qui n’aura jamais connu la compromission.
Un riff rotatif, la folie qui s’empare des enceintes, une introduction qui ne souffrirait pas de se frotter à celle du dernier Converge, « World Painted Blood » est imparable. « Unit 731 » monte d’un cran la pression laissant exploser la bestialité. Hurlant « Action » comme il aurait crié à une autre époque « Angel Of Death » (« Snuff »), Tom Araya tourne le dos à ses 50 ans avec fougue et prestance.
Les limites de la violence n’ont cessé d’être repoussées, et la décharge de haine que pouvait provoquer un « Decade of Agression » n’est plus vraiment d’actualité. Mais au lieu de desservir le groupe, cette concurrence qui a exacerbé nos capacités de résistance, permet aujourd’hui à Slayer de ne plus être considéré comme un groupe extrême réservé à un public atypique, mais bien comme l’un des tout meilleur groupe de rock du monde (« Beauty Through Order », « Human Strain »). Au risque de faire hurler les puristes, en écoutant successivement le « Death Magnetic » de Metallica et ce « World Painted Blood », on se dit que les deux groupes ne se sont jamais autant dirigés dans la même direction, animés qu’ils sont par une volonté commune d’en découdre et de défendre leur blason sur le ring du 21ème siècle.
Tueur par excellence poussé par les solos d’un Kerry King toujours aussi passionnant (« Hate Worldwide »), rouleau compresseur d’une succulente modernité qui laisse toujours exploser ses influences punk (« Public Display of Dismemberment »), instinct de destruction intact (« Psychopathy Red »), accessibilité assumée (« Playing With Dolls »), le monstre ne cesse de rugir.
Ne jamais baisser sa garde, rester présent au poste, ne pas abandonner ceux à qui on a juré fidélité... Après trois décennies d’agression, Slayer n’a rien oublié, et s’il se moque aujourd’hui de son image et des codes, il continuera jusqu’au bout à se battre pour sa cause.
Note : 8/10







9 commentaires:
27 novembre, 2009
Enorme.
Chaud à écouter en taffant, en revanche :)
GS
27 novembre, 2009
je vois qu'en 20 ans la presse musicale hard rock n'a pas évolué et que les formules les plus usées (dont le fameux "retour aux sources") ont toujours autant de succès !
27 novembre, 2009
Ouais c'est insupportable ;) "Le retour aux sources" en particulier concernant Slayer est un lieu commun d'une récurrence extrême ;)
27 novembre, 2009
Non, non et renon! :-D
Non content de ne rien apporter de neuf, Slayer continue à s'autoplagier sur ce nouveau disque, pire ils nous resservent comme sur "Christ Illusion" quelques copier-coller, même pas peur!
Qu'ils aient décidé de stopper l'évolution en marche après GHUA, pourquoi pas dans un sens, ça fait bien 30 ans que Motörhead nous ressert grosso modo toujours le même album, mais si c'est pour virer à la caricature...
Et en plus, cerise sur le gâteau, la production du dernier disque est loin d'être irréprochable, des vocaux et une batterie trop en avant par rapport aux guitares (je parlerai pas de la basse, elle a rarement été sur le devant de la scène chez Slayer, comme chez la plupart des metalleux...)
Bref, à moins d'aimer le dernier AiC, je vois pas comment on peut adhérer à ce WPB lol ;-)
27 novembre, 2009
Ah ah Doc, oui comme avec le dernier Alice In Chains, c'est l'affectif adolescent qui parle :p
Certes World Painted Blood n'apporte rien de neuf et ne révolutionne pas le son du groupe, mais il est largement à la hauteur en terme de compositions ce qui n'est pas le ces des derniers Motorhead ou de la blague de AC/DC. Je ne suis pas non plus d'accord pour les copier/coller, si ce n'est que le jeu de Kerry King reste le jeu de Kerry King. Le groupe ne fait absolument pas dans la caricature (sauf peut être sur Snuff), le titre eponyme étant même d'une rugosité exquise.
C'est toujours le même débat est-ce que Slayer refait la même chose ou est-ce qu'il prouve qu'il a des ressources inépuisables en terme de songwriting métal ? Je penche toujours pour la seconde hypothèse.
Tiens je viens de voir que Pitchfork lui avait également mis une bonne note : http://pitchfork.com/reviews/albums/13673-world-painted-blood/. Bizarre vraiment pas leur genre... (je m'en sers pas comme d'un argument, hein, c'est juste à titre d'infos)
27 novembre, 2009
De toute façon, on va pas se prendre la tête, ça devrait être le dernier album de Slayer :-D
27 novembre, 2009
Coup bas :p Même si on sait bien que Slayer reviendra toujours !
28 novembre, 2009
Incroyable que mon voeu ait été exaucé si vite...sinon je me suis fait la meme reflexion sur le parallèle avec Metallica. Continue de faire hurler les puristes, c'est ta raison d'être mec
01 décembre, 2009
Ce nouveau Slayer débouche les oreilles sec, c'est mecs ne vieillissent pas d'un poil !
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