Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

FIRST AID KIT – Big Black & the Blue

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
7,5 /10

Des fous rires complices, des rêves plein la tête, le talent pour mère, le manager pour père, l’insouciance de l’adolescence en ligne de mire, l’envie de croquer le monde à pleines dents et au final des chansons d’une tristesse pesantes, des sourires qui cachent un vague à l’âme trop précoce.

First Aid Kit est un duo suédois, deux sœurs, deux petites têtes d’ange qui en cumulé n’ont pas encore l’âge de connaître la crise de la quarantaine. Il y a de quoi se méfier au premier abord. On nous a peut être un peu trop déjà fait le coup du groupe familial composé de mineurs et mené d’une main de fer par une figure paternelle aimante. En général, ça finit au mieux devant les tribunaux, au pire dans les caniveaux, avec la sainte trinité drogue, alcool et suicide en prime. Mais bon il semblerait qu’on ait pour l’instant à faire à une véritable belle histoire suédoise avec Stockholm et la neige en toile de fond.

Ce qui frappe au premier abord chez First Aid Kit, c’est évidemment la maturité de l’ensemble. Il n’y a pas ici la moindre trace d’innocence juvénile. Dès « In The Morning », les jeunes filles usent d’une introduction a capella pour toiser son auditoire et mettre les choses au clair : elles ne concourent pas dans la catégorie jeunesse des meilleurs espoirs de la musique folk actuelle mais bien dans la catégorie phare. L’âge n’est pas un argument ou un artifice ici, c’est une anecdote. Sur « Ghost Town », les voix des deux sœurs sont amples, elles se mélangent, se dédoublent et créent la profondeur. L’osmose est indéniable et les invitations à l’introspection se succèdent (« Josefin » et « A Window Opens »).

Dommage que la principale force de First Aid Kit soit aussi son premier défaut. Trop consciente de leurs talents vocaux, les jeunes filles ont tendance à laisser « Big Black & the Blue » reposer dessus. Cela crée ainsi parfois une certaine lassitude et un manque de surprise et de complexité mélodique. C’est effectivement, lorsque le son s’étoffe, comme sur l’entraînant « Sailor Song », que les filles ont le plus l’occasion de sortir de leur carcan, de casser leur image et de conférer une ambition supplémentaire à l’opus.

Méprisant pourtant avec une certaine véhémence, les formules toutes faîtes comme « La valeur n’attend pas le nombre des années », je dois bien avouer que ce duo possède une aura qui l’emmène à mille lieux de la légèreté de ses congénères générationnelles. Je ne sais pas ce qu’il y a derrière, s’il s’agit d’un père marionnettiste ou tout bonnement de sorcellerie, mais il faut bien réaliser que ces gamines écrivent des chansons à l’âge où je croyais encore que j’écouterai du néo-métal toute ma vie.

Note : 7,5/10

9 commentaires
  • Anonymous
    19 janvier 2010
    Hey cool, jten parlais dans un vieux commentaires sur un disque folk l’année dernière!

    Ya de quoi tomber amoureux! T’as vu leur reprise de fleet foxes filmée dans les bois sur youtube?

    Jte conseille Jessica Lea Mayfield, une voix aussi émouvante et un univers moins innocent.

    genre le titre « For you », tuerie

    jf

  • Erwan
    19 janvier 2010
    Bof bof bof…. c’est mignon tout plein mais un peu chiant à la longue quand même je trouve (la voix est vite lassante)

    (oui en 2010 j’essaye d’arrêter le folk ;-)

  • Benjamin F
    19 janvier 2010
    @JF : Oui je me souviens très bien de ton com, c’est là que j’en ai entendu parlé la première fois avant de voir leur session sur la Blogothèque. Bon et sinon toujours la même question : quand est-ce que tu lances ton blog ??? :)

    @Erwan : « c’est mignon tout plein mais un peu chiant à la longue » exactement ce que je me suis dit pendant les premières écoutes. En fait je l’avais même abandonné et puis je me suis surpris à avoir envie d’écouter Sailor Song. Peu à peu j’ai réalisé que ce disque avait une vraie profondeur et des chansons qui étaient loin d’être chiantes. Moi aussi je voulais arrêter la folk en 2010 mais c’est définitivement comme la clope. D’ailleurs tu devrais essayer d’en rallumer une dernière :)

  • Nathan
    19 janvier 2010
    J’avais trouvé ça charmant. Puis il est vite tombé dans l’oubli…
    Pourtant, le folk de fille, c’est un truc que j’adore et qui me convainc très facilement. Le dernier disque de Golden Ghost en est d’ailleurs la meilleure illustration.
    Faudra que je réécoute…

  • Benjamin F
    19 janvier 2010
    @Nathan : Ouais franchement replonge toi dedans, c’est un album bien plus riche que le laisse sous-entendre les premières écoutes « charmantes » mais qui ne donnent pas forcément envie d’y revenir. Sinon je connais mal Golden Ghost mais je prends note et m’écoute ça ce week-end :) Merci du conseil !

  • Anonymous
    19 janvier 2010
    Un blog ça prend du temps et mon temps je le consacre de plus en plus à faire de la musique. Mais j’aimerai bien oue…j’pourrais balancer quelques visions tranversales sur l’art, la musique, dieu et le chaoS…

    First Aid Kit elles sont completement premier degré. Ya une honnêteté, elles chantent, simplement, avec la profondeur d’elles même des histoires plutot graves. Il ya un espace, elles sont vastes, elles embrassent de leur vastitude, comme des mères. Pas de poses ironiques.

    Ya une dévotion dans leur chant, dans toutes ces montées aigues en voix de tête, très country, c’est haut putain, elles sont avec les anges, et en même temps c’est grave.

    jf

  • Panda Panda
    20 janvier 2010
    Vu en concert, j’ai trouvé ça chiant au possible, j’ai préféré m’arrêter là!

  • Benjamin F
    20 janvier 2010
    @Panda Panda : Ça suffit maintenant de dire qu’elles sont chiantes !!! :) Essaye l’album au moins ! :p

  • KMS
    21 janvier 2010
    Ben si c’est chaint.

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