Indie Rock américain / 2010. La semaine dernière, en écrivant sur le premier album de The Soft Pack, j’évoquais brièvement les difficultés que connaissait le rock indé : cette surcharge de noms qui défile plus vite dans les pages du NME que dans les bacs ; ce nombre incroyable de groupes qui finissent par tous se ressembler sans donner à l’auditeur l’envie de les extraire de la masse. Surfer Blood est de cela. Il s’agit probablement d’un bon groupe mais l’envie est-elle là ?
« Floating Vibes » possède une certaine densité, le son est ample, et la mélodie ne cesse de se dérober. Pourtant on peut rapidement être un peu irrité par ce coté gentilles mélodies à la Beach Boys qu’on essaye de cacher artificiellement sous un mur de guitare. C’est cette contradiction entre adhésion et agacement qui sera souvent au cœur du débat. « Astro Coast » joue avec brio des différents niveaux de lecture. Effectivement, dans ses grands moments, il s’avère à la fois complexe et profond, sans jamais renier des mélodies power pop puissantes. Ainsi Surfer Blood rappelle indéniablement dans ces passages les plus rock le « Pinkerton » de Weezer (« Twin Peaks »). Mais, heureusement ou malheureusement, l’ouverture du groupe va bien au de là.
Les influences de « Take It Easy » semblent à la première écoute un peu opportunistes. N’a-t-on plus le droit de faire de la musique aux Etats-Unis sans afficher des influences world ? Faut-il faire vœux d’allégeance à Animal Collective et Yeasayer ? Doit-on forcement jouer de ces harmonies vocales pour s’assurer une place de soi chez Pitchfork ? Si la démarche intrigue, il faut bien avouer qu’on se trouve à un tout autre niveau de talent que chez Vampire Weekend, même si cela n'incite pas à baisser à sa garde.
Sur « Astro Coast », il faudra souvent faire avec ses émotions contraires, émotions de plus en plus difficiles à analyser du fait que la partie la plus sombre semble bien enfouie au plus profond du subconscient. Puis-je vraiment exprimer avec des mots ce que je n’aime pas sur « Anchorage » ?
« Harmonix » est un grand titre de pop bordé par des guitares protectrices et lumineuses. « Neighbour Riffs » est un instrumental qui laisse une basse quasi post-punk trancher l’album en deux parties. Alors qu’au contraire, le diptyque « Fast Jabroni » / « Slow Jabroni » ne jouera pas en la faveur du groupe de Palm Beach. La première partie rappelle le rock mièvre des insipides Girls et ses références trop forcées, tandis que la seconde ne provoque pas la moindre réaction épidermique.
Perdu au milieu de leur talent et de leurs choix artistiques discutables, je suis confusion. Définitivement le genre de disque sur lequel je vais changer d’avis tous les trois jours.
Note : 6,5/10







6 commentaires:
29 janvier, 2010
Ecouté vite fait, ça avait l'air pas mal
29 janvier, 2010
De mon côté j'ai beaucoup aimé, il y a juste la trois qui me semble incohérente du reste et comme tu dis "opportuniste", mais sinon c'est un chouette album ! Surfer Blood un nom à suivre !
29 janvier, 2010
Je n'ai qu'une écoute complète du disque derrière moi, mais je pense déjà rejoindre ta conclusion. :)
29 janvier, 2010
Toujours en contradiction avec le Best New Music, ça devient un peu l'anti-Pitchfork ici !
29 janvier, 2010
@Lucien et @Thibault F : Les impressions fluctuent vraiment d'une écoute à l'autre. A écouter pas mal de fois avant de se faire un avis :)
@Pierre : Je pense aussi qu'il s'agit d'un groupe à suivre, mais je reste on en peut plus méfiant sur l'aspect "opportuniste".
@Matt : Et bien écoute, c'est vraiment le hasard. J'aime beaucoup Pitchfork et je respecte énormément le travail qu'ils font. C'est dense et les textes sont bien écrits. Mes goûts divergent souvent des leurs mais lisant quotidiennement le site, il serait malvenu et déplacé de dire que je n'accorde aucun crédit à leur avis. Sans être La référence que certains essayent de nous faire croire, Pitchfork reste néanmoins un excellent webzine qui ne mégotte pas sur la richesse et l’exhaustivité du contenu. Pour revenir au Best New Music, j’avoue que je ne comprends pas leur enthousiasme autour de Beach House, Surfer Blood, Chralotte Gainsbourg et surtout Vampire Weekend, mais à côté de ça je plussoie sur Owen Pallett et Four Tet. Bref tout ça pour dire que les anti-Pitchfork de base m’énervent autant que les pro-Pitchfork aveugles. Les mecs ne possèdent pas le bon goût absolu (chose qui n’existe pas contrairement à ce qu’on l’air de penser certains) mais proposent du contenu écrit avec passion et je pense honnêteté. Encore une fois je n’en demande pas tellement plus à un site de musique :)
29 janvier, 2010
Eh bien, moi, ça fait au moins deux semaines 1/2 que j'apprécie beaucoup ce disque, sans changer d'avis tous les 3 jours :-)
Sur le débat Pitchfork, Best New Music, peu m'importe. Ces ressources ne me servent justement ... que de ressources. Je n'y vais pas très régulièrement, mais quand je m'y rends, je me prépare des petites listes avec ce que je n'ai pas encore "trouvé".
Après, tout avis est subjectif ...
ET de ce point de vue, je te rejoins sur le Beach House (fort agréable, mais ça manque un peu d'âme, ça ne me parle pas. Ca cherche trop à rentrer dans un créneau, sans déborder), Charlotte Gainsbourg (je me suis fait mon avis sans même l'écouter, et je n'en démordrai pas tant l'album précédent m'avait gavé. J'aime beaucoup la Charlotte actrice, par contre !), Vampire Findesemaine (pfffffffff ...), Owen Pallett (une 1ère écoute fort déstabilisante, sans trop savoir pourquoi, mais ça y est, j'ai trouvé la clé !). Four Tet, j'ai un peur de m'y risquer.
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