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BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB - Beat The Devil's Tattoo [7,5/10]

Black Rebel Motocycle Club Beat The Devil'S TattooRock américain / 2010. Je possède l’intégrale de la discographie du groupe, j’ai assisté à trois de leurs prestations live (dont le premier concert en 2002 au Trabendo), j’ai vu « Dig! » de Ondi Timoner, et pourtant malgré le monument de fureur rock qu’est « Take Them On, On Your Own », on ne peut pas dire que j’ai été 100% dévoué à la cause Black Rebel Motocycle Club. Le premier album posait les bases mais restait parfois trop scolaire, « Howl » m’avait trop fortement déstabilisé par rapport aux attentes électriques que j’avais placées dedans, « Baby 81 » avait un côté mosaïque hasardeuse qui négligeait les chansons et « The Effects of 333 » était resté enfoui sous une montagne d’albums instrumentaux lorgnant sur le stoner. Ainsi, autant le dire de suite, je n’étais en rien préparé à me prendre la claque « Beat The Devil's Tattoo » qui après presque 10 ans d’existence synthétise enfin toute l’essence et toutes les influences du groupe dans un brûlot rock rageux et cohérent.

En premier lieu, je retrouve sur de titres comme « Evol », tout ce que j’aimais sur « Take Them On, On Your Own » : cette capacité à laisser une complainte s’insinuer brillamment au point que si l’on dégraissait le titre de ses guitares, on se retrouverait avec un idéal single pop. Oui c’est ça, j’aime cette approche shoegaze qui inaugure sans arrêt de parfaites mélodies tout en ayant la modestie de les cacher sous la densité du son.

Et puis il y a cette brume, cette brume qui recouvre tous les titres, qui leur confère une production et une résonance toute particulière (« River Styx »). Les titres prennent la forme d’incantations indiennes démoniaques (« Beat The Devil's Tattoo ») et le groupe fonce tête baissée dans le brouillard à la rencontre de la légende (le très Rolling Stonien « Conscience Killer »). Ca tape fort mais toujours avec l’intelligence des ambiances, une sorte de fougue maîtrisée et canalisée. Leah Shapiro frappe avec noirceur et finesse, c’est crasseux et pouilleux (« Bad Blood »). Ca sent la sueur et la bière sur le quasi grunge « Mama Taught Me Better ». Ca transpire l’alcool sur « War Machine ».

De plus en plus à l’aise avec les ballades folk-country-rock, le Black Rebel Motocycle Club arrive même entre deux salves vindicatives à profondément émouvoir (« The Toll », et son harmonica lancinant ; « Sweet Feeling » et sa langueur automnale).

On regrettera quelques titres à la finalité discutable qui rappellent les mauvais sillons empruntés auparavant par le groupe (« Long Way Down ») ainsi que certains passages plus anecdotiques (« Aya ») pour se focaliser sur les grands trips psychédélique dans lesquels le groupe peut nous emmener à coup de guitares droguées, faussement en roue libre.

Après des turbulences du côté des fûts, après un retour salvateur à l’indépendance, après une certaine remise en question de sa trajectoire, Peter Hayes et Robert Turner réinventent le Black Rebel Motocycle Club autour d’un « Beat The Devil's Tattoo » qui prend appui sur des bases consolidées pour nous faire prisonnier de la fumée.

Note : 7,5/10

>> L'album est en écoute intégrale ici
>> A lire également, la critique de Thomas sur Le Golb

15 commentaires:

  Thierry

01 mars, 2010

Après deux écoutes, je reste pour l'instant un peu sur ma faim ...

  Lucien

01 mars, 2010

Pour moi Black Rebel Motocycle Club a toujours fait de grands albums est celui-là est purement dans la lignées des précédents

  Anonyme

01 mars, 2010

Il est tout bonnement génial, c'est vraiment un retour aux sources, j'écoute Conscience Killer en boucle. Merci pour cette première chronique

  Pierre

01 mars, 2010

Pareil Beat The Devil's Tattoo me parait bien supérieur à Baby 80 qui se mélangeait un peu les pinceau. Je ne parlerais pas de grand retour parce Black Rebel Motocycle Club n'était jamais vraiment parti et que l'album instru était pas mal, mais c'est vrai qu'il y a plus d'ambition ici !

  Thomas

01 mars, 2010

Exactement l'inverse des autres. Je ne trouve cet album franchement pas à la hauteur des précédents, j'y entends même quelques redites évidentes. En même temps ce qui est ironique, c'est que je lui mettrais sans doute la même note que toi. C'est dire si je place leurs autres albums hauts dans mon estime :-D

  Benjamin F

01 mars, 2010

@Thierry : Ouais c'est pas vraiment le genre d'album qui rassasie, c'est plus un album d'ambiance poisseuse comme je disais.

@Lucien : C'est sur que si t'aimais déjà Baby 80, celui là doit être un vrai kif :)

@Pierre : On est en phase, je n'ai pas non plus parlé "de retour" à proprement dit :)

@Thomas : On sait bien que tu files des bonnes notes super facilement :) Tu devrais vraiment le réécouter, il est bien supérieur à Baby 80 à tous les points de vue et notamment en terme de composition. C'est plus dense, plus cohérent et avec moins de remplissage.

  Thierry

01 mars, 2010

En fait, je suis 100 % d'accord avec Thomas, sauf en ce qui concerne la note (la mienne sera certainement inférieure).
Comme je l'avais dit sur Le Golb, c'est bien fait, certes, mais assez gavant sur la longueur. Comme quoi, je suis pour l'instant assez rassasié ;-)

  Anonyme

01 mars, 2010

BRMC !!! Enfin un groupe de néo-rock qui n'était pas qu'un phénomène de mode !

  Nathan

01 mars, 2010

Bon, il y a un problème. Moi aussi je place "Take Them On, On Your Own" comme le sommet du BRMC avec un "Six Barrel Shotgun" comme morceau ultime, le nouveau "Raw Power" quasiment.
"Baby 81" je l'avais trouvé très bon. Et là... Beh c'est fade non ? C'est un peu mou je trouve. Ca reste bon, mais vraiment décevant.

Voilà ce que j'en dis : http://brainfeedersandmindfuckers.blogspot.com/2010/02/le-club-des-mobylettes.html

  Benjamin F

01 mars, 2010

@Nathan : Yeap j'avais lu mais j'ai du mal à comprendre :) C'est l'inverse pour moi Baby 81 était fade alors que Beat The Devil's Tattoo a vraiment un aspect rugueux dans sa production et dans sa manière de planquer les mélodies. C'est certes moins direct, mais il tournera bien plus longtemps sur ma platine.

  Nathan

01 mars, 2010

Il y a vraiment un problème alors ! J'ai eu un faux leak ou quoi ?
Bon, aucun rapport, mais t'as pensé quoi de Nana Grizol ?

  Benjamin F

01 mars, 2010

@Nathan : Ah bah là dessus pas de surprise, le Nina Grizol poutre sec :) !!! Pour le BRMC, il en écoute sur MySpace donc tu peux aisément vérifier :)

  Nathan

01 mars, 2010

Ouais, et j'ai le bon, et c'est toujours aussi fade... :p
Et tant mieux pour le Nana Grizol alors.

  kitsune

17 mars, 2010

On plonge entièrement dans une atmosphère étouffante de sueur et d'alcool comme tu dis.
Pas mal pour se faire la route 66 tout en fumant sa clope tranquillement chez soi... :)

  Benjamin F

17 mars, 2010

@Kitsune : Yeap et avec un verre de whisky en prime :)

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