Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

LOST – Saison 6

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
9 /10

[ATTENTION SPOILERS : A NE LIRE QU’APRES AVOIR VU L’INTEGRALITE DE LA SAISON] Rarement une série n’aura autant puisé sa force dans sa capacité à décevoir. Chaque épisode, chaque minute de la saison 6 de Lost se fonde sur un mode déceptif où les réponses attendues ne cessent de se transformer en ellipses. Pourtant personne n’avait promis de réponse, seul l’inconscient collectif s’était imaginé qu’il devait en être ainsi. Dans l’épisode 15 « Across The Sea » (un des épisodes les plus importants de la série en termes de symboliques), la « mère » dit à Claudia que chaque question n’apportera que d’autres questions. Ce dialogue permet d’officialiser les décisions : Lost ne s’enfermera pas dans des explications didactiques et continuera de privilégier le récit au puzzle.

De par sa force de volonté et sa non remise en cause de son scénario sous le poids des inouïes attentes que le public faisait peser sur elle, Lost est une œuvre prophétique qui ouvre une nouvelle voie. Alors que chaque année l’appropriation du peuple était plus forte, alors qu’à chaque saison on essayait de dépeupler les auteurs de leur création en multipliant les axes d’analyse et les préconisations quasi dictatoriales, Lost n’aura jamais déplacé le curseur ou affiné certaines orientations pour répondre aux fameuses attentes. Alors que tous les éléments étaient réunis pour en faire une œuvre collaborative mondiale où chacun apporterait sa vision du scénario, la série sera toujours restée une entité opaque, une œuvre dans laquelle nul n’avait le droit d’innocemment pénétrer. Mine de rien il en fallait de la volonté pour rester aussi droit dans ses bottes, aussi fidèle à ses idées. Oui Lost ne cesse ici de décevoir mais c’est pour mieux affirmer qu’il ne s’agit pas d’un divertissement dont on pourrait réadapter la finalité en fonction des envies de chacun.

Ainsi, en six ans, Lost ne se sera jamais détourné une seule seconde des fondements se son génie, à savoir son schéma narratif et sa manière de créer une nouvelle mythologie. Ainsi, qu’il s’agisse de la régularité dans l’utilisation des flashs ou du maintien de son rythme particulier, le schéma narratif n’aura jamais subit de perturbation. La cohérence du tout n’est jamais entachée ; personne ne succombe à un réajustement qui permettrait au dernier moment d’accélérer le processus. Non malgré les années qui les séparent, malgré le format série et les aléas que connait le genre en terme de gestion des équipes, le S6EP18 ne jure en rien face au S01EP01. Une telle homogénéité est si rare qu’elle suffit à elle seule à donner des frissons, avec cette façon de souligner d’un air moqueur : « non ce n’est pas parce que nous sommes à un quart d’heure de la fin que les personnages vont arrêter de marcher dans la jungle ». De plus, la mise en place de la mythologie ne s’abaisse jamais à donner des explications à des choses qui ne relèvent pas du domaine de l’explicable. On ne s’interroge pas sur comment fonctionnent les ailes d’Icare ou d’où vient l’énergie qui permet à Zeus de lancer des éclairs, et il n’y pas de raison à s’offusquer des métamorphoses de la fumée noire ou de l’origine scientifique de la répétition des chiffres.

La vérité, c’est que tellement blessé par notre passé, par ces ruptures dont on ne nous a jamais expliqué le sens (X-Files), par ces histoires d’amour qui n’ont jamais fini et qui sont restées lettres mortes (Profit, Deadwood), nous vivons dans la suspicion, dans la crainte qu’on se joue une fois de plus de nous. C’est vraiment comme avoir été trompé par un grand amour et ne pas réussir à aller de l’avant (alors qu’il ne s’agit au fond que de cela : « Move On »). Non il ne faut pas vivre dans la méfiance et ne voir qu’arnaques et manipulations, il faut accepter les sens cachés et se délecter des non-dits et de la retenue. Au fond, Lost, de par son exigence et sa cohésion, se rapproche bien plus du monde de l’animation japonaise et de ses scénarios mystérieux et alambiqués où les questions sont toujours plus nombreuses que les réponses. Oui de par son attrait pour le mythe, la science-fiction et les personnages que ne parlent que par indices, Lost est tout autant à rapprocher en termes d’ambiance d’un Serial Experiments Lain, d’un Raxephon ou d’un Ergo Proxy, que des grands noms du genre.

Les personnages et les thèmes sont toujours plus importants que le déroulement complet du récit, et ce n’est pas pour rien si l’on peut plus facilement décomposer l’histoire de Lost par thématiques (la foi, la rédemption, le bien et le mal, la trahison, la famille, les interactions, les messagers…) que par période. En réalité, l’intégralité de l’histoire et des enjeux pourrait être réécrite à travers le spectre des thèmes et des oppositions de personnages. L’opposition Jack vs Locke traite des évolutions de la foi, et Lost conte principalement l’histoire d’un homme (Jack), scientifique empli de cartésianisme , à la fois gendre idéal et incarnation du boy scout à l’américaine, qui va peu à peu voir les fondements de sa vie, les bases sur lesquels il avait bâtit sa personnalité être ébranlés, malmenés puis finalement détruits au point de provoquer chez lui un phénomène de déconstruction/reconstruction psychologique. Il ne s’agit pas d’un revirement inopiné mais justement d’un des plus crédibles parcours initiatiques porté par un Matthew Fox qui se réinvente complètement passant de héros de blockbuster à héros de tragédie. Face à lui, le brillantissime Terry O’Quinn connait le parcours inverse, d’abord homme de foi au travers d’un John Locke dans lequel on pouvait voir un élu encore plein de doute, il finit par incarner au travers de la fumée noire celui qui ne cesse de manière pernicieuse de nier la réalité du mythe (et de la foi) tout en étant une partie d’elle-même. La progression dans l’inversion de leur duel constitue ainsi un des piliers de la série. Des typologies semblables mais sur des thèmes différents peuvent être trouvées dans les oppositions Jack vs Sawyer, Desmond vs Ben, Richard vs Ben, et évidemment Jacob vs La fumée noire.

L’équilibre du monde a été modifié par l’arrivée de celui qu’on n’attendait pas, de celui qui n’a pas de nom. Le péché originel se traduit par le meurtre d’Abel par Caïn (on repense au « Cain portant le corps d’Abel » de Alexandre Falguière). Locke se trompait, ce n’était pas Adam et Eve mais Eve et Abel. Il en découle la naissance du bien et du mal, de l’opposition blanc/noir, eau/feu (comme on peut le constater à l’intérieur du cœur de l’île). Le monde devient une allégorie du jeu auquel jouaient Jacob et son frère, un jeu où chacun déplace ses pions, le premier en essayant d’intervenir au minimum, le second en inventant ses propres règles du jeu. C’est par ce jeu de manipulation et de mensonge que La fumée noire déplacera à sa place les pions de Jacob en prenant le contrôle de Benjamin Linus.

Une fois encore il s’agit ici de mythe, mythe qui englobe légitimement des problématiques religieuses mais sans que celles-ci soient au cœur du débat : le fait de croire est plus important que ce en quoi l’on croit. A ce niveau là, la fin qui possède volontairement plusieurs niveaux de lecture reste, de manière assez identique aux ressentis provoqués par une œuvre d’art contemporain, soumise à une interprétation très personnelle. Un des premiers niveaux de lecture est de considérer la réalité paral
lèle comme un purgatoire déconnecté de toute réalité temporelle où les âmes des protagonistes finissent par se retrouver ensemble indépendamment du temps qui séparent leur mort. Les disparus y auraient recréé une existence fictive où ils vivraient dans l’attente de la révélation de Desmond et dans l’optique de pouvoir aller de l’avant « ensemble », prônant ainsi l’idée que l’épreuve du passage dans l’autre monde doit être supportée conjointement avec les gens qui ont le plus compté dans votre vie. Cette théorie s’appuie sur le rôle central d’un prophète qui après avoir connu une near-death experience après avoir été soumis par Charles Wildmore à une forte pression electro-magnétique aurait pu entrevoir ce monde alternatif et le fait que quoiqu’il advienne, ils seraient à un moment ou un autre tous réunis. Cependant cette hypothèse est remise en cause par la présence des morts dans les visions d’Hugo. Comment un Charlie Pace pourrait donner des clefs de compréhension aux vivants alors que son âme est elle-même captive d’un monde imaginaire ? Et surtout plus important, en quoi l’existence d’un purgatoire serait-elle liée à la mythologie de l’île ? Car dans l’idée, on pourrait intégrer cette notion de réalité alternative à n’importe quelle histoire. D’où deux possibilités, soit les auteurs ont justement voulu nous (ré)indiquer que la résolution n’avait pas d’importance et que seul comptait ce qu’avait vécu les personnages, que le mythe n’était qu’un prétexte pour glorifier les interactions humaines, soit cette théorie est à exclure.

Malgré ses écarts, Lost a encore une fois toujours accordé une importance capitale (première) à sa mythologie. Ainsi et c’est la thèse que je retiendrai, on peut considérer la réalité alternative comme les dernières visions d’un Jack Shephard agonisant. Pour cela il faut remonter à la signification du cœur de l’île. La lumière qui y brille et les ténèbres que le bouchon protège en font un temple où se confrontent le Paradis et les Enfers, un lieu à même de prononcer le jugement dernier. Et c’est bien ce qu’il s’y passe lorsque les hommes y pénètrent. Les humains y meurent (les squelettes qui ornent la salle), les anges, émissaires de Dieu, s’y déplacent à leur guise (Desmond), les démons y sont condamnés (le frère de Jacob devient la fumée noire après y avoir été soumis, ses vices se retrouvent amplifiés et il devient à jamais prisonnier de l’ile), quant à Jack, protecteur désintéressé et dévoué à la cause, il sera récompensé pour ses actions. C’est via le spectre de cette récompense qu’il faut peut être comprendre les flashs alternatifs : ceux-ci seraient le monde offert à Jack pour le remercier de ses actions, une nouvelle vie (fictive mais réelle pour lui) où seuls les côtés positifs de l’île seraient conservés, un univers désossé de ses drames où seule la pureté des histoires d’amour et la vérité des amitiés fraternelles perdurent.

En jouant la carte d’une fin poétique au détriment d’une fin explicative, Lost pose de nouvelles questions et élève le débat notamment sur la représentation. Le monde n’existe-t-il que via le regard de l’homme ? Et si oui que ce passe-t-il lorsque les yeux se ferment ? Plusieurs phrases de Merleau-Ponty viennent à l’esprit lorsque le dernier Lost empli l’écran, de « Ce qui n’est que vécu est ambivalent ; il y a en moi … des bonheurs faux où je ne suis pas tout entier » à « L’énigme tient en ceci que mon corps est à la fois voyant et visible ».

Note : 9/10

>> A lire également, l’article de Thomas sur Le Golb

26 commentaires
  • Maximilien
    28 mai 2010
    Et bien quel article !!! Perso j’en étais resté à la première théorie, mais j’aime énormément ton analyse avec le coeur de l’île qui générerait des résultats différents selon le profil de la personne qui s’y introduirait. Après avoir lu ça, je me sens un peu honteux d’avoir été comme tout le monde déçu…

  • La Louve
    28 mai 2010
    Passionnante analyse. Moi qui cherchait des explications et qui avait la flemme de lire des forums, me voilà servit. Sinon, même si je vois où tu veux en venir, je suis quand même un peu déçu qu’il n’y ait pas plus d’explications sur les chiffres notamment

  • Pierre
    28 mai 2010
    Bon j’avoue avoir trouvé la fin un peu branlette au départ mais j’aime beaucoup comment tu arrives à donner de corps à quelque chose qui me paraissait être juste une pirouette. Comme quoi, contrairement à ce qu’en dise certains, on a plus que jamais besoin de bons critiques !

  • Thomas
    28 mai 2010
    Je ne dirais pas que nos analyses convergent réellement… en fait dans le fameux article de mercredi prochain (tout comme dans celui de mercredi dernier d’ailleurs), je n’ai pas vraiment analysé les mêmes aspects que toi, donc je dirais que ça va se compléter plutôt que converger.

    En fait, ce qui est fascinant avec Lost, c’est qu’elle se prête à toutes les interprétations possibles. Par exemple tu en fais une lecture partiellement biblique ; je pourrais en faire l’exact inverse. Et aucune des deux visions ne serait fausse, ni vraiment inattaquable. C’est déjà plus ou moins ce que je me disais l’an passé quand j’écrivais un article sur John Locke uniquement sous l’angle messianique : peut-être étais-je totalement à côté de la plaque… mais il était quasiment impossible de le prouver :-)

    Un regret toutefois – que j’ai déjà émis ailleurs : quand tu parles de scénaristes restant droits dans leurs bottes, je ne suis pas sûr à 100 %. La manière dont ils balancent des réponses à tourne-bras dans la première moitié de la saison (satisfaisante ou pas, c’est une autre histoire) est tout de même, à mon sens, une concession faite aux fans et aux spectateurs d’une grande chaîne mainstream US. Je suis sûr que dans leurs rêves, ils aspiraient à bien plus de radicalité. C’est d’ailleurs un reproche que j’aurais à faire à cette saison, qui a parfois eu tendance à trop ménager la chèvre et le chou…

    Bref, c’est un bel article et je suis vraiment content de voir qu’il n’y a pas que des gens qui ont détesté cette chute (ceux-là font tout de même beaucoup de bruit depuis dimanche dernier !). Finalement, notre seul point de divergence, c’est que je trouve que pour cette seule saison, 9/10, c’est super bien payé ;-)

  • Christelle
    28 mai 2010
    Très bon point de vue que je partage à peu de choses près (le côté biblique n’est pas mon truc). Par contre entièrement d’accord sur le point que Lost est une série mettant en avant les personnages et leurs parcours initiatiques. Pour cette saison, forcément un peu déçue car n’a pas répondu à toutes mes questions (était-ce bien là l’essentiel? je ne crois pas), mais certainement acquise à la cause car à aucun moment, Lost n’a trahi ses personnages et c’était bien là le plus important.
    Christelle

  • Nathan
    28 mai 2010
    @La Louve : Il y a eu une explication sur les chiffres. Ils étaient les nombres des candidats. C’est dans le cinquième épisode je pense, de l’ultime saison.

    Bon, moi je suis d’accord à 100% avec Benjamin. J’ai trouvé ce final brillant. Parce qu’ils ont réussi à nous perdre dans des trucs qui servaient à rien, avant de finir en beauté. Le double dernier épisode est géant, parce que c’est un contre-pied magnifique. Lost est emprunt d’une tradition judéo-chrétienne. L’île serait l’enfer.
    Et hop, l’air de rien, une conception grecque prend le dessus. Non pas l’enfer, mais la porte des enfers. Le Cocyte même. Là où les âmes troublées se perdent et obtiennent leur pass pour les Champs Elysées. (Jacob dit bien « you were all miserable »).
    Tout ça n’est qu’une station de correspondance entre la jungle et la lumière (la paix, l’amour etc – cliché mais efficace-).

    Les six saisons sont devenues un chemin, une éducation pour ces morts tourmentés qui errent. Ils essaient de s’arracher à cette condition (sortir de l’île) mais y reviennent, avant de l’accepter (« to let go » comme ils disent), tous ensembles, et cela a pris un temps différent pour chacun.

    Et dans cette trame, d’innombrables thèmes sont abordés. Le bien et le mal, la science et la foi… etc. (D’ailleurs, sur les vitraux des derniers plans, il y a les symboles des religions plus importantes. La foi -et l’amour- priment sur la manière de croire, au final).

    Rien que pour son final, cette saison mérite 9/10, oui. J’approuve carrément.

  • Thierry
    28 mai 2010
    Oui … mais non !

  • Benjamin F
    28 mai 2010
    @Maximilien : Il n’y a pas à se sentir honteux :) La déception est une réaction normale après avoir vu la fin, ça fait partie du jeu. C’est juste qu’il faut considérer cette déception comme une force, comme quelque chose qui t’oblige à aborder l’oeuvre différemment.

    @La Louve : Oui comme le dit Nathan, on sait clairement d’où viennent les chiffres. Après si on ne sait pas pourquoi ils reviennent ainsi, il faut juste considérer ça comme une part de la mythologie.

    @Pierre : Merci :) Après ce qui est bien avec Lost, c’est que ce ne sont pas les critiques qui ont les clefs mais les passionnés. Je suis sûr que tu pourras trouver sur le net des dizaines d’articles bien plus poussés que le mien.

  • Benjamin F
    28 mai 2010
    @Thomas : Pas facile de savoir tant que je ne t’aurai pas lu mercredi, mais la complémentarité m’irait bien :)

    C’est marrant en écrivant, je n’avais pas l’impression d’en faire une version ne serait-ce que partiellement biblique. Au fond, je ne pense nullement que Lost ait attrait à la religion, je pense juste qu’ils inventent un nouveau mythe et que ce mythe puise des choses un peu partout y compris dans la Bible et dans la notion de jugement dernier.

    Je vois ce que tu veux dire pour le chèvre et la choux, mais je ne trouve nullement les réponses si frontales. Non vraiment je n’ai pas ressenti ce compromis.

    Pour ce qui est de la note, elle est évidemment exagérée et ce pour une double raison : Un, je n’avais encore jamais critiquer une saison de Lost et cette note s’applique en réalité à l’ensemble de la série ; deux, les réactions négatives autour de la fin et les retournements de veste me poussent à marquer et à affirmer ma passion pour l’oeuvre.

    Si je devais donner une vraie note que à cette saison, je mettrais probablement 8/10.

  • Benjamin F
    28 mai 2010
    @Christelle : Oui c’est ça, Lost préférait trahir son public plutôt que ses personnages. Sinon comme je le disais à Thomas, ma vision biblique est vraiment à relativiser.

    @Nathan : Bien vu pour le Cocyte et pour le passage de la vision judéo-chrétienne à des références à la mythologie grecque. J’aime bien également l’idée d’éducation pour les morts tourmentés :)

    @Thierry : lol je sais bien ce que tu en as déjà dit chez Thomas mais sur ce coup je pense vraiment que tu passes à côté du truc :)

  • Diane Cairn
    28 mai 2010
    en gros David Lynch avait déjà tout compris avec le dernier épisode de Twin Peaks ( ma génération, enfin j’avais genre 15 ans à l’époque) mais Patrick McGoohan avec son Prisonnier c’était le même crédo. C’est intéressant comme on on encense des Lynch, Godard et autres déstructeurs en matière*
    et que en matièr de série on soit encore si frileux, alors que le travail a déjà été fait pis bon les geeks fan de lost y doivent connaître aussi silent hill pour certains, qui n’est pas connu pour son explicationnage de tout et rien …

    (expression copyright d’un chef dans bon appétit bien sur concernant la cuisson d’un gateau au four)

  • Benjamin F
    28 mai 2010
    @Diane Cairn : Oui tout cela est lié au positionnement encore bâtard des séries et au fait qu’elles ne sont pas encore que rarement considérées comme des oeuvres d’art à part entière. Du coup c’est effectivement bizarre de voir les gens s’offusquer pour une approche qui les aurait ravi ailleurs.

  • Anonymous
    28 mai 2010
    J’aime bien cette théorie qui diffère un peu de tout ce qu’on a pu lire sur le net, et des conneries comme quoi toute l’histoire ne serait qu’un rêve de Jack. C’est une bonne analyse qui est dans l’entre-deux.

  • La Louve
    29 mai 2010
    Oui enfin ça reste quand même bien opaque cette histoire. Ok ce sont les numéros des candidats mais quel est le rapport avec la trappe, le loto & co ? C’est un peu facile de dire que la mythologie explique tout :)

  • Laurent
    29 mai 2010
    Quelle lecture passionnante – celle que tu fais de la mythologie de « Lost » comme celle à laquelle tu nous convies avec un tel savoir-faire littéraire !

    Passant en coup de vent (et la lecture de cet article fleuve m’ayant déjà accaparé un certain temps), je n’ai pas l’occasion de rédiger un commentaire plus nourri ; mais pour résumer, il me semble que les réponses données ont dû être planifiées et ne répondent pas à une stratégie visant à donner au public ce qu’il attendait.

    En tout cas, tout me paraît – quoi qu’en pense La Louve, pourtant habituée aux mythes gémellaires – relativement explicite dans le dénouement. Même ce qui a fait râler bien des fans (quand saura-t-on le pourquoi de Walt, de ses pouvoirs, de l’intérêt suscité auprès des Autres) me paraît facilement explicable : considéré comme le candidat idéal au même titre qu’un jeune Ben avant d’être jugé inutile…

    La question la plus passionnante et le mystère qui subsistera longtemps étant celui-ci : qui, de Jacob ou de son frère, représente vraiment le bien et le mal, si tant est que cette notion ait encore du sens au terme de la saison 6 ? Le bien de l’île a-t-il un quelconque lien avec celui de l’humanité ? Ne pas savoir ça, ignorer pour quelle cause Jack s’est réellement sacrifié, voilà bien le plus torturant.

  • Benjamin F
    29 mai 2010
    @Laurent : Merci beaucoup mec pour ton commentaire :) Oui désolé pour la taille de l’article mais c’était difficile à aborder de manière plus synthétique. Je suis vraiment d’accord avec toi, la majorité des mystères non expliqués peuvent être aisément déduits.

    Je pense que Jacob incarne forcément le bien ; la mythologie ici n’est pas pernicieuse. Et oui l’île a pour moi vraiment un lien avec l’humanité. C’est à la fois une source de vie et la prison du mal.

  • Laurent
    31 mai 2010
    La longueur de l’article n’est en rien un problème, bien au contraire !

    Sinon, tu as probablement raison pour la distinction manichéenne (dire que c’était en germe dès le départ avec le backgammon de Locke), mais je ne peux m’empêcher de me demander : qu’est-ce que le frère de Jacob a réellement fait de mal sinon frayer avec les humains ?

    J’ai plutôt pensé au mythe de Prométhée, puni par les dieux pour avoir eu trop d’affection pour les mortels. Et Jacob est un homme de foi qui, au même titre que Locke au départ et Jack sur la fin, suit aveuglément la lumière sans savoir ce qu’elle sous-tend.

    Mr Eko ne meurt-il pas d’avoir trouvé un sens à sa vie (comme Kate qui cesse d’être candidate quand elle devient mère ; au fait, Claire était-elle déjà morte en 2004 et, si oui, est-ce pour la même raison ?) ? Et pour revenir à Eko, donc, meurt-il d’avoir adoré d’autres idoles que celles qui justifient l’île ? Bon, j’arrête parce qu’on n’en sortira jamais évidemment, mais je reste à moitié sceptique quant à la bonté réelle de Jacob qui, enfant, n’a jamais eu d’autre qualité que celle de manquer d’esprit critique et devient archange par défaut.

  • Heebooh
    5 juin 2010
  • Benjamin F
    5 juin 2010
    @Laurent : Je viens de poursuivre cette discussion avec mon frère et ça mériterait presque un second article. Mais oui après réflexion, il y a peut être légitimité d’une vraie remise en cause de la bonté de Jacob.

    @Heebooh : Ah ah énorme. Ou est-ce que t’as déniché ça ?!

  • Nathan
    29 juin 2010
    Je reviens là-dessus alors que la critique est enfouie, mais j’ai eu une illumination. Lost c’est exactement, précisément, Stalker de Tarkovski. Un lieu étrange où il se passe des choses étranges. Où il y a un « coeur » magique. Et qui finalement, n’est qu’une quête initiatique pour découvrir qui on est.
    Avec des sacrifices, des scientifiques et des pros de l’entourloupe.

    Ça colle parfaitement.

  • Benjamin F
    30 juin 2010
    @Nathan : Ah je ne l’ai jamais maté (il faudrait, je sais^^) mais c’est fort possible. Sinon dans le même esprit, l’article de GT est vraiment super intéressant :

    http://www.musiclodge.fr/article-lost-in-creation-52618973.html

  • Anonymous
    10 juillet 2010
    Intéressant cet article surtout qu’il se rapproche de ma vision de la série à ses débuts !

    Je me rappelle qu’il y a 6 ans, j’étais convaincue que tout le monde était mort et que les personnages étaient au purgatoire pour expier leurs « pêchés » avant de continuer leur chemin.

    J’avais abandonné cette théorie dès la 2e saison et là, poum, elle me revient comme un boogmerang…

    Mais en fait, j’ai adoré le final vraiment pour sa mise en scène avec Jack marchant dans la forêt de bambous, s’écroulant dans la clairière, regardant l’avion voler et fermant l’oeil au dernier plan.

  • Tasse à Thé
    11 juillet 2010
    Merci pour cette explication, qui ouvre de nouveaux horizons !
    Pour ma part, j’hésite entre le purgatoire, commun à tous, et un purgatoire « spécial jack »… son père ne lui dit-il pas qu’il est réél, que tous ces gens sont réels ? que c’est un endroits qu’ils sont créés ensemble pour se retrouver, pour se souvenir ? ça laisserait penser qu’ils s’agit d’une démarche commune…. D’un autre côté, je n’arrive pas à concevoir que Sayid est besoin de Shannon pour poursuivre sa route, il me semble que ce n’était pas elle la femme de sa vie… De même que Henry et Rose se suffisent à eux-mêmes, ont-ils vraiment besoin de tous les passagers du vol ? Sawyer et Kate n’auraient pas trouver le bonheur après leur retour ? alors peut-être est-bien une vision spéciale Jack…

  • Nathper
    22 août 2010
    @tous : Profitez de la redif, cet été, sur Arte, de la série culte « le Prisonnier »…Je n’ai rien trouvé de mieux depuis dans le genre.
    Bonjour chez vous ;)

  • Zephir
    22 février 2011
    Je suis en retard mais très belle analyse :)
    La saison 6 conclue d’une très belle manière la série, mais pas d’une manière explicative comme tu l’as développé. Cependant, je trouve qu’elle est un peu inégale au niveau du rôle des épisodes.

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