Metal Hardcore Américain / 2010. Daughters partage avec Yellow Swans un goût pour les finals explosifs. De la même manière que le second a disparu de la surface de la terre suite à son brillant « Going Places », les américains font de leur éponyme une étoile filante qui marque également le split du groupe qui aurait pu devenir l’un des grands noms du genre.
Les titres sont parcourus par une inexorable tension qui ne manque jamais de précision (« The Firdt Supper »), et d’une certaine manière on y retrouve à la fois la brutalité des instrumentations de Converge (avec certes moins de technicité) comme sur « Sweet Geogia Brown », et la spontanéité d’un At The Drive In, pour un entre deux succulent rappelant l’étrange positionnement de groupes comme The Blood Brothers. Oui Daughters s’appuie toujours autant sur le mathrock que sur le hardcore et le grindcrore (« The Virgin »).
Le groupe joue brillamment avec les phénomènes de suspension, réussissant par moment à canaliser l’énergie dégagée et à appliquer pendant quelques fractions de secondes un effet de slow-motion (« The Hit »). Mais la principale caractéristique de Daughters, c’est cette impression sans cesse renouvelée qu’un véritable générateur électrique alimente les riffs comme si ces derniers pouvaient tourner infiniment, approvisionnant ainsi tout au long de l’année le peuple en énergie convertissable (« The Theatre Goer »). Oui Daughters est une centrale nucléaire, et porte en son sillon les mêmes polémiques. N’y a-t-il pas un risque à long terme pour la santé mentale de laisser les assauts de Brent Scott Frattini (ex-the Cancer Conspiracy) irradier votre cerveau ? « Our Queens (One is many, many is one) » symbolise ce réacteur à uranium qu’on aurait oublié de refroidir au dioxyde de carbone. L’eau sous-pression ne réussira pas à modérer indéfiniment la machine (« The Dead Singer »).
Aussi dense que « Hell Songs » (mais donc pas plus varié), cet album eponyme fut la dernière salve avant l’implosion. Si de par l’isolation de son style, les répercussions auront facilement été contenues par l’Etat et que la catastrophe ne viendra jamais hanter les pages de l’histoire, il en résulte cependant un décrochage fort dans la courbe de production énergétique mondiale.
A noter que Nicholas Sadler officie désormais chez Fang Island où ses riffs créent le décalage précédemment évoqué.
Note : 7,5/10







19 commentaires:
28 juin, 2010
Je suis passée...
mais, nan,nan,nan pas le métalcore :p
28 juin, 2010
J'avais essayé quelques morceaux au moment de la critique de Guillaume, sans véritablement accrocher, comme tu peux t'en douter.
J'essaierai de goûter à nouveau ce jour !
28 juin, 2010
Moi j'aime beaucoup. Voix scandée + riffs très noise, je peux qu'adhérer. Par contre j'étais pas au courant de la connexion avec Fang Island !
28 juin, 2010
Ça a l'air pas mal après l'écoute des deux morceaux sur le myspace. Faudrait qu'ils aient un son beaucoup plus sale et ce serait vraiment cool.
28 juin, 2010
Ne faudrait-il pas que tu mettes un "e" majuscule à "l'état" si tu parles de l'institution, cela m'a quelque peu troublé.
28 juin, 2010
J'avoue être assez perplexe face à ce DAUGHTERS encensé par GT (avec qui je partage au moins l'engouement de Janelle Monae ;-))...
Au-delà du boucan des guitares qui peut-être "sympathique", je suis surtout gêné par la voix du chanteur, une sorte de David Yow en pire - jamais tellement aimé JESUS LIZARD, de toute façon, oups...
Ceci fait que j'arrive à peine à écouter l'album en entier... et ce n'est pas faute d'avoir essayé à moult reprises!
SysT
28 juin, 2010
@Catnatt/Belam : En fait l'appelation metalcore était un peu trompeuse parce qu'elle pouvait faire référence à des groupes comme Hatebreed (ce qui n'est pas tout à fait le cas). Du coup j'ai opté pour Metal Hardcore (tu sens bien la subtilité hein^^ même s'il manque le mot noise).
@Thierry : Non je suis un peu surpris tant depuis que tu écoutes du black, tout est possible :)
@Julien : Pareil je n'ai réalisé que bien après le lien. Du coup j'ai vraiment découvert les deux indépendamment.
28 juin, 2010
@Nathan : Non mais avec toi le son est jamais assez sale :) Même Buzum passe pour une fillette ! Il faudrait limite que tu reproduises les disques derrière :)
@Anonyme : Ah serait-ce un lapsus révélateur de ma faible considération pour les institutions ? Bon non c'est juste une coquille et c'est corrigé ! J'avoue que ça voulait pas dire grand chose avec un "é" :) Merci pour la remarque.
@Systool : Tiens c'est marrant, je n'ai pas du tout fait de lien avec Jesus Lizard. Et même maintenant que tu me le dis, ça ne me saute pas aux oreilles. C'est moi ou en ce moment t'as du mal à trouver ton bonheur dans les sorties metal (rassure toi c'est pas la folie non plus pour moi^^).
28 juin, 2010
Mes vrais "coups de coeur" dans le domaine restent très très très rares. Tu n'imagines même pas les tonnes de mp3 que je peux balancer à la corbeille au bout de quelques secondes. ça passe ou ça casse ^^
28 juin, 2010
Mon bonheur dans le metal? En effet... pas une grande année, à moins que ce soit moi qui me désintéresse largement de ce style (hypothèse plus probable)
SysT
28 juin, 2010
Le Doc vieillit, doucettement :-)
28 juin, 2010
Après avoir écouté l'album en entier, je reste sur le "c'est pas assez crade", mais la similitude avec les Blood Brothers est bien vue.
Mais c'est vraiment chouette, surtout la voix du mec.
28 juin, 2010
@Systool : Oui c'est devenu une question récurente : est-ce que je n'écoute plus de metal parce que je n'aime plus ça ou parce qu'il n'y a rien dans le style en ce moment qui soit de nature à me satisfaire ? Je pense qu'il s'agit de la deuxième raison mais je voidrais bien qu'un album vienne definitivement me le prouver (Un truc plus tranché que ce Daughters).
@Thierry : On en est tous là :)
@Nathan : Bon c'est déjà ça. En ces temps de pénurie métallique, il faut savoir être raisonnable.
29 juin, 2010
Moi je maintiens : ce truc est d'une puissance incroyable et c'est vraiment finement composé. J'ai rien contre les Blood Brothers, mais bon, c'est quand même pour moi 10 crans en dessous !
29 juin, 2010
@Julien Lafond-Laumond : Complètement en phase. D'ailleurs au fond, je n'ai vraiment jamais totalement adhéré au Blood Brothers...
29 juin, 2010
Je ne connais pas mais j'adore la pochette. J'essaierai d'écouter leurs morceaux sur myspace. (D'ailleurs y a beaucoup de tes chroniques qui éveillent ma curiosité mais les artistes sont souvent introuvables en "écoute libre".)
29 juin, 2010
@Dom : Oui je sais bien et j'en suis le premier désolé. Si l'album est en écoute sur Spotify ou ailleurs, j'essaye de toujours donner un lien mais malheureusement, il arrive que le disque ne soit disponible nul part ou que je n'ai pas trouvé où :(
(J'avoue aussi d'avoir parfois un peu la flemme d'aller checker sur toutes les plateformes^^)
02 juillet, 2010
Vu que je suis un type vraiment chou, voilà un lien en streaming :
http://listen.grooveshark.com/#/playlist/Daughters+Daughters/28287873
D'ailleurs, pour ce qui est de la pochette, il en ont sorti plusieurs (des variations dans le même style "affiches US des années 50", des portraits de femmes éplorées), mais je ne sais pas combien de différentes. Déçu qu'ils aient splitté, ce disque est tout de même sacrément bien foutu et assez imparable... Je suivrai leurs futurs projets, mais Fang Island, de loin, ça me tente moins.
02 juillet, 2010
@Dahu Clipperton : C'est vrai que t'es un type chou, d'ailleurs j'ai rajouté ton lien en bas de la critique :)
Oui j'ai vu quelques une des différentes pochettes et elles sont vraiment très réussies. Pour la suite, j'avoue que comparé à ce disque Fang Island n'a pas fait grand chose pour accrocher l'oreille...
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