Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

TRAMPLED BY TURTLES – Palomino

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
8 /10

Originaire de Duluth dans le Minnesota (comme le rappelait leur album de 2008), Trampled By Turtles est un quintet bluesgrass qui inocule au style une énergie nouvelle sans pour autant jamais avoir recours à d’autres instruments, sans jamais essayer de faire évoluer le genre musical en lui offrant des ouvertures et des lieux de rencontre avec des genres plus contemporains. L’ambition du groupe tire sa noblesse dans sa volonté de révolutionner sans jamais corrompre.

Ainsi on retrouve sur ce sixième album en 5 ans, toutes les caractéristiques du style : le recours unique à des instruments acoustiques (guitare, contre-basse, banjo, mandoline et violons), les harmonies vocales à quatre voix (même si Dave Simonett reste le plus souvent en avant), le jeu des solos par intermittence… A part le plus country « Bloodshot Eyes », du fait de l’utilisation d’un harmonica, aucune chanson ne s’éloignera de la feuille de route.

Par le passé, Trampled By Turtles a déjà prouvé son sens pour les ouvertures saisissantes, et tout comme « Trouble » commençait également par le péchu « Valley » et « Blue Sky and The Devil » par le « I’m a target to » qui laissait presque penser à une reprise de Nirvana, « Palomino » démarre sur le pétardant « Wait So Long », un titre d’une telle violence que l’on s’interroge sur la manière dont, tout en respectant les codes, le groupe arrive à tirer le maximum du bluesgrass au point de lui ajouter un suffixe core.

Enchaînant les cavalcades instrumentales qui tirent le Diable à travers l’ouest (« New Son/Burnt Iron »), la tension ne diminue jamais, comme si à chaque titre Dave Carroll poussait son banjo dans de nouveaux retranchements. L’un des tests à faire pour se rendre compte de l’inhérente énergie dégagée par les cordes est d’essayer de caler à la moitié du disque son oreille sur la batterie, et de réaliser l’air hagard, que non aucune percussion n’a jamais contribué au puissant vacarme qui s’est déroulé sous les yeux ébahis (« It’ a War »).

Certes, dans sa deuxième partie, Trampled By Turtles compile des morceaux qu’on ne pourrait que difficilement attribuer avec certitude à ce « Palomino », tant un « New Orleans » par exemple pourrait être issu de n’importe lequel des albums précédents. Mais l’authenticité, l’inventivité que fait preuve le banjo sur « Separate », la vitesse d’exécution globale et surtout le chant désabusé mais jamais rocailleux de Dave Simonett en font un objet inattendu et un nouvel étalon pour le genre.

Note : 8/10

>> « Palomino » est en écoute sur Spotify
>> A lire également,
l’article de Thanu sur There Is Always Someone Cooler Than You

14 commentaires
  • Thierry
    25 juin 2010
    Ecouté à quatre ou cinq reprises ces deux dernières semaines. J’adore ! Heeeeeee-Haaaaaa !

  • Nathan
    25 juin 2010
    Duluth c’est la ville de Bob Dylan alors je vais écouter.

  • Catnatt/belam
    25 juin 2010
    Ha mais…

    Mais…

    C EST DE LA COUNTRY !!! Pourtant, je l’écoute et j’aime bien « Victory ».

    Ulrich et toi, vous allez me faire virer de bord. Je veux rester superficielle !! Au secours :p

  • Benjamin F
    25 juin 2010
    @Thierry : Ah je savais que ça allait te plaire ça ! J’ai vraiment pensé à toi en écrivant ! :)

    @Nathan : Ah oui c’est vrai ! Bon après tu vas voir Bob Dylan c’est limite de la post-music comparé à Trampled By Turtles :)

  • Benjamin F
    25 juin 2010
    @Catnatt/Belam : Non pas toi !!! Moi qui aimait tant l’idée qu’il existe encore sur Terre de belles femmes aux goûts superficiels :p

    Après c’est du Bluegrass qui est une sous-catégorie de la country et dont les codes (et le rendu) sont vraiment différents. Mais je suis ravi que ça te plaise ! J’ai toujours un peu peur quand je partage mes coups de coeur pour des groupes de ce genre :)

  • Maximilien
    25 juin 2010
    Je ne suis que peu familier du style mais c’est vraiment une superbe découverte que tu m’offre là. Rien que le premier titre est une sacrée claque :)

  • Anonymous
    25 juin 2010
    Je ne connais pas du tout ce genre mais ce que j’écoute me plait beaucoup pour l’instant

  • Sunalee
    25 juin 2010
    pas encore eu l’occasion de l’écouter mais je l’ai commandé après l’article de Thanu. Et Spotify ne fonctionne pas en gelbique.

  • Benjamin F
    25 juin 2010
    @Maximilien : Oui c’est vrai que c’est pas le style le plus prisé du moment mais il y a de vraies perles. Après c’est Thanu qu’il faut remercier :)

    @Anonyme : Ça me fait plaisir que les gens découvrent un peu le genre !

    @Sunalee : Oui ça tourne pas rond en Gelbique :( Je veux pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer mais tu devrais aimer ! :)

  • Sunalee
    25 juin 2010
    J’imagine aussi que je vais aimer… il faudra juste voir si ma cote est un 6/10 ou un 10/10 !

  • Mmarsupilami
    25 juin 2010
    Je vais essayer! Sans faute. J’adore généralement ce genre de bazar…
    ;-)

  • Thierry
    25 juin 2010
    @ Benjamin : Et ça n’a pas loupé ^^

  • Thomas
    27 juin 2010
    Tu m’étonneras toujours (bon, j’étais un peu prévu depuis l’autre fois, cependant ^^).

    C’est vrai que c’est un bon disque. J’ai quelques réserves sur la voix, tout de même, que je trouve parfois un peu juste. Mais c’est bien. Bon, je ne vois pas trop en quoi ils inoculeraient une énergie nouvelle au style… mais allez, ne chipotons, c’est dimanche et l’Argentine va écraser le Mexique :-)

  • Benjamin F
    27 juin 2010
    @Sunalee : Oui à quatre points prêts, on veut savoir ! :)

    @Mmarsupilami : En même temps, quel genre de bazar n’aimes tu pas ? :)

    @Thomas : « Tu m’étonneras toujours » –> Dans le bon sens du terme j’espère :)

    Je n’ai pas du tout trouvé que la voix était parfois juste. Au contraire je trouve qu’elle propose un bon équilibre entre quelque chose d’assez profond et une certaine candeur juvénile. Je trouve qu’ils inoculent une énergie nouvelle au style (au style et pas à leur propre discographie qui envoie du bois depuis un bail) via l’intensité et la fuite en avant. Pour moi une chanson comme « Wait So Long » c’est bien plus que simplement du bluegrass joué rapidement, c’est vraiment un titre dont la fougue colle au plancher !

    Bon après, je ne vais pas te la faire, le recours à la « formule » sert surtout à inciter à l’écoute des lecteurs qui ne seraient à priori pas concernés par le style.

    Enfin, je t’écris du bord d’une piscine en Normandie, alors la coupe du monde de Foot, je m’en tape comme de l’infâme nouvel album de Herbie Hancock :)

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