Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

KLAXONS – Surfing the Void

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (1 vote)
3,5 /10
5,5 /10

Il est de ces groupes qui brûlent la vie par les deux bouts, qui prennent feu avant de s’être envolés. Ce sont des aimants incandescents qui filent droit au but en absorbant tout sur le passage, rien ne leur résiste et ils ne regardent jamais en arrière. Lorsqu’ils fendent l’air en entraînant le peuple dans leur sillage, on les imagine magnanimes et plein de vertus fédératrices mais lorsque la tornade est passée il ne reste que traînées de poudre et désolation. La conquête de l’espace ? Oui mais à quel prix ? Peut-on faire confiance au pilote James « The Cat » Righton ?

Dans « The Same Space » on trouve des chœurs samplés, des chants qui s’alternent, des guitares qui se querellent avec des claviers pour se faire une place. C’est étouffant comme si le trio cherchait à faire croire qu’ils étaient deux fois plus. Les réacteurs s’allument mais l’impulsion de départ n’est pas suffisante, et l’illusion n’y changera rien. « Surfing The Void » essaye de nous refaire le même coup que « Atlantis To Interzone » en appuyant sur le côté fourre-tout et en laissant les harmonies vocales partir dans l’autre sens que la guitare. Malheureusement il manque à la recette les épices originelles. Du coup ça a la même apparence, la même texture mais définitivement pas le même goût, ce n’est pas assez relevé : ça brûle mais ça ne se consume pas.

« Venusia » est assez représentative des travers du groupes : entre ses claviers eighties et ses solos de guitare sous mixé laissés en roue libre, on dirait que Klaxons saupoudre sans cesse de paillettes étincelantes ses vêtements déjà bien colorés. Le résultat est inévitable : ça fait mal au yeux et ça colle une migraine ophtalmique. Alors qu’on pouvait auparavant voir dans des titres comme « Totem On The Timeline », une fougue rock à la Eighties Matchbox B-Line Disaster, on se retrouve ici avec la première pierre d’un futur opéra-rock qu’on imagine arriver au troisième ou au quatrième album.

Pourtant les compositions sont vraiment là, si l’on arrivait à n’en garder que la substantifique moelle, l’évidence pop de l’écriture s’imposerait d’elle-même. Malheureusement, celles-ci ont été recouvertes de plaques métalliques et de boulons à velléités décoratives. Du coup « Surfing The Void » est boursouflé, il plie sous ses ambitions et sa production, et échoue à reproduire la fraîcheur des singles pop comme « Golden Skans » sur « Myths Of The Near Future ». Du coup, si Klaxons maîtrise indéniablement son affaire et est porté par une rythmique qui tire vers l’avant à la manière d’un Bloc Party (« Valley Of The Calm Tree »), il ne réussit pas à générer les émotions souhaitées.

La manière dont interviennent/disparaissent les guitares sur « Flashover » et la production de l’ensemble, l’aspect violent mais au final toujours entraînant illustre l’influence que Ross Robinson peut avoir sans bouger de sa console. Car finalement (comme Korn au fond), Klaxons ne fonctionne que lorsque l’instrumentation respire un peu (les intros, les ponts) où lorsque le positionnement catchy est parfaitement assumé (Twin Flames). Entre les deux, le groupe se perd (« Extra Astromical »), il prend des détours, croule sous les mauvaises idées et une certaine lourdeur.

En écoutant des titres comme « Future Memories » et en se focalisant sur cette basse distordue, on n’est pas loin de se dire que Klaxons partage avec Muse cette incapacité à comprendre les tenants et les aboutissants de la retenue et des vertus qu’elle pourrait avoir sur leurs chansons. Car d’une certaine manière, « Surfing The Void » souffre avant tout de cette envie d’en mettre plein la gueule, d’être abrasif comme un groupe de métal, sensible comme un groupe de pop-folk et dansant comme du Britney. Dans cette logique, il n’y a que « Cypher Speed » qui tire son épingle du jeu mais c’est un peu trop tard.

Au petit matin, on constate que le champ est ruiné et que l’herbe ne repoussera jamais. La tête prise dans un étau, les oreilles qui bourdonnent encore du son de la veille, nous réalisons avec effroi que nous sommes trop vieux pour la New Rave.

Note : 3,5/10

28 commentaires
  • Thierry
    16 août 2010
    En écoutant des titres comme « Future Memories » et en se focalisant sur cette basse distordue, on n’est pas loin de se dire que Klaxons partage avec Muse cette incapacité à comprendre les tenants et les aboutissants de la retenue et des vertus qu’elle pourrait avoir sur leurs chansons. Car d’une certaine manière, « Surfing The Void » souffre avant tout de cette envie d’en mettre plein la gueule, d’être abrasif comme un groupe de métal, sensible comme un groupe de pop-folk et dansant comme du Britney. Dans cette logique, il n’y a que « Cypher Speed » qui tire son épingle du jeu mais c’est un peu trop tard.

    –> RIEN à AJOUTER, si ce n’est que moi aussi, je suis un peu trop vieux pour la New Rave.

    C’est vraiment usant de perdre du temps avec des albums comme ça, même si ce n’est que .. 2 ou 3 minutes.

  • Lucien
    16 août 2010
    Ah oui il sortait aujourd’hui. Même pas écouté. De toute façon j’avais un mauvais pressentiment que manifestement tu confirmes.

  • Maximilien
    16 août 2010
    J’ai écouté et c’est excessivement mauvais, comme s’ils s’étaient focalisés sur les défauts du premier.

  • Klak
    16 août 2010
    Non mais c’est quoi ce concours de pochettes moches moches moches cette année !!!

  • Benjamin F
    16 août 2010
    @Thierry : A mon avis t’étais déjà trop vieux pour le premier, alors là j’imagine même pas :p

    @Lucien : Yeap. Pareil, je le sentais pas avant même de l’écouter. Y a des groupes comme ça où on sait qu’ils vont partir dans la mauvaise direction.

  • Benjamin F
    16 août 2010
    @Maximilien : Tiens un peu comme Muse, non ? :)

    @Klak : Je sais pas mais si tel est le cas la compétition va être rude. Rien qu’en prenant mes trois dernières critiques (Best Coast, Wavves et Klaxons), il y a de quoi porter plainte pour attentat visuel. A mon avis, ça risque quand même de ce jouer entre ce Surfing The Void et le MGMT :)

  • Arbobo
    16 août 2010
    c’est cool, je suis pas la seul à me taper des merdes par curiosité et à le regretter aussitôt ^^

  • Nathan
    16 août 2010
    En lisant ça, et la chronique de Wavves, et la chronique de Best Coast, je me rends compte que je prends même plus la peine d’écouter ces groupes.
    Okay, le premier Klaxons était sympathique, la fougue du Wavves était agréable, mais ça ne suscite plus aucune excitation chez moi.
    Je me contente du The Drums qui est quand même sacrément chouette.

  • Anonymous
    16 août 2010
    Oui Klaxons c’est bien les nouveaux Muse soit l’un des plus grands groupes du monde. Sûr qu’ils ne tarderont pas à remplir le Parc des Princes ! Et Surfing the Void est vraiment génial.

  • Benjamin F
    16 août 2010
    @Arbobo : Non on peut faire un club avec Thierry :) (Je veux bien être le trésorier^^)

    @Nathan : Ouais toujours la même histoire. Je continue par pure rigueur interne (et parce que ces disques m’inspirent parfois des histoires). Et en plus, j’ai même pas aimé The Drums :)

    @Anonyme : A mon avis, leur seul chance de passer au Parc des Princes, c’est effectivement en première partie de Muse :)

  • Arbobo
    16 août 2010
    d’accord mais si tu es le trésorier, démerde toi pour m’avoir la légion d’honneur alors ^^

  • Mmarsupilami
    16 août 2010
    Vous devez aimer vivre dangereusement. Vous écoutez des albums dont on peut imaginer à 95 % de chances que ce sera mauvais. Et vous vous étonnez ensuite que c’est… mauvais.
    :-D

  • Benoit
    16 août 2010
    grosse déception , j’avais bien aimé le premier, mais c’est vrai que c’est écrasé par une grosse prod bien épaisse et assez indigeste, j’avais mis 4.5 sur pop revue express, mais je vois qu’on pouvait descendre encore un peu ;-)

  • Benjamin F
    16 août 2010
    @Arbobo : La légion d’honneur ? Ravel l’a refusé, tu devrais en faire autant :)

    @Mmarsupilami : Avais-je vraiment l’air étonné ? Non monsieur, il s’agit plus de sadisme ici !

    @Benoit : On peut toujours descendre plus bas. Mais oui, on est en phase, que c’est gras !

  • Thierry
    17 août 2010
    @ Arbobo & Benji : Et la légion d’horreur pour Klaxons ?

  • Matador
    17 août 2010
    Franchement, j’adore cette pochette… Qu’est-ce que vous lui trouvez? Avec celle de Best Coast, ma foi, on dirait que c’est l’année des chats. Je vais écouter ce disque quand même, car de toute façon il n’y a rien d’autre. J’en suis encore à écouter les Soft Pack. Je consulte parfois le calendrier des sorties pour savoir s’il n’y a pas de prévisions encourageantes, mais c’est comme la météo.

  • Anonymous
    19 août 2010
    Vous êtes une bande de rageux, cet album est vraiment pas mal, on y retrouve de très bonnes influences (midnight juggernauts, the horrors, joy division, …). Mais bon si certains préfèrent écouter des albums plus que décevant tel que « the drums » cela ne tiens qu’à eux. Il faut chercher a comprendre le raisonnement artistique et non à critiquer a tout va.

  • Benjamin F
    19 août 2010
    @Matador : Je crois que c’est l’effet « Comme chiens et chats – La Revanche de Kitty Galore ». Les chats n’auront aucune crédibilité cette année :)

    @Anonyme : Rageux ? Il ne me semble pas que la critique soit haineuse. Il parait assez improbable que Klaxons puisse avoir été influencé par deux groupes aussi contemporains que The Horrors et Midnight Juggernauts. De plus, s’ils ont été influencés par les seconds, cela doit surement être au niveau de la vulgarité :) Quand à Joy Division, c’est bien simple, je n’en vois trace nul part. De quel titre en particulier parles-tu ? C’est justement le manque de démarche artistique de ce Surfing The Void qui amène cette critique.

  • Anonymous
    19 août 2010
    critiquer lalbum ok, mais la pochette !! elle est géniale !!

  • Anonymous
    20 août 2010
    @Benjmin F: « The Horrors » pour flashover, certe une version un peu plus radicale des Horrors.
    « Midnight Juggernauts » pour Echoes, on pourrait facilement y retrouver le meme genre de riffs et de ligne de voix.
    En ce qui concerne « Joy Division » ça se situe plus dans l’ambiance générale du disque.
    On pourrait meme parler des « Beach BOys sur Venusia.
    Bref dans l’ambiance, je trouve les critiques un peu faciles, certe il y a de mauvaises choses sur l’album, mais il est indéniable qu’il vaut plus que 3,5/10, il y a toujours le coté avant-gardiste que développe les Klaxons, je comprends néanmoins que ca ne puisse pas plaire a tout le monde.

  • Benjamin F
    23 août 2010
    @Anonyme : Désolé mais il n’y a vraiment pas de lien avec Joy Division et ce en particulier au niveau des ambiances. Comparer Klaxons et ces derniers, c’est un peu comme comparer les ténèbres et Disneyland :)

    En fait je ne les trouve pas avant-guardistes dans le sens où ce n’est pas nouveau d’en faire des tonnes. Après la note est là à titre indicatif et est à remettre dans mon contexte où j’écoute une quinzaine de nouveaux albums par semaine, et que forcément je suis exigent. Mais encore une fois, ravi si cet album trouve son public.

    Sinon la critique n’est pas si facile, tu te mets toujours plus à nu en prenant position (et en l’argumentant) qu’en choisissant la voie du milieu.

    Merci pour tes coms en tout cas,

    ++

  • Anonymous
    23 août 2010
    Rien compris à cette critique. J’écoute le nouveau Klaxons. La production est bien, sans trop d’originalité, mais les mélodies sont superbes. Ils ont un talent pour les lignes vocales qui se déroulent. Un des meilleures disques de l’année!

    Il y avat deux ou chansons sur le 1er album qui sortait qu lot. Là c’est presque tout l’album qui sort du lot. (9/10)

    Pascal

  • MAB
    24 août 2010
    Pascal ! T’es le meilleur. Complètement d’accord.

  • La Gerbille Musicale
    25 août 2010
    +1 PASCAL

  • Anonymous
    26 août 2010
    Quelle déception, Klaxons est vraiment devenu un groupe pour ados attardés. Et quand je vois que les fans du groupe n’ont même pas le niveau pour comprendre une critique et en discuter, je suis vraiment inquiet pour la suite.

  • Anonymous
    1 septembre 2010
    Arrêtez deux secondes de vous branlez sur vos analyses hautaines de mes deux. Vous attendiez quoi des Klaxons ? Un revirement à la Pete Doherty ? Eux ils s’en foutent ils ont jamais fait la une des tabloids ils font de la musique comme ça sort, dure, sombre, violente, t’en prends plein, tu boostes ton égaliseur pour que la disto te bouffe les oreilles. La seule critique que j’ai à leur faire concerne leur clip. Ils sont bien mieux dans un clip comme Magick à pleine vitesse vers le bizarre et le dérangeant.

    D’accord avec Pascal, y a du boulot. Du talent. Et leur musique montre que C’est tout ce qui les intéresse dans la musique, pas le business. Ils atteignent dans l’ambiance bien plus tendue et sincère que Muse dont j’ai lu le nom plus haut.

    Paul.

  • Themathematicsofmath
    6 septembre 2010
    « Du coup ça a la même apparence, la même texture mais définitivement pas le même goût, ce n’est pas assez relevé : ça brûle mais ça ne se consume pas. »

    Je suis tout à fait d’accord!

    Je suis fan depuis le tout début, et je l’attendais vraiment cet album, et là BAM! La chute est violente. Je trouve que cet album pourrait être bien, mais non. C’est tellement déçevant, et ce n’est pas le fait qu’ils aient pris un tournant plus « rock/dark » qu’avant, je ne suis pas contre l’évolution, c’est juste qu’au final cet album est chiant (et pourtant je l’ai écouté plusieurs fois tellement je n’y croyais pas – tentative d’auto-persuasion) on dirait quelques fois des parodies du premier (Flashover et Future Memories).
    En ce qui concerne Venusia et Calm Trees, je ne les considère même pas sur l’album tellement elles sont digne d’un épisode de Summerland.
    J’adore Same Space (j’étais au Nouveau Casino en Juin dernier et j’avais adoré en live, mais à la première écoute de la version album j’avais trouvé ça chiant, et puis au fil des écoutes je me suis habituée) et Twin Flames est cool aussi.
    Echoes est bien, mais trop formatée « single radio », et Cypherspeed, aurait été vraiment bien si elle ne dépassait pas les 3 minutes…
    Pour le reste des chansons, je n’aime vraiment que les refrains (ce qui ne fait pas grand chose).

    Je le cris partout haut et fort, cet album est déçevant, et je suis bien contente de trouver enfin une critique qui ne dise pas qu’il est « excellent », « le meilleur », « une très bonne relève de MOFTNF »…

    Quoi qu’il en soit, je continue de les adorer, et en live, je les considère toujours bons (d’ailleurs, les morceaux présentés en juin ne m’avaient pas trop déçue, ils sont trop forts), donc j’y retourne le 13 à la Cigale et on verra bien.
    Je leur fais confiance et continue d’espérer naïvement que le prochain (j’y pense déjà) sera meilleur, puisqu’en regardant les ventes et les commentaires de plusieurs internautes, on voit que STV ne convainc pas beaucoup, contrairement à l’avis des cirtiques.
    Espérons donc, que ça leur ouvre les yeux!

    Mathilde

  • Anonymous
    7 octobre 2010
    On sent que cette critique à deux balles, à été faite après une seule écoute, hors pour comprendre cet album il faut se plonger dedans et donc l’écouter plusieurs fois!

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