Critique de
Benjamin Fogel
de Playlist Society

GOD OF WAR 3 (PS3)

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Benjamin Fogel (Auteur) Lecteurs (Aucun vote)
9 /10

[Attention Spoilers] De par sa brillante cohésion scénaristique, la saga God Of War aura donc réussi à imposer dans le monde du gaming un terme qui avait jusqu’à maintenant toujours été brandi pour de basse raisons numérologiques : « trilogie » ! Non pas dans le sens de trois épisodes qui se succèdent mais bien dans le sens d’un tout cohérent où les épisodes se répondent les uns aux autres. L’histoire du fantôme de Sparte est un véritable mythe moderne qui livre une reinterprétation du thème du héros grec.

Récit de la vengeance d’un guerrier sans âme qui n’a que faire du destin des autres, God Of War est une épopée peuplée des figures de la mythologie grecque et fourmillant de personnages emblématiques (Pandore, Les sœurs du Destin, Gaia) : D’abord, serviteur d’Harès (le Dieu de la guerre), recouvert des cendres de sa femme et de sa fille suite à de villes manipulations divines, Kratos ne tardera pas à détrôner son maître et à devenir le premier humain à acquérir sa place au sein de l’Olympe. Quelques années plus tard, congédié par Zeus et accablé par ses propres souffrances, il se lancera alors dans une guerre désespérée et sans pitié pour mettre un terme au règne des Dieux.

Au niveau du gameplay, les puristes retrouveront leur lot de sensations fortes via des combats d’une rare intensité qui ne connaissent aucun temps morts. A bien des égards God of War 3 ne dépareille pas avec ses 2 prédécesseurs au point que malgré le changement de machine, on peut affirmer que le gap technique est plus grand entre le 1 et le 2 qu’entre le 2 et le 3. Hors ce qui pourrait passer pour un defaut et un raté en terme d’évolution joue ici en faveur de la trilogie en s’assurant de jouer la carte de l’uniformité. Seul le système des magies a été modifié, celles-ci étant dorénavant liées aux armes qu’arbore Kratos. Les concepteurs ont également eu la bonne idée de conserver les objets acquis comme la toison d’or ou les ailes d’Icare.

Le jeu n’est ensuite qu’une succession de scènes anthologiques d’une rare fluidité et surtout d’une incroyable brutalité. Comme souvent alors que le moindre film violent recueille les foudres des bien-pensants, le jeu vidéo inaccessible aux détracteurs est globalement épargné (malgré l’interdiction au moins de dix-huit ans, il n’y a aucun doute sur la diffusion du jeu). Ici Kratos arrache les jambes d’Hermes, sacrifie des soupirantes pour bloquer des mécanismes et baise Aphrodite pour récolter des orbes. On se souviendra aussi longtemps de cette scène traumatisante où la fin du combat contre Poséidon est vu du point de vue de l’ennemi, donnant ainsi l’impression étrange de se frapper soi même et se terminant sur deux doigts plantés dans les yeux suite à une simulation du geste via L3 + R3.

Pas à une perfection près, God Of War 3 offre un level design qui illustre avec brio l’intelligence que requiert l’exercice, l’intégralité du jeu pouvant avec du recul être considéré comme un seul et même niveau. Il est également sous ses airs d’Ultimate Beat’em All un brillant jeu d’aventure aux énigmes bien mieux pensées que les quelques leviers à actionner dans un Uncharted. Au fond sans le vouloir God Of War repose sur des bases qui conviendraient parfaitement à un Zelda Like.

Après avoir réglé ses comptes aussi bien avec Kronos que Zeus, Kratos regardera Athéna dans les yeux et lui fera comprendre que la cause de tous les malheurs réside en partie au fond de son propre être. Tel une figure mythique, il hurlera alors « Ma vengeance s’achève ici » et se plantera une épée à travers l’abdomen ! Un jeu vidéo qui se clôture sur le suicide de son héros, remettant ainsi en cause toutes ses velléités guerrières, voilà bien une conclusion ambitieuse digne des plus grandes œuvres.

Note : 9/10
14 commentaires
  • Thierry
    11 avril 2010
    Je n’y connais strictement rien en jeux vidéos.
    De toutes façons, chez moi, cerveau et main ne sont pas connectés !

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Thierry : On dirait l’excuse que donne ma copine. Aujourd’hui les jeux sont beaucoup plus accessibles et ne demandent pas d’énormes réflexes pour être appréciés à leur juste valeur. Je fais tous les jeux avec un pote et parfois je ne joue même pas. Les jeux se « regardent » dorénavant autant qu’ils se « jouent ».

  • Anonymous
    11 avril 2010
    Une boucherie sans nom, un chef d’oeuvre du jeu vidéo. En espérant qu’il y aura un 4 !!!

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Anonyme : Ah bah non justement, pour que le chef d’oeuvre reste intact, il faudra que personne ne touche plus jamais à cette trilogie. On va pas nous refaire le coup de Star Wars :)

  • Thierry
    11 avril 2010
    Trop vieux pour m’y mettre véritablement. Les jeux de Wii-Sport me suffisent amplement ^^
    Et je n’ai déjà plus le temps de lire … sauf dans le métro.
    L’impasse sur les jeux vidéos est délibérée !

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Thierry : « Les jeux de Wii-Sport me suffisent amplement » –> c’est comme si on parlait télé, que je te disais que Lost c’était une tuerie et que tu me disais que c’était trop long et que tu te contentais de La Roue de La Fortune :) lol.

    Bon après blagues mises à part, c’est sûr que le temps n’est pas extensible…. :(

  • Nathan
    11 avril 2010
    Bon, et Final Fantasy XIII alors ?
    Je peux pas l’acheter encore, trop dangereux pour les concours… Mais c’est dur.

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Nathan : On l’attaque là Final XIII mais j’ai peur de ne pas écrire dessus avant 2 mois vu la durée de vie du jeu :) Sinon je confirme interdit pendant les concours les Final !

  • Nathan
    11 avril 2010
    Oh, d’ici deux mois, je l’aurai terminé je pense, moi aussi. Vu que j’en aurai fini avec les concours.
    J’ai lu 60 heures de jeu environ, sans quêtes annexes. Ce qui est quand même peu comparé au VII.

    Ah, et je suis complètement d’accord sur le plaisir de regarder un jeu maintenant, et les Final Fantasy en première ligne. Quel plaisir de faire un FF à deux, à s’engueuler sur quelles armes choisir, où aller, etc.

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Nathan : C’est marrant, alors que pour moi le gaming était auparavant un plaisir solitaire et la musique un truc qui se devait être partagé, la tendance c’est vraiment inversée. Le jeu vidéo c’est devenu une expérience artistique avec les potes, alors que je ne partage plus les disques que j’aime que sur Playlist…

    Bon 60h, ça va ce sera peut-être torché en un mois :)

  • Thierry
    11 avril 2010
    M’en fous, j’ai pas la télé ^^

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Thierry : Arf t’as vraiment réponse à tout^^, e m’avoue vaincu :)

  • Anonymous
    11 avril 2010
    Ça fait plaisir de voir quelqu’un qui prend la peine d’écrire sur un jeux vidéo comme s’il s’agissait d’un film. Ça change un peu des tests techniques :)

  • Benjamin F
    11 avril 2010
    @Anonyme : Merci pour ton commentaire :) Effectivement j’aime l’idée que les jeux vidéos soient devenus une forme d’art comme les autres et qu’ils méritent le même traitement qu’un disque ou qu’un film. Maintenant, ça fait quelques temps que je trouve que les mags spécialisés, proposent de vrais critiques très fouillées…

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