Critique de
Nathan Fournier
de Brainfeeders & Mindfuckers

PANDA BEAR – Tomboy

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Nathan Fournier (Auteur) Lecteurs (6 votes)
7 /10
7 /10

En 1986, Paul Simon sortait son chef-d’oeuvre absolu, Graceland. Enregistré entre Johannesburg, Londres, New York et Los Angeles, ce disque propulsait ce qu’on catégoriserait vulgairement de world music plus tard en haut de l’affiche. Dans Graceland, il y a la chaleur de l’Afrique, les chœurs des gourous et la danse de la pluie. Graceland est beau comme un orage l’été. Cet album est à la fois léger et possédé. Alors que Paul Simon sort un So Beautiful or So What en 2011, Noah Lennox, toujours planqué derrière le nom de Panda Bear, sort son Graceland.

Déjà chez Animal Collective, Lennox laissait poindre quelques digressions vers le berceau de l’humanité. On imaginait parfaitement la savane sur « Brothersport ». Mais, disons-le, Animal Collective s’est un peu court-circuité par son implacable tendance à l’expérimentation, devenue quasiment vaine. A force de vouloir ajouter des couches à sa musique, les quatre animaux se sont perdus dans une forêt trop dense, oubliant les cris magiques de Feels et Strawberry Jam, et la liberté totale d’un Here Comes the Indian ou d’un Danse Manatee. De Merriweather Post Pavillion, album agréable s’il en est, on retiendra surtout « My Girls » et « Brothersport ». Et c’est loin d’être un hasard, car si on dénude un peu ces titres, on obtient du pur Noah Lennox. Voix fondues dans le décor par la reverb, motifs de synthés simplissimes mais profonds et surtout, une répétition des mélodies encore et encore, amenant à un apogée, une sorte de sommet venu de nulle part et jamais entendu. C’était exactement la construction de « My Girls », qui s’écartait d’un coup de sa construction tribale pour exploser d’un refrain inoubliable.

Tomboy continue sur la lancée de ces deux titres. Noah Lennox met de côté ses expérimentations inutiles, se concentre sur le son, noie sa voix et pose un rythme simple et tribal pour que ses incantations décollent et remuent la terre. Comme Graceland, c’est un album imprégné d’Afrique, où l’on entend les pieds nus frotter le sable ocre, on s’éblouit en regardant un soleil imaginaire. Ce n’est pas l’Afrique en elle-même qu’on entend, mais l’Afrique imaginée par ses américains. Paul Simon y voyait des diamants sur des semelles, Panda Bear y voit d’autres motifs, peut-être moins alambiqués et qui ne resteront pas plus qu’une saison, mais sa musique est aussi sincère et prenante que celle de Paul Simon.

Panda Bear sort son Tomboy chez Paw Tracks. Ce n’est peut-être pas le chef d’oeuvre qu’était Graceland, mais il rêve de la même musique, une musique sans frontières.

Note : 7/10

18 commentaires
  • Baci
    18 avril 2011
    ah c’est malin, maintenant j’ai envie de découvrir les 2 !
    (pas) merci
    :)

  • Panda Panda Note
    18 avril 2011
    9 /10
    Au-delà d’un disque inspiré par l’Afrique, j’y vois surtout un disque très… Nature voire écologique. Sur ce disque, l’eau est constamment présente que ce soit à travers le bruit des vagues sur Surfer’s Hymn ou Scheherezade qui me donne l’impression de me retrouver au fond de l’océan. Sans arrêt ce disque me renvois vers des images de forêts et de désert, des endroits où l’homme ne serait jamais passer. Il y a bien sûr ces rythmiques tribales que l’on retrouve souvent chez Animal Collective mais je vois plus leur utilisation pour illustrer ce propos qu’un hommage au continent Africain. Alors oui ça l’a influencé mais je ne vois pas ça comme le thème principal de ce disque que je trouve malgré tout très occidental. Au-delà de ça, j’ai trouvé ce disque très réussi, il a certes quelques longueurs mais possède une ambiance très particulière qui est bien plus forte que celle imaginée sur Person Pitch (ce qui est le seul point où Tomboy le dépasse). Je sais pas moi, ce disque, je le trouve beau et triste, parfois jouissif, souvent rêveur, je l’aime ce disque, pas sûr que le tracklisting de l’album soit judicieux mais tout de même… Ce Tomboy est une sacrée réussite !

  • Nathan
    18 avril 2011
    @Baci : Ah comme je t’envie de « découvrir » Graceland… Ce disque est un de mes préférés toutes catégories confondues, toutes périodes confondues. Il a une vraie âme.

    @Panda Panda : J’ai tout à fait conscience que ce n’est pas un hommage à l’Afrique. C’est juste que j’y ai ressenti une inspiration africaine comme il y en a une dans Graceland. Pas du tout le thème principal, mais plutôt la chose principale que j’y entends. :)

  • Erwan Note
    18 avril 2011
    6,5 /10
    Tiens marrant à la lecture de la chronique sur ton blog j’imaginais une note beaucoup plus élevée. Finalement je suis plutôt d’accord alors ^^

  • Digital Mojo
    18 avril 2011
    Hormis le fait que je trouve ce LP globalement super redondant, un peu ronronnant et jouant un peu trop sur ses qualités sans jamais chercher à voir plus loin, je crois que ce « Tomboy » souffre d’une comparaison à son désavantage avec plusieurs choses qui l’entourent et le précèdent: bien sûr la carrière d’A.C. mais surtout, plus proche, l’excellent « Person Pitch » de Panda Bear. Du coup, « Tomboy » fait à la fois timide, un peu trop tranquille et gentiment oubliable. Comme une personne sûre de son talent dans un domaine donné qui va faire le strict minimum, le sourire aux lèvres, sans jamais transpirer. Au final, le résultat n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’on peut raisonnablement attendre de Panda Bear mais surtout il y a ce petit dédain vaguement agaçant qui fait qu’on regrette presque la sortie du disque. J’ai dit presque.

    Sinon il y a toujours ce truc en plus que beaucoup d’autres non pas: comme pour A.C., ce sentiment familier dés la première écoute qui fait qu’on plonge la tête la première sans trop rechigner et qu’on est direct mis dans l’ambiance, peu importe ce qu’elle est, comme si on se trouvait en présence de personnes familières. Et ça c’est fort.

    Bon voila, « Tomboy » est moins marquant que son prédécesseur, mais c’est pas sa faute. Mais il faut le sougliner parce qu’objectivement, Panda Bear ne s’est pas super foulé sur la longueur du LP. Mais peut-être qu’en le réécoutant un peu plus… On verra, les choses évoluent.

    Sinon la relation avec l’aspect « africain »… Ouai bon, je respecte hein, mais si c’est pas juste un peu de name-dropping ou une comparaison passée par là alors que l’auteur écoutait le disque de Paul Simon, j’ai un peu de mal à saisir la justification. Il n’y en a peut-être pas ceci dit, du coup c’est dispensable à mes yeux.

    Dernier truc, mais rien à voir avec cette chronique ici: on peut arrêter de citer les Beach Boys dés qu’on touche de près ou de loine à Animal Collective? C’est agaçant, à peine justifié et d’une paresse intellectuelle grave.

  • Nathan
    18 avril 2011
    @Erwan : A vrai dire, c’est vraiment pas une chronique pour dire « j’aime » ou « j’aime pas ». C’était juste pour dire que je retrouvai un peu de Graceland dans ce Tomboy, alors c’est ce que j’ai écrit. Il est super agréable ce disque. Mais ça s’arrête là.

    @Digital Mojo : D’accord sur le disque.
    Après, non, aucune justification. C’est juste que j’ai trouvé une similitude dans l’esprit des deux disques. Ça m’intéressait pas spécialement de dire ce que j’en pensais, vu le nombre de chroniques qu’il y aura sur ce disque, et le nombre de comparaisons avec les Beach Boys et Animal Collective. J’ai préféré insister sur un truc précis que je retrouvais, et essayer de les lier. Après ça vaut ce que ça vaut.

  • Digital Mojo
    18 avril 2011
    Ah oui, ok. Je respecte le choix et je le comprends tout à fait (c’est une réflexion que je mène souvent aussi, ce principe de « Soit je trouve un nouvel angle, soit je m’abstiens »). Du coup, peut-être que l’écrire en toute lettre aurait mis ce positionnement un peu plus en avant. My two cents.

  • Benjamin Fogel Note
    18 avril 2011
    6,5 /10
    @Panda Panda : Tu ferais pas un peu de prosélytisme sur ton pseudo non ? :)

    @Digital Mojo : Je suis assez d’accord avec toi, il y a toujours cette impression désagréable que tout cela est trop facile pour lui et qu’il ne se donne même plus la peine de cultiver son talent, comme s’il était un peu au dessus du « le travail ».

    Du coup je le trouve un peu léger en termes de composition ce Tomboy…

    Sinon, je ne suis vraiment pas fan des rapprochements entre des disques clairement occidentaux et des citations à tout va sur l’Afrique (type ce qu’on peut lire sur Vampire Weekend). Après ce que j’aime bien ici et qui est bien explicité, c’est qu’on parle de la vision de l’Afrique par deux occidentaux, de leur perception (qui est d’ailleurs potentiellement fausse).

    Sinon pour les Beach Boys, je crois bien heureusement qu’on ne l’a jamais fait ou du moins pas récemment :)

    Merci pour ces commentaires constructifs en tout cas :)

  • Joris
    18 avril 2011
    J’aime beaucoup cet album, même si au départ il ne m’a pas tellement convaincu. Mais il est vraiment très riche au final, et vraiment bien foutu, ce qui fait qu’on apprécie autant « Drone » que « Afterburner ». Je ne suis pas d’accord pour dire que Panda Bear n’a pas pris la peine de travailler sur son album. Au contraire je trouve que ça fait partie de ces rares disques qui réfléchissent sur ce qu’ils font. On sent qu’il y a une volonté d’évoluer après Person Pitch tout en gardant la même identité. Panda Bear ça restera toujours des variations autour du même thème: un travail sur la pop, qui est déconstruite et reconstruite, un travail sur les textures, sur le son… Vraiment je pense que cet album a été réalisé très sérieusement.

    @Digital Mojo: En même temps la filiation est évidente et presque assumée… Comparer Panda Bear et Brian Wilson n’est pas non plus un cliché, c’est surtout avec Tomboy qu’on a fait la comparaison, et je la trouve justifiée: il y a une même réflexion sur la pop, pour garder sa fraîcheur tout en la faisant sortir de ses cadres. On ne va pas s’empêcher de faire la comparaison juste parce que tout le monde a fait le rapprochement… Ce n’est pas de la paresse intellectuelle, alors que nier la filiation tient réellement d’une forme de snobisme.

  • Digital Mojo
    18 avril 2011
    Ah ouai, carrément comparer Panda Bear et Brian Wilson, rien que ça… Je parle même pas en terme de légitimité ou de talent ou quoi que ce soit d’autre. Mais d’une manière générale, la langue française accepte suffisamment de mots et d’expressions pour expliquer quelque chose pour qu’on n’ait pas besoin de tomber dans les comparaisons un peu molles et consensuelles. Mais je sais que certains rédacteurs, en fonction de leur provenance, sont friands de ce genre de « destin », d’iconisation d’un mec. Comme si ce genre d’histoire devait permettre d’être plus « parlant » sur un disque alors que c’est juste un mauvais tic d’une certaine presse anglo-saxonne (« Machin c’est la fusion de Truc et de Bidule ») réutilisée par tout le monde de manière abusée. Pour moi c’est de la paresse. Sinon je ne vois pas l’utilité de cette démarche.

    Le principe n’est pas d’empêcher la redite. Juste d’empêcher la redite quand c’est manifestement…n’importe quoi et gratuit, nuance. Et la comparaison avec les Beach Boys a été usée jusqu’à la corde depuis au moins « Feels », voire plus. Si tant est qu’on la considère « utile » les premières fois, l’usure fait que… Bon voila quoi. Ou alors qu’on m’argumente cette comparaison avec de vraies idées. Le chant? Le côté pop? Le côté un peu aérien/éthéré? Jusque là, je crois que je n’ai fait qu’évoquer quelques grosses généralités, si c’est ça…

    Pour ton propos sur le LP, tu as peut-être raison mais je suis loin d’en être rendu à ce point là, on verra quand il aura mûri un peu entre mes oreilles.

  • Joris
    18 avril 2011
    Oui enfin là on rentre dans un autre problème: a t-on besoin de comparer un artiste avec d’autres pour faire comprendre la teneur de sa musique à l’écrit. En ce qui me concerne, je pense que c’est parfois bien utile, et pour le cas de Panda Bear, Brian Wilson n’est pas si loin. J’admets que ça puisse être agaçant de ne voir que ça, mais par exemple pour le dernier album des Strokes tout le monde a cité les mêmes références pour les mêmes chansons (moi compris), pour la simple raison que c’était la manière la plus simple de faire comprendre ce qu’il en était.
    Après il est certain que pour la presse musicale, cette pratique s’inscrit dans une volonté « d’écrire l’histoire au présent », le cas le plus énorme étant sans doute Pitchfork qui a fait de Kanye West un nouveau Michael Jackson.

  • Digital Mojo
    18 avril 2011
    Voila, t’as tout dit. Et c’est effectivement un autre débat. Je vais m’abstenir de pourrir les commentaires de P.S. (haha PS!) avec ces discussions sans fin.

    Ma vision, et j’en termine avec ça, c’est celle du musicien: quand tu passes X mois/années à enregistrer un truc tout en essayant à la fois d’être original, personnel, d’utiliser les « influences » sans que ça devienne un support trop envahissant, juste par petites touches, que tu te prends la tête pour trouver un truc qui sonne bien, comme tu voudrais que ça sonne, voire avec une logique particulière derrière (même si c’est rare et plus instinctif la plupart du temps), je prends ça comme un affront, une paresse et limite un je m’en foutisme les « filiations » gratuites (surtout dans la presse pro. mais abusivement singée par les « amateurs »).

    Ou l’album évoque des impressions, des sentiments, des idées, des images, et tu le dis (positivement ou négativement). Ou il ne t’évoque rien et tu n’as à l’esprit que Machin, Truc et Bidule. Dans ce cas, soit tu n’a pas assez écouté, soit tu n’as rien à dire et tu t’abstiens.

    Et je m’arrête là. Bien à vous.

  • Benjamin Fogel Note
    18 avril 2011
    6,5 /10
    @Digital Mojo & Joris : Oui en fait on s’accordera surtout sur le fait qu’il y a un moment où ça ne sert à rien d’écrire et de monopoliser de l’espace sur Internet si on n’arrive pas à proposer un article différenciant (que ce soit sur le fond ou sur la forme). Dans l’hypothèse où l’on se place dans une posture analytique, la comparaison peut aider le lecteur à entrevoir la musique, elle peut permettre une mise en perspective par rapport à l’histoire mais elle ne doit jamais se substituer à l’analyse (je pense que c’est ce que Digital Mojo reproche aux rapprochements AC – BB qui qui font d’un point d’entrée un argument).

    Après, j’aime évidemment aussi énormément les textes qui ne jouent pas sur l’analyse et où les comparaisons sont utilisés de manière à « résonner » au sein de lui même son propre univers culturel (comme ici).

    Mais qu’il s’agisse de critiques pures ou de textes autour de l’oeuvre, je suis vraiment d’accord avec ça : « Ou l’album évoque des impressions, des sentiments, des idées, des images, et tu le dis (positivement ou négativement). Ou il ne t’évoque rien et tu n’as à l’esprit que Machin, Truc et Bidule. Dans ce cas, soit tu n’a pas assez écouté, soit tu n’as rien à dire et tu t’abstiens ». S’il n’y pas un de ces prérequis, il n’y a ni plaisir pour l’auteur ni intérêt pour le lecteur. En tout cas, il m’arrive souvent de commencer à écrire sur un album pour me rendre compte à la fin du premier paragraphe que je n’ai pas suffisamment de matière ou d’engagement pour proposer quelque-chose de pertinent et dans ce cas là : poubelle :)

    Merci pour les échanges guys :)

  • Ovide
    19 avril 2011
    Cet album est ni plus ni moins un chef d’oeuvre et Panda Bear un artiste d’exception.

    Young Player était d’une désarmante sensibilité, Person Pitch d’une luxuriante poésie; Tomboy puise à ses deux sources et enivre.

    Au passage, je salue votre travail, qui, pour bénévole qu’il est, n’en est pas moins d’une grande qualité.

    ADRIEN.

  • Benjamin Fogel Note
    19 avril 2011
    6,5 /10
    @Ovide : Merci pour les compliments. Je ne te cache pas que ça fait vraiment plaisir parce que quelque soit notre engagement et notre niveau de passion il y a toujours des jours où on doute. J’en parle parce que hier j’avais encore posé une journée juste pour pouvoir écrire des critiques et qu’après 10h d’écritures, il y a toujours un moment où tu te poses des questions sur le pourquoi, sur le sens, sur ce que tu sacrifies. Les remises en questions ne sont jamais longues et l’envie revient quasiment instantanément mais j’avoue que de temps en temps un petit mot comme ça aide à se poser moins de questions :)

  • -Twist-
    19 avril 2011
    Intéressant le débat sur Brian Wilson mais on en reparlera, ne monopolisons pas les comms pour ca.

    Pour moi, pas écouté l’album encore, les critiques sont quand même pas mal flatteuses de ce que j’ai pu lire donc j’ai hate de m’y plonger. Mais le seul truc que je peux dire pour le moment c’est qu’après ‘Personn Pitch’, la pochette de ‘Tomboy’ ressemble à un joli Fail… :(

  • M.Pat
    19 avril 2011
    Pas encore écouté cet album (je ne suis pas fan d’Animal Collective) mais j’ai religieusement lu l’article sur Panda Bear dans Magic (magazine qui a la côte par ici il me semble…^^)et le gentil Noah touve lui aussi la comparaison avec Brian Wilson un brin pesante et facile, à la limite il préfèrerait qu’on le compare à Colin Blunstone (tout aussi génial que B.W.)

  • Tristan Note
    26 avril 2011
    9 /10
    C’est album est une merveille. C’est vrai que le premier sentiment était « ça ne vaut pas person pitch ». J’ai eu peur que l’omniprésence de certains effets ne soit lassant, et l’absence de titres de plus de plus de 5 minutes signifie l’absence de titres bouleversants, mais il n’en n’est rien. Je ne m’en lasse toujours pas.
    Les echos de tomboy, les claps de Alsatian Darn, les mélodies et harmonies vocales de Last Night At The Jetty.. des chefs d’oeuvres!
    ma chronique: http://funkyoudear.com/2011/04/13/panda-bear-tomboy/

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