Depuis sa création, qu’il s’agisse de la version initiale du blog, ou de sa version actuelle, Playlist Society a toujours attribué des notes aux œuvres. Ces notes ne doivent pas être considérées comme la transposition en chiffre d’un jugement définitif porté sur l’œuvre mais comme un indicateur qui oriente le lecteur dans sa lecture. Effectivement, à trop vouloir s’engager dans l’axe critique comme genre littéraire (lorsque la critique prend la forme d’une nouvelle par exemple), on en oublie parfois la mission première de partage. Les notes jouent alors le rôle d’indice. Elles orientent l’interprétation du texte et permettent de lire entre les lignes. L’objectif est d’éviter ce phénomène où l’auteur se laisse emporter et où l’on ne sait même plus à la fin s’il a apprécié ou non l’œuvre en question.
De plus, dans ce monde où le temps nous manque souvent et où l’art ne peut pas toujours être matériellement prioritaire, les notes sont un moyen pour le lecteur de traiter plus vite l’information. Ces dernières deviennent alors un point d’entrée, un élément intriguant qui pousse à la lecture. De même les tris par notes ne servent pas à « classer » les œuvres mais juste à aider à la priorisation. Car s’il faut toujours écrire pour soi et jamais pour les autres, il n’en va pas de même de la diffusion qui succède à l’écriture. De plus, dans cette logique d’ouverture, et dans un souci d’égalité et de réciprocité, les lecteurs peuvent également noter les œuvres.
Il ne faut donc pas voir dans ces notes l’envie de faire rentrer des créations artistiques dans un système métrique, et encore moins l’idée selon laquelle les œuvres pourraient être comparées entre elles et classées en fonction, mais juste la nécessité de faciliter la vie du lecteur au détriment de ses propres conceptions.