2099, à la périphérie de Berlin, quelques mois après les événements du premier tome, un engin de chantier géant est la cible d’un attentat. Les soupçons se portent aussitôt sur les militants écologistes opposés à l’extension de Metropolia. Missionné pour enquêter discrètement sur l’affaire, Sasha Jäger infiltre les bordures extérieures sous l’identité d’un ouvrier soudeur. Il y découvre un territoire peuplé de travailleurs, de marginaux et de migrants qui cherchent à pénétrer dans la ville. Il y rencontre Lucian, un junkie qui, à force de s’injecter les compétences de différents métiers, se retrouve habité par des personnalités multiples.
Fred Duval et Ingo Römling poursuivent leur exploration d’un futur dystopique, avec toujours ce désir de trouver un équilibre entre l’efficacité de la narration et l’intérêt des concepts technologico-politiques qu’elle propose. Quand la BD présente une invention telle que les douches électromagnétiques pour éviter aux héros d’être tracés par des IA, c’est aussi pour nous raconter que cette technologie dépossède les migrants du peu qui leur reste.
Avec un équilibre précieux entre high-tech et low-tech, Metropolia – Les bordures extérieures offre un univers proche de ceux d’Alain Damasio. Une filiation qui se prolonge dans la langue avec de multiples trouvailles linguistiques, telle que « l’amphé-théâtre ». Dédié à son propos, le duo ne propose aucun rebondissement vain, et reste focalisé sur l’essentiel, imposant une nouvelle brique du passionnant univers qu’il est en train de construire.