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« 3615 TTC » de TTC était tellement médiocre qu’il a mis à lui tout seul un terme à 10 ans de rap français alternatif. L’abstrackt hip hop à la Française, celui qui collaborait avec Buck 65, DJ Vadim, Dose One ou encore MF Doom est mort en 2006. Toute cette frange qui aurait pu s’affirmer comme l’équivalent européen d’Anticon s’est volatilisée d’un coup, acculée par les égo-trips de Teki Latex. Avec « 3615 TTC », l’esprit d’équipe a disparu et l’impression que chacun a dès lors fait sa route de son côté reste encrée en moi : La Caution, Paraone, Tacteel… Ah oui, il restait bien Le Klub des 7, mais entre le décès de Fredy K dans un accident de moto en 2007, Gerard Baste dont on ne savait pas trop si les problèmes cardiaques étaient complètement derrière lui, et Fuzati qui semblait définitivement vouloir privilégier sa carrière d’avocat, on ne comptait plus trop sur eux pour venir raviver la flamme.

Et pourtant Le Klub des 7 revient à 6 dans les faits mais à 7 dans l’esprit. Pour rappel, Le Klub des 7 c’est Fuzati et Detect du Klub Des Loosers, Gérard Baste des Svinkels, James Delleck et Le Jouage d’en autre Gravité Zéro, et Cyanure et Fredy K (RIP) d’ATK. Bref un projet qui rappelle les grandes heures du mouvement, de L’antre de la Folie à QHuit en passant par L’atelier. Bien plus enjoué et funky tout en conservant le mauvais esprit du Klub Des Loosers, le groupe démarre son concept album sur la classe de musique sur « C’est le Klub des 7 », un titre qui pose direct le niveau, en multipliant les jeux de mots sur le chiffre 7, tout en refusant d’abandonner et d’oublier : « Le klub des 7 devait mourir mais c’était trop triste, on revient dans un 4×4 7 roues motrices ».

Dès « Le chiffre impair », on réalise combien le groupe a franchi un gap en terme d’instrus et de mélodie par rapport au premier opus. Les textes sont au top et le sarcasme et le cynisme toujours présents lorsqu’il s’agit de trouver un remplaçant à Fredy K. Trop difficile de vous faire entrer dans l’univers du groupe avec quelques extraits textuels, je reste néanmoins à deux doigt de vous recopier des pants entiers de texte.

Flows rapides et maitrisés, scratchs mortels, boucles enfumés, le Klub des 7 n’a jamais paru aussi fort que sur des titres comme « Le pouilleux Massacreur » (où Fuzati vient cracher sa misogynie toujours si avenante), « Non Monsieur » et surtout « L’appel ». Toujours dans un humour qui parodie à fond le milieu du hip hop, on s’amuse dans ce disque où tous les MCs se mettent dans la peau de jeunes collégiens (« Quand je serai grand »).

Les interludes sont successivement beaux (« On aura tout vu ») ou hilarants (« Martine » et son puissant sample de basse) et confère une vraie plus value à l’album : plus qu’une respiration, ils font parties prenantes de l’ambiance.

Ce qui étonne le plus, c’est l’homogénéité qualitative du disque. Alors que ce type de projet repose habituellement sur quelques titres brillants entourés de face B, « La classe de musique » attaque sur chaque piste. Alors que je mettais tous mes espoirs dans le « Born Like This » de MF Doom, ce sont les mecs que je suivais depuis 10 ans et que je pensais disparus qui sont venus m’apporter « la réponse » hip hop à 2009.

Note : 7,5/10