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LE GAMIN AU VÉLO de Luc & Jean-Pierre Dardenne

Sortie le 18 mai 2011 - durée : 1H27min

Par Thomas Messias, le 23-05-2011
Cinéma et Séries

Souvent, chez les Dardenne, les héros sont modestes mais braves, affrontant l’adversité et la misère avec conviction. Quitte à faire parfois les mauvais choix.

Souvent, chez les Dardenne, la dimension sociale est évidente, mais elle n’est pas le seul moteur. Les liens du sang, plus forts que tout, les fascinent particulièrement.

Souvent, chez les Dardenne, des personnages courent à perdre haleine, pour fuir une vie qu’ils ont prise en grippe, pour poursuivre un rêve ou pour courser l’ennemi.

Souvent, chez les Dardenne, le film noir n’est pas loin. Il est même là, au cœur du récit, donnant lieu à des séquences haletantes, aux enjeux cruciaux et vitaux.

Souvent, chez les Dardenne, la caméra se cache dans le dos des personnages, au plus près de leur nuque, pour les suivre au plus près et sentir leur cœur battre.

Souvent, chez les Dardenne, se produisent des événements qui glacent, font douter de l’espèce humaine, mais finissent toujours par faire avancer leurs protagonistes.

Souvent, chez les Dardenne, les personnages sont contraints à une rédemption qu’ils n’ont pas eu le loisir de choisir. Belle façon d’éviter le moralisme.

Souvent, chez les Dardenne, les interprètes sont méconnus et excellents, exprimant détresse et urgence mieux que tous les comédiens célèbres du monde.

Souvent, chez les Dardenne, passent Olivier Gourmet, Jérémie Rénier, Fabrizio Rongione, acteurs fidèles et convaincants leur devant une partie de leur succès.

Souvent, chez les Dardenne, les objets ont un sens. Quelque part entre affect et superstition, ils sont le reflet exact de la personnalité de leur propriétaire.

Souvent, chez les Dardenne, les plans-séquences sont étirés pour capter une vérité incontestable qui surgit dans ces rues belges si semblables les unes aux autres.

Souvent, chez les Dardenne, le héros est obsédé par une quête fondamentale, ce qu’ils montrent en se focalisant le plus longtemps possible sur celle-ci.

Souvent, chez les Dardenne, le travail est le seul élément social susceptible de maintenir les personnages en vie. Plus encore que l’argent.

Souvent, chez les Dardenne, les personnages sont adorables et haïssables, courageux et médiocres, capables d’actes de générosité comme des pires bassesses.

Il y a tout ça dans Le gamin au vélo.

Dans Le gamin au vélo, quelques notes de musique viennent gonfler la charge émotionnelle, comme si les cinéastes n’avaient pas trouvé d’autre moyen.

Dans Le gamin au vélo, c’est la première fois qu’une actrice débute chez les Dardenne en étant déjà connue. Cécile de France s’en tire assez correctement.

Dans Le gamin au vélo, les profils psychologiques sont étonnamment maigres et les enjeux pas si forts.

Le gamin au vélo, c’est du Dardenne pur jus, avec les mille caractéristiques qu’on leur connaît, mais également quelques nouveautés ou anomalies qui tendent toutes à faire de ce nouveau film un tout petit Dardenne, honorable mais jamais renversant, basé sur une mécanique souvent entrevue chez eux. Écriture, mise en scène, interprétation : tout semble juste un cran en-dessous par rapport à d’habitude. Vivement le prochain.

Note : 5/10