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PS’playlist mars 2014

Par Le collectif Playlist Society, le 31-03-2014
PS'Playlist
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Les PS’Playlist sont des playlist mensuelles où chaque membre de Playlist Society – qu'il fasse partie de la team musique ou non – propose son morceau du mois, en accompagnant celui-ci de quelques mots. (Voir tous)

Liars_Mess_1501) Liars – “Left Speaker Blown” (Thierry Chatain)
Extrait de “Mess” – 2014 – Electro
Depuis leurs débuts post-punk quasi dansants, les Liars m’ont donné le tournis, perdu brièvement en me faisant saigner les oreilles, reconquis. Et j’ai appris à chérir leur imprévisibilité et leur art de l’uneasy listening. Mais aussi le soin qu’ils mettent à laisser un sas de récupération et de vraie beauté à la fin de chacun de leurs albums. Comme ce titre basé sur une boucle toute simple et la voix de baryton quasi exsangue d’Angus Andrew, autour desquels les arrangements subtils évoluent comme dans une chorégraphie au ralenti.

Pawnshoppeheart2) The Von Bondies  “ No Regrets” (Olivier Ravard)
 Extrait de “Pawn Shop Heart” – 2004 – Rock garagiste bien produit 
Cruel destin que celui des groupes qui passent à coté du leur. The Von Bondies en fait partie. Destiné – selon un comité composé de moi – à devenir le plus grand groupe de la planète sur la seule foi de ce morceau à l’énergie insensée qui n’est pas sans rappeler l’énergie insensée des Nomads qui n’était pas sans rappeler l’énergie insensée de tous les one hit wonders présents sur les mythiques Nuggets compilées par Lenny Kaye , les Von Bondies n’ont jamais eu le succès promis, puis ont splitté en 2011 dans une indifférence à peu près générale. Reste, entre autres perles, ce « No Regrets ». Deux minutes et trente cinq secondes qui constitueront la formidable ouverture d’un concert qui n’aura pas lieu.

Iggy Pop - The Idiot3) Iggy Pop   “Dum Dum Boys” (Christophe Gauthier)
Extrait de The Idiot – 1977 – rock
“Qu’est-ce qu’il est devenu, Zeke ? Et Dave ? Et James ? Et Rock, qu’est-ce qu’il fait aujourd’hui ?” Au début de Dum Dum Boys, qui ouvre la face B de son premier album solo, Iggy passe en revue ses anciennes troupes, celles des Stooges, et le bilan n’est pas fameux : deux morts, deux rangés des affaires. Aujourd’hui, il est le seul survivant des Stooges originaux, après le décès ce mois-ci de Scott Asheton, le Rock de la chanson. Le dernier album des Stooges, sorti l’an dernier, se nomme Ready To Die. Étrange prémonition.

Mike_Patton_Mondo_Cane4) Mike Patton  “Ore D’Amore” (Nathan)
Extrait de “Mondo Cane!” – 2010 – Pop italienne
Quand on dit Mike Patton, on dit Tomahawk et Faith No More et des hurlements et de la saleté. Mais Mike Patton, c’est aussi la sensibilité de la pop italienne. Non ? Cet album de reprises de standard italiens des années 50 et 60 est aussi douteux que son matériel originel. Mais je n’y peux rien, j’adore. La pop italienne a ce côté épique auquel Patton rend si bien hommage. Ce n’est pas Mario Lavezzi, Fabrizio de Andre ou mon amour Vasco Rossi, mais c’est une actualisation intéressante, et le nom Mike Patton donne une certaine légitimité à ce plaisir coupable.

618undEA0OL5) George Clinton  “Atomic dog” (Laura Fredducci)
Extrait de “Computer games” – 1982 – Funk
L’article qui lui est consacré sur Wikipédia nous apprend que George Clinton est daltonien et père de 14 enfants. Mais sa musique a fait tellement de petits que redécouvrir ses vieux albums aujourd’hui, c’est revoir sous un jour nouveau plein de tubes des années 90 et 2000. Et si l’on y ajoute l’irrésistible envie de danser qu’il transmet et l’univers visuel un peu dingue de ce clip, ça fait beaucoup de plaisir en une seule chanson.

Very necessary (1993)6) Salt-N-Pepa – “None of your business” (Lucile Bellan)
Extrait de “Very necessary” – 1993 – Rap

Il y a un phénomène un peu particulier autour de la série Girls. En dehors du fait, qu’à titre personnel, elle tape toujours juste dans ses thèmes ou son écriture, je peux être sûre que la musique du générique de fin va me hanter toute la semaine. C’est une émotion, des images que je m’approprie hors même du cadre de la série. Et cela participe un peu à la magie de l’ensemble. Année après année, elle se mêle à mon ADN, contamine ma culture artistique, ciné, musicale. La preuve avec ma re-découverte de None of your business par Salt-N-Pepa.

FI_singles-300x300 7) Future Islands – “Back In The Tall Grass” (Catnatt)
Extrait de “Singles” – 2014 – Sinth Po (il paraît)p

J’ai découvert Future Islands cette année. C’est très curieux car, par moments, je trouve certains détails ridicules mais allez savoir, ça marche et pas qu’un peu ! C’est l’ouverture d’un espace temps : entre anachronisme et modernité, entre populaire et underground, en somme un exercice périlleux dont ils se sortent haut la main pour nous délivrer un album ma foi excellent. Et la voix de Herring ! Certains la rapprochent de Joe Cocker mais, moi, je pense à Stuart Staples. Et c’est probablement cette voix grave, presque venue d’outre-tombe, le fil fragile qui empêche cet album de basculer dans le superficiel. Rajoutez à ça une bass diablement efficace, cela vous donne un des fort probables meilleurs albums de l’année.

yellow-ostrich-cosmos8) Yellow ostrich  – “Shades” (Arbobo)
Extrait de Cosmos – 2014 – rock

Album après album, Yellow ostrich accumule une discographie homogène où les mauvais morceaux ont rarement leur place. Un peu moins placé dans l’ombre tutélaire de Radiohead, Cosmos fait entendre par moment un son plus 70s, à la limite du rock FM. Est-ce l’approche de mes 40 ans, en tout cas je leur trouve un charme certain à ces touches de Wings qui planent sur Shades. On avait beaucoup misé sur Shearwater avant de réaliser que leur emphase écrasait tout. Plus discrets, mais plus constants, Yellow ostrich tient peut-être la solution :-)

Fuck Buttons9) Fuck Buttons – “Stalker” (Anthony)
Extrait de “Slow Focus” – 2013 – Electro-noise 

S’aventurer dans l’univers construit par les 2 psychopathes de Fuck Buttons, c’est avoir l’avant-goût probable des expériences suivantes :
1-Foncer plein gaz vers le Soleil pour voir à quel moment le vaisseau spatial se met à fondre
2-Regarder s’approcher impuissant la pluie de météorites qui va détruire la planète
3-Constater que le dentiste pervers qui se penche sur votre bouche a remplacé sa roulette par un marteau-piqueur
4-Se présenter comme le dernier rempart face à la charge des 5 avants des All Blacks

Mireille (1975)10) Dick Annegarn – “Coutances” (Thomas Messias)
Extrait de “Mireille” – 1975 – Chanson du dimanche

Je n’ai trouvé personne d’aussi doué que Dick Annegarn pour décrire cette léthargie qui fait ressembler le dimanche après-midi (ainsi que le mardi matin) à un gigantesque champ de bataille, une gueule de bois sans alcool, un tunnel, qu’on passe en compagnie d’un sablé et d’un pain raisin. Alors voilà.

TheImaginarySuitcase - Copy 11) The Imaginary Suitcase – “Second To None” (Marc Mineur)
Extrait de “Driftwood” – 2014 – Folk d’après
Donner sa chance à toutes les bonnes tentatives de chansons, voilà la tactique de Laurent Leemans pour son projet The Imaginary Suitcase. Ce qui le rend non seulement très prolifique mais lui permet d’affiner son style, de pousser encore plus loin l’écriture et l’interprétation. La surprenante sobriété de Second To None n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce que vous pourrez entendre sur le très recommandable Driftwood.

playlist mars12) The Mighty Hannibal  – “The right to love you” (Alexandre Mathis)
Extrait de “Hannibalism !” – 2001- Rythm’n Blues
J’avais complètement oublié l’existence de The Mighty Hannibal. Son décès en janvier dernier ne m’était pas parvenu aux oreilles. Et puis, au hasard des écoutes, sur la playlist d’un ami, cette merveille m’est réapparue. Les images de l’Apollonide me revenaient. Dans la voix ce ce Hannibal mordant, se porte tout un pan de la musique, une certaine idée de la musique engagée. Et puis un groove de folie. Avec The Right to love you, j’ai l’impression de découvrir L.A., je me rêve à la fois en solide Mustang et en un militant anti-Vietnam des années 70.

ComingSoon13) Coming Soon – “School Trip Bus Crash” (Isabelle Chelley)
Extrait de Ghost Train Tragedy – 2009 – rock
On a vite classé dans l’antifolk ces sept gamins d’Annecy (à la sortie de ce deuxième album, le plus jeune avait 15 ans), mais c’est passer à côté de la diversité de leurs compositions. Un point commun à ce disque fourmillant de bonnes idées : un vrai don pour la mélodie et les harmonies, les arrangements riches sans être étouffants et des paroles entre poésie farfelue et mélancolie. Mon sens de l’humour tordu ne pouvait pas passer à côté de School Trip Bus Crash. Une mélodie délicieuse et enlevée, un refrain qu’on reprend sans y penser… Et une sinistre histoire d’accident de bus ne laissant qu’un couple d’ado survivants se rassurant dans le désert. Jubilatoire et glaçant.

elbow-fly-boy-blue-lunette-L-BSy0JQ14) Elbow – “My Sad Captains” (Julien Lafond-Laumond)
Extrait de “The Take Off and Land of Everything” – 2014 – Pop à papas
Elbow est pour moi un groupe intouchable. Depuis bien longtemps la « pop-rock anglaise » ne me fait plus rêver, mais à chaque nouveau disque d’Elbow, je replonge dans cet imaginaire romantique et légèrement sophistiqué aujourd’hui confisqué par les épuisants Coldplay. Rien d’extraordinaire à promouvoir, juste une pop bien ronde, une sensibilité jamais surjouée et des arrangements précieux. C’est très attachant.

war_on_drugs_lost_in_the_dream_album15) The war on drugs  “In Reverse” (Benjamin F)
Extrait de “Lost in the Dream” – 2014 – Indie Rock
Bien que l’album ne me touche à ce stade que superficiellement, les retours dithyrambiques sur  Lost in the Dream, troisième album des The war on drugs, me semblent néanmoins pleinement justifiés. Certes le groupe de Philadelphie use un peu trop du manuel du parfait indie-rocker, mais au final les chansons peuvent bel et bien emporter l’adhésion. Peut-être qu’il me faudra juste un peu plus de temps pour rentrer dedans, ce que laisse d’ailleurs sous-entendre mon ressenti ultra-positif à l’égard In Reverse, le titre qui clôt l’album. In Reverse, c’est un peu comme lorsqu’on s’endort au cinéma et que soudain on se réveille happé par le générique de fin [je dis ça pour l’image hein – perso je ne supporte pas de piquer du nez au cinoche]. Pourtant on ne peut pas dire qu’elle fasse dans le bruyant cette chanson. Au contraire même, s’étalant sur près de 8 minutes, elle débute comme un titre d’ambient marqué pas Eno, puis se transforme avec subtilité et de manière complètement inattendue en une merveilleuse Dylanerie. Un très joli morceau, vraiment. Clairement, j’ai toujours adoré les albums qui se retrouvaient éclairé d’une lumière nouvelle suite à l’écoute de leur dernier titre, et il est fort probable que je finisse par succomber à Lost in the Dream.