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Louvre-Lens : l’histoire de l’art pour tous

Par Jean-Sébastien Zanchi, le 20-03-2015
Analyses et critiques
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Format historique de Playlist Society, cette catégorie regroupe les réflexions, personnelles ou analytiques, sur des artistes et des oeuvres qui nous tiennent à coeur. (Voir tous)
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Le Louvre-Lens

Etrange. C’est certainement le premier mot qui vient à l’esprit lorsqu’on arrive pour la première fois au Louvre-Lens. Inauguré fin 2012 sur le site de l’ancienne fosse n° 9 des mines de Lens, le musée interpelle par sa situation. Îlot d’architecture moderne au milieu d’un bassin minier, il est entouré par un immense parc de vingt hectares. De là, on peut apercevoir deux terrils qui ne sont pas sans rappeler la forme de la pyramide du Louvre original, mais aussi le mythique stade Bollaert. Le décor est planté.

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L’aluminium anodisé reflète tout l’environnement.

On est tout d’abord choqué par l’architecture tout en aluminium qui ne s’intègre pas vraiment à l’environnement, essentiellement constitué de maisons ouvrières en briques rouges. Mais après quelques dizaines de minutes, on commence à apprécier l’intention des deux architectes japonais Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa. Dans cet aluminium anodisé, tout l’environnement se reflète. Le procédé est encore plus parlant ce jour de février où le ciel n’est troublé par aucun nuage. Le bâtiment semble ainsi se colorer de bleu.

Passé un immense hall d’accueil fait de béton et de verre – rien de bien original en 2015 – on pénètre dans la sale d’exposition principale : la Galerie du temps. Car c’est bien là l’originalité du Louvre-Lens. Au lieu de multiplier les pièces et regrouper les oeuvres par thématique, il les expose dans une seule galerie de 3 000 m2. Là aussi, on est tout d’abord dérouté. Au premier coup d’oeil, le lieu ressemble à un hangar : parois en aluminium et sol en béton ciré. On remarque ensuite le toit constitué de multiples lamelles, laissant ainsi passer la lumière du jour tout en évitant les ombres et reflets.

Rassembler les oeuvres plutôt que les diviser.

Mais l’idée brillante et pourtant simplissime de cette Galerie du temps est ailleurs : exposer les oeuvres, quelque soit leur nature (peintures, sculptures, objets d’art), de manière chronologique. Le cheminement débute donc par l’invention de l’écriture, 3 500 ans avant notre ère et se termine au XIXe siècle. Il est divisé en trois grande parties : l’Antiquité, le Moyen Âge et les Temps modernes. L’intérêt de ce principe est de se rendre compte des liens et des différences entre les civilisations qui cohabitaient à la même époque : par exemple Grèce, Perse et Egypte quelques centaines d’années avant Jésus-Christ. On avance donc parmi les deux cents oeuvres exposées en suivant un frise chronologique affichée tout au long des 120 mètres de longueur de la Galerie du temps.

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La Galerie du temps.

Enfin, le Louvre-Lens évite l’un des défauts majeurs de son grand frère parisien : mettre de côté la pédagogie. Admirer de jolies oeuvres, c’est bien, mais comprendre d’où elles viennent et pourquoi elles sont importantes, c’est mieux. Sans avoir besoin de s’équiper d’un audioguide, on peut donc simplement lire les descriptions, explications et mises en contexte. Arrivé au bout de l’exposition, deux ou trois heures après l’avoir commencée, on ressort ainsi de ce superbe musée en ayant l’impression d’avoir assisté à un passionnant cour d’histoire de l’art.

L’accès à la Galerie du temps est gratuit jusqu’à la fin 2015. 20 % des oeuvres exposées sont renouvelées le 4 décembre de chaque année.