Un été sans fin de Joseph d’Anvers : l’envers du décor
Publié aux éditions Rivages le 1er avril 2026
Après un accident, Paul Sinner, âgé d’une quarantaine d’années, se réveille sur une île grecque, dans un hôtel paradisiaque. Il est amnésique et a tout oublié de son passé. Sur ordre des médecins, il doit se reposer et profiter d’une convalescence, durant laquelle tout est pris en charge. Dans l’attente de retrouver progressivement la mémoire, Paul, que tout semble désigner comme un homme riche et privilégié, se laisse conquérir par les charmes de l’île, ballotté entre les jouissances d’un quotidien réinventé – femmes, amitiés et alcool – et l’angoisse de ne pas retrouver le sens de sa vie.
Dans ce nouveau roman, Joseph d’Anvers observe le chant du cygne des hommes issus de la génération X qui ont brûlé la chandelle par les deux bouts. Ses souvenirs enfouis, Paul est nostalgique d’un passé dont il ne sait rien, si ce n’est qu’il y avait de la bonne musique. Il se laisse happer par la beauté des paysages, drapé dans la chaleur de l’été. Tout est évanescent et vaporeux. Le lecteur accompagne le protagoniste dans ses pérégrinations, confronté en même temps que lui aux comportements étranges de la population, imprégnée de légendes et de croyances ancestrales.
La beauté et la sensualité apparaissent tel le dernier repas du condamné. C’est la fin d’une époque que décrit Joseph d’Anvers. Une époque vouée à disparaître, et dont il ne restera que des regrets et un peu de beauté. Intrigant et mystérieux, Un été sans fin est porté par le mélange de tendresse et de lucidité que l’auteur porte à son personnage, comme s’il hésitait lui-même à le soutenir ou à le condamner. Un très beau roman, qui déborde de sensualité.