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La descente, c’est le pire de Mariana Enriquez : aux origines de la noirceur

Publié le 7 mai 2026 aux éditions du sous-sol, traduction d'Anne Plantagenet

Par Benjamin Fogel, le 03-06-2026
Littérature

Quelle joie de voir les éditions du sous-sol continuer de traduire en France l’œuvre de Mariana Enriquez, et de pouvoir enfin découvrir aujourd’hui son premier roman. La lecture d’un nouveau Mariana Enriquez, traduit par Anne Plantagenet, est devenue l’un de mes rituels préférés de l’année. Écrit à 22 ans, La descente, c’est le pire, contient d’ores et déjà tout ce qui fait la force de l’écriture de l’autrice argentine : ses personnages à la marge du monde, ses incursions fantastiques toujours ancrées dans la moiteur du réel et sa manière de raconter son pays à travers des protagonistes toujours au bord de la rupture.

Des incursions fantastiques toujours ancrées dans la moiteur du réel

Dans le Buenos Aires tumultueux des années 1990, Mariana Enriquez met en scène un trio amoureux composé de Narval, un adolescent hanté par des visions terrifiantes, Facundo, un jeune homme d’une beauté mystique qui vend son corps pour survivre, et Carolina, une jeune femme prête à tout pour s’extraire de son quotidien.

Génie des ambiances et de la mise en scène de la noirceur

Tout comme ses personnages, le roman est dévoré par la drogue, l’alcool, les cigarettes fumées les unes après les autres, et la manière dont les stupéfiants pervertissent la réalité. Il en ressort une version sud-américaine de Moins que zéro de Bret Easton Ellis, où les élites désabusées sont remplacées par des marginaux célestes. Génie des ambiances et de la mise en scène de la noirceur, Mariana Enriquez déploie dès ce premier livre toute sa modernité gothique.