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Fael a développé une machine : un spectrogramme qui lui permet d’afficher les différentes couches de la réalité invisible à l’œil nu. Son appartement est dupliqué sur plusieurs plans astraux, et Fael se perd dans un labyrinthe, tout en restant enfermé chez lui. Colocataire de Fael, le héros de Looking for Fael, jeu coproduit par Arte, Swing Swing Submarine et La Poule Noire, doit retrouver la trace de son ami, en explorant les pièces du logement et en perçant les mystères des différentes inventions, appareils et dispositifs créés par ce dernier.

Une forme de nostalgie alternative issue d’un rêve ou d’un cauchemar

Entre point-and-click et puzzle game, Looking for Fael joue la carte du rétro au sein de la demeure d’un geek, où le principal outil pour résoudre les problèmes est une version alternative de la Game Boy, avec une sorte de Tetris, lui aussi tiré d’un monde parallèle, qui sert de décodeur pour activer toutes sortes de mécanismes. Il en ressort un fort sentiment de nostalgie, mais qui n’est pas non plus un souvenir, plutôt une forme de nostalgie alternative issue d’un rêve ou d’un cauchemar.

Les énigmes fonctionnent comme des obstacles romanesques

On pourrait rabaisser Looking for Fael à un escape game avec du contenu narratif, mais, à l’image de Lorelei and the Laser Eyes, il développe sa propre poésie, au sein de laquelle les énigmes fonctionnent comme des obstacles romanesques et non comme des outils de divertissement. Il rappelle aussi Twin Peaks, avec l’impression d’être enfermé dans la loge noire.

Au-delà de la qualité de ses ambiances, le jeu triomphe par la pureté de sa logique. Les solutions ne sont jamais tirées par les cheveux et découlent toutes d’une succession d’indices visibles et lisibles qu’il suffit de repérer, puis de comprendre et d’analyser. Tout est mis à disposition du joueur. Et pourtant, rien n’y est facile. Une très belle réussite.