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Marches funèbres. Nick Cave, Mount Eerie, Leonard Cohen : disques de deuil

Par Arbobo, le 19-04-2017
Analyses et critiques
?
Format historique de Playlist Society, cette catégorie regroupe les réflexions, personnelles ou analytiques, sur des artistes et des oeuvres qui nous tiennent à coeur. (Voir tous)
En quelques mois, trois nouveaux disques ont porté la marque de la mort – ceux de Nick Cave, Leonard Cohen et Mount Eerie – et ont été jugés dans le contexte du deuil. Faut-il interpréter les disques à l'aune des tragédies personnelles qui entourent leurs auteurs ?

“Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.”
1847

Il y a dans la perte une part incommunicable. Ce qui a disparu avec l’être cher, c’est un bout de nous. L’absence est chose difficile à exprimer. Lorsque Victor Hugo écrit sur la mort de sa fille Léopoldine, il s’adresse directement à elle et présente la première fois où il verra sa sépulture comme des retrouvailles.

Il existe dans le monde du rock une vieille manie de dresser des listes sur tout et n’importe quoi : les Miscellanées du rock sont un succès de librairie ; les listes de chansons sur les jeunes de 16 ans restent des classiques ; tout comme celles, plus sombres et sordides, des célébrités mortes à 27 ans. Sans chercher à établir pareil inventaire, il faut reconnaître que, l’année écoulée, les disques hantés se sont accumulés sur nos étagères.

Les nombreux visages de la tragédie

Skeleton tree de Nick Cave

Skeleton tree de Nick Cave

L’album Skeleton tree, de Nick Cave, a eu un grand retentissement, en partie parce que la sortie du disque est consécutive à la mort accidentelle de l’un de ses fils jumeaux et que c’est un disque de deuil. La perte d’un enfant, d’ailleurs tout ce qui touche aux enfants, jouit d’un statut à part dans nos sociétés occidentales depuis quelques décennies. Lorsque parait Skeleton tree, impossible de conserver privé ce qui s’est passé. Bien au-delà de ses fans et de son public habituel, des gens dans le monde entier ont été touchés par la peine de Cave et par la perte de son fils de 15 ans. Skeleton tree est un album hommage à un enfant disparu, qui a également donné lieu à un film dont il est question là. Comme dans la chanson “Tears in heaven” d’Eric Clapton. Shit happens, disent parfois les américains dans un accès de fatalisme : les merdes, ça arrive. Traîner près d’une falaise alors qu’on a pris de la drogue. Une fenêtre ouverte et un enfant de quatre ans qui explore le monde. Shit happens.

Que faire de cette merde ? S’isoler sous la douche, souffrir, puis revenir à son instrument ? Ou l’étaler sur les partitions et partager sa peine avec l’auditeur

Pourtant la douleur a bien des causes, et la tragédie sait emprunter quantité de voies. La douleur n’est pas toujours celle du deuil, sauf à faire celui de la normalité et d’une vie paisible. L’oeuvre de Neil Young est de celles-là. La mort de son guitariste et ami en 1972 a été un choc brutal, d’autant plus qu’il a aussi été frappé en tant que père la même année, ses deux premiers fils ayant été diagnostiqués d’une maladie cérébrale grave. 1972, qui avait débuté par un enchantement avec son album Harvest, s’acheva donc en cauchemar. Son disque suivant, On the beach, ne sonne pas comme celui de l’homme sonné qu’il est alors. La douleur se dit ailleurs, parfois dans le climat d’un morceau, mais plutôt en privé que dans son oeuvre. Shit happens.

En parler, ou pas

Que faire de la catastrophe ? Neil Young ne parle pas directement de ses enfants, ou de ses propres douleurs. Clapton, lui aussi, reste pudique et on ne devine qu’il est question d’un décès que par l’insistance à parler du paradis. “I believe in you” de Talk Talk, ou “All my love” de Led Zeppelin dont on ne peut deviner à l’écoute qu’il rend hommage au fils de Robert Plant, s’appuient également sur des allusions et des paroles indirectes. D’autres artistes n’ont jamais écrit sur leur perte. Ni Prince, ni Burt Bacharach. La perte, la douleur, les ont bouleversé en tant qu’artistes. Mais ont-elles réellement impacté leur oeuvre ?

You want it darker de Leonard Cohen

You want it darker de Leonard Cohen

La tentation est grande de lire un disque à la lueur des événements qui l’entourent. Ainsi en va-t-il de l’ultime disque de Leonard Cohen, dont même le titre,  You want it darker, sent la descente au tombeau. N’est-ce pas un adieu ? Les premières paroles qui nous frappent au début de l’album ne sont-elles pas “je suis prêt, seigneur” ? Sa compagne Marianne meurt en juillet 2016, laissant Cohen inconsolable. En octobre paraît son album. Il sonne comme celui d’un homme accablé par la perte. Lui-même passe l’arme à gauche en novembre. Les premières écoutes de l’album sont saturées par ce deuil irréparable. Ce disque a tout d’un linceul. Pourtant la vérité est peut-être un peu différente. Les deux amoureux étaient depuis longtemps malades. L’album a été enregistré au printemps 2015, plus d’un an avant leurs décès. Cohen était déjà en mauvaise santé, au point d’expliquer dans les notes de pochettes que, sans l’aide de son fils, il n’aurait pu être mené à terme. L’album est sombre. Il est beau comme l’adieu d’un amant. N’en voulons pas à celles et ceux qui préfèrent en faire une lecture romanesque. D’autant que le disque de deuil de Nick Cave, paru à peine plus tôt, incitait inconsciemment à des rapprochements.

Car nous aussi, public, amateurs, fans parfois, nous racontons des histoires à nous-mêmes. On se pose la question du pourquoi de ces disques, leur motivation intime. Il n’est pas exclu qu’une curiosité morbide ait dirigé certains acheteurs vers Skeleton tree de Nick Cave. Mais dans l’ensemble ces disques nous rendent ce grand service d’être suffisamment subtils pour ne pas faire de nous des voyeurs. D’abord, par leur tournure allusive, comme chez Clapton et Led Zeppelin. On peut aisément lire les paroles de plusieurs chansons de Joan as police woman – le groupe de Joan Wasser – comme des allusions à la noyade de son compagnon Jeff Buckley. Pourtant aucune d’entre elles n’ont été écrites ou assumées comme telles. Même dans “To survive”, c’est nous qui faisons le rapprochement avec son histoire personnelle.

Le respect dû aux morts et à la douleur des vivants pousserait à juger les chansons meilleures qu’elles ne le sont

Il y a des exceptions. Mark Kozelek affronte sa peine de la manière exactement opposée. Dans “Carissa”, sur l’un des albums de Sun kil moon, son récit pousse le détail jusqu’aux circonstances exactes de la mort de sa cousine décédée et y intègre les échanges entre membres de la famille. Pourtant, on peut assez facilement éviter de se sentir voyeur de sa douleur, tant il raconte toute l’histoire d’une voix blanche, sur une instrumentation sobre, sans effet. Le respect dû aux morts et à la douleur des vivants pousserait à juger les chansons meilleures qu’elles ne le sont. Typiquement, “Carissa” n’est au fond pas un très bon morceau, comparé à d’autres de son auteur adulé. C’est peut-être mieux ainsi. Elle est si précise, presque “graphique”, que l’entendre avec trop d’émotion provoquerait un certain malaise. Les fans de Kozelek me trouveront peut-être cynique ou insensible.

Phil Elverum

Phil Elverum

Le tout nouvel album de Mount Eerie, A crow looked at me, est du même ordre. Extrêmement explicite. Littéral à un point qui peut donner un sentiment de voyeurisme, ou au contraire emporter très loin l’auditeur dans l’empathie. Tout le disque parle de Geneviève Castrée, la femme de Phil Elverum, emportée par un cancer peu avant qu’il enregistre son nouveau disque. Le récit de son quotidien de veuf et de père est d’un naturalisme inégalé. Comme un journal intime, à micro ouvert. “Death is real” – la mort est bien réelle – sont les premiers mots qui nous cueillent à froid. D’une voix blanche, Phil Elverum nous livre son intimité, son désarroi. Les compositions sont plus sobres que d’habitude, moins violentes aussi, sans être évidemment paisibles. Le vide y est palpable. Même le son de sa voix, faible, donne l’impression qu’il chuchote dans le micro pour ne pas réveiller leur enfant qu’il viendrait de coucher. La question d’en parler ou pas se pose pour lui, au quotidien, comme il l’explique avec une franchise désarmante dans “My chasm” :

« I am a container of stories about you
And I bring you up repeatedly, uninvited to
Do the people around me want to keep hearing about my dead wife?
Or does the room go silent when I mention you?
Shining alive, I live with your absence
And it’s been two months since you died
I’ll speak to your absence and carry our stories around my whole life
But when I’m in public, I don’t know what’s that look in their eyes »*

À l’ère de storytelling, la tragédie devrait expliquer de profonds changements dans la vie d’un artiste. C’est ainsi que s’écrivent les légendes. Est-ce vraiment toujours le cas ?

Une rupture artistique ?

De fait, musicalement les artistes dont il est question ici ont parfois pris des virages, mais ces changements ne sont pas toujours concomitants de l’horreur qu’ils ont traversé. Si l’on délaisse les paroles, chez Nick Cave, une certaine patte est reconnaissable tout au long de ses 40 ans de carrière. Si l’on découvrait sa musique avec Skeleton tree et qu’on la comparait avec ses disques les plus anciens, ceux de Birthday Party, et leur trépidante rythmique,  le contraste serait frappant. Une forme d’évidence sur la place du deuil au sein de cet album s’imposerait, à cause du contexte, du thème funèbre du disque, et du style lugubre et sobre qui s’en dégage. Mais si l’on suit de disque en disque le parcours de Nick Cave, on constate qu’il a souvent joué le rôle de crooner, dès les années avec les Bad seeds, qu’il a déjà mis le piano au centre de beaucoup de morceaux, dont les paroles ont pris fréquemment la forme d’invocations.

The boatman’s call de Nick Cave

The boatman’s call de Nick Cave

The boatman’s call par exemple,  regorge de mélopée rock autour de l’évocation du passeur du Styx, Charon. Et puis il y a Push the sky away, l’album qui précède de deux ans la mort de son fils. On y trouve un style qui sera reconduit très largement sur Skeleton tree : une tension formidable, des arrangements et une production qui donnent une impression de nudité. Ce n’est qu’une évolution du style de Cave et des Bad seeds, mais elle est sensible, audible. Et c’est avant la mort du fils qu’intervient cette inflexion musicale, pas après. Le contexte bouffe tout, il connote. Le même style donnait en 2013 l’impression d’un Nick Cave apaisé, serein. En 2016, il pue la tristesse d’un homme brisé. Musicalement, pourtant, la continuité est forte entre les deux albums (avec des nuances certes, comme l’utilisation du synthétiseur).

Ce sont les paroles et le contexte qui donnent une signification posthume

Le dernier album de Leonard Cohen ne tranche pas non plus avec les précédents. Il est assez gospel, mais sans que cela le singularise par rapport à la dernière partie de sa discographie. Sa voix parlée, étouffée mais magnifiée par un bon micro et un compresseur énorme, est en fait celle de ses derniers disques, y compris Dear Heather, en 2004. Les choeurs féminins entre soul, blues et gospel étaient, eux-aussi, partie intégrante de ses disques depuis longtemps. You want it darker ne se démarque donc pas de ses prédécesseurs immédiats. Ce sont les paroles et le contexte qui lui donnent une signification posthume, apocryphe. Le faire part de décès crée un trompe-l’oeil.

En revanche le dernier disque de Mount Eerie sonne lui biencomme une cassure. D’ordinaire ses disques sont porteurs d’une énergie, d’une vitalité qui ont disparu de A crow looked at me. On y trouve des changements d’intensité qui font ressortir les éruptions avec d’autant plus de force. Il y a toujours un moment dans ses albums qui explose à nos oreilles avec brutalité. Sur A crow looked at me, cette violence a disparu, laissant imaginer un homme à bout de force. Le chant lui-même est plus monotone, presque monocorde. Qu’il soit un disque symptôme ou une thérapie, Elverum le saura un jour. Rarement, en tout cas, une cassure personnelle aura à ce point eu une traduction musicale directe.

Trans</em de Neil Young

Trans de Neil Young

Pour Neil Young c’est différent. La question tourne vite à l’équation impossible. Dans son œuvre foisonnante, tous les disques ne sont pas de qualité égale, et le grand ours canadien a opéré plus d’un changement de cap. L’un des plus notables – son aventure électronique/vocoder sur Trans en 1982 – , se produit 4 ans après la naissance de son deuxième fils, atteint de la même maladie que le premier, et 2 ans avant la naissance de sa fille, épileptique. En 1983 Young sort un album de rockabilly, nouveau virage à 180°. En 1985, le premier album après la naissance de sa fille, est encore une fois dans un autre style que le précédent : de la country. Il s’y est entouré d’une impressionnante armada, une douzaine de chanteurs, plus de quarante musiciens. Dès l’année suivante, Young passe encore une fois à un style différent, un rock moderne avec une utilisation de la section basse-batterie qu’on ne lui connaissait pas (un peu à la Police, et qu’on retrouvera en 2002 sur Are you passionate ?). Dans un autre contexte familial, ce foisonnement passerait pour une période d’extraordinaire créativité. Dans son cas, elle pourrait rapidement être interprétée comme une période d’incertitude, de quête effrénée. Peu importe, mais au final il est impossible d’associer directement un disque et un style à un événement frappant de la vie de Neil Young. Ses deux disques les plus sombres   la bande originale de Dead Man, et Le noise – sont d’ailleurs nettement plus tardifs.

Dieu vengeur, Dieu consolateur

La quête de spiritualité est l’autre changement que l’on pourrait être tenté d’associer à la tragédie. Que l’on soit déjà croyant ou non avant d’être frappé par l’insupportable, la religion peut s’imposer comme un soutien, parfois un refuge ou une planche de salut. Plusieurs des artistes évoqués ici n’avaient pourtant pas le profil de paroissiens modèles.

La recherche de cohérence est un trait spontané des humains. Elle incite à voir un lien entre l’appel de l’autel et les épreuves traversées

La présence divine et le dialogue avec le tout-puissant occupe une partie de leur vie et de leurs disques. À la recherche d’une réponse à l’inconsolable ? Pour Leonard Cohen la situation était différente des autres au moment d’enregistrer son ultime album. C’est un homme vieillissant, perclus de maladie. Sa compagne est elle-même malade. Il est fatigué. Et après une vie bien remplie, il le dit tout de go à Dieu : « I’m ready, my lord ». Je suis prêt, Seigneur.

C’est une chose fréquente, dans la spiritualité, de s’adresser directement au patron. « I’m calling you ». Nick Cave a souvent évoqué Dieu. Cette fois il s’adresse non pas au « père tout puissant », mais directement à… son fils (Jesus alone). Leonard Cohen se préparait, Nick Cave n’aurait jamais pu se préparer – qui le pourrait ? – à ce qui est arrivé à sa famille. Entre Skeleton tree et You want it darker, les énergies sont totalement opposées : Cave est au bord du gouffre, il est tendu comme le fil du funambule qui le sépare du vide, tandis que Cohen pousse sa légendaire langueur à des sommets.

La recherche de cohérence est un trait spontané des humains. Elle incite à voir un lien entre l’appel de l’autel et les épreuves traversées. L’explication n’est pas toujours aussi directe. L’irruption divine la plus célèbre dans l’histoire du rock et du folk est d’ailleurs la conversion de Bob Dylan en 1978. Et ce n’était pas à la suite d’une tragédie précise ou d’un deuil. Décidément, dès que l’on creuse, l’unité de l’histoire se délite. Tournant musical, engagement spirituel, ne sont pas toujours la conséquence d’un deuil brutal.

L’impossible jugement esthétique

Une fois l’oeuvre ancrée publiquement dans la tragédie, son statut change irrémédiablement. Trouver une mélodie un peu faible  ? Impossible. Exprimer que l’artiste a déjà fait plus beau et meilleur ? Insultant. Les célébrités ont acquis ce statut parce qu’elles ont noué un lien fort avec un public nombreux. Un lien personnel. Ce lien qui fait qu’on pardonne à nos artistes chéris des passages ou des fins de carrières que d’autres plus distanciés ne peuvent que trouver embarrassants (Renaud, par exemple).

La tragédie est si grande qu’elle devient tout. L’esthétique n’y a pas sa place. Ce serait indécent.

La tragédie est si grande qu’elle devient tout. L’esthétique n’y a pas sa place. Ce serait indécent. Les désaccords entre fans peuvent être homériques, et les points de vue tranchés. Mais quand il s’agit de la mort d’un enfant, d’un compagnon ou d’une compagne, le consensus respectueux remplace les guerres picrocholines. “Nothing really matters anymore”, écrit très justement Nick Cave dans “I need you”. Cela se comprend. L’une des conséquences est que la critique de disque devient impossible.

Parmi les œuvres évoquées ici, certaines me touchent à titre personnel comme auditeur. D’autres me laissent indifférent. J’avoue en trouver quelques unes assez mauvaises, pour être tout-à-fait franc. Mais cela n’a pas tellement d’importance. Peut-être ne faut-il pas aborder ces chansons, ces disques, comme on le fait avec le reste de la discographie de ces artistes. Leur réserver, du point de vue critique, un sort à part. On dit parfois d’une œuvre, que l’on trouve fade ou ratée, que l’artiste “aurait pu s’abstenir”. Sous entendu : sur ce coup il ou elle a perdu son temps, et nous a fait perdre le nôtre. Mais cela n’aurait pas de sens d’imaginer une telle remarque pour un disque de deuil. Avec la mort, avec le deuil, on fait comme on peut. Et si des artistes ont choisi de composer un morceau sur le sujet, ça les regarde. Idem pour les autres qui ont fait le choix contraire.

Il y a tous ces titres au sujet desquels on ignore tout. Parfois, d’ailleurs, les paroles sont dans une langue que nous ne comprenons pas. Et si des sentiments nous viennent en les écoutant, c’est notre seule imagination qui leur donne une forme, une histoire. Là aussi, quelque chose de personnel se joue. D’intime. Mais là, tout au contraire des titres dont on parlé plus haut, c’est nous et nous seul que ça regarde. Nous… et nos propres tragédies. Qui entonnent la mélodie du malheur.

* « Je suis un récipient d’histoires à propos de toi. Je parle de toi de manière répétée, sans y avoir été invité. Est-ce que les personnes qui m’entourent souhaitent continuer à entendre parler de ma femme morte ? Ou le silence envahit-il la pièce quand je mentionne ton nom ? Tu étais si rayonnante ; je vis dans ton absence. Cela fait deux mois que tu es morte, je continuerai toute ma vie à parler à ton absence et à partager nos histoires. Mais quand je suis en public, je ne sais pas quel est ce regard dans leur yeux. »